FN Browning Group s’apprête à acquérir le discret groupe tricolore Sofisport, qui opère dans la fabrication de cartouches de chasse et de tir sportif et de leurs composants. Sensible, l’opération doit recevoir plusieurs feux verts réglementaires – concurrence et investissements étrangers – dans une demi-douzaine de pays, dont la France.
Nouvelle étape dans le développement de l’armement terrestre sur l’axe franco-belge. Un an après l’annonce de l’entrée en négociations exclusives du fabricant belge John Cockerill Defense avec le constructeur automobile Volvo pour acquérir sa filiale tricolore Arquus, principal fournisseur français de véhicules militaires (ODA du 31 janvier 2024), c’est un autre groupe belge qui lorgne un acteur tricolore. FN Browning Group, détenu par la Région wallonne et qui conçoit et fabrique des armes légères, des munitions et des systèmes d’armement, est entré en négociations exclusives en vue de s’emparer de la discrète entreprise familiale française Sofisport. Basée à Paris et employant au total un millier de personnes sur quinze sites actifs en France, en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni et au Canada, celle-ci compte plusieurs filiales spécialisées dans la fabrication de munitions et la production de composants dont les poudres, les douilles et les amorces. Le président de son conseil de surveillance est le diplomate Yves de Silguy, 76 ans, qui fut notamment conseiller d’Edouard Balladur à Matignon, et commissaire européen chargé des questions économiques. Le groupe Sofisport a par ailleurs nommé l’été dernier un nouveau président du directoire, Paolo Pederzoli, au moment où débutaient les négociations entre l’acquéreur et la cible. Pour justifier ce rapprochement, FN Browning Group invoque « une forte complémentarité industrielle, géographique et culturelle ». Le fabricant belge explique que cette opération majeure « représente une opportunité unique de constituer un systémier européen d’envergure mondiale », et ce dans un contexte extrêmement concurrentiel. Ce rachat stratégique devrait permettre de créer une nouvelle ligne de production en France, celle-ci ayant été abandonnée au début des années 2000, mais la guerre en Ukraine a rappelé l’importance de la souveraineté européenne en matière d’armement. Pour arriver à son terme, le deal doit encore recevoir des feux verts réglementaires au titre de la concurrence et du contrôle des investissements étrangers dans une demi-douzaine de pays, dont la France. FN Browning Group est conseillé par Jones Day avec Audrey Bontemps, associée, Aurélie Camard, counsel, Antoine Moulin, en corporate/M&A ; Alexandre Verheyden, associé, en droit de la concurrence ; Nicolas Brice, associé, pour les aspects investissements étrangers ; et Nicolas André, associé, en droit fiscal. Les actionnaires du groupe Sofisport sont épaulés par Eversheds Sutherland avec Jean-Robert Bousquet, associé, Geoffroy Loncle de Forville, counsel, Victor Grillo, en corporate/M&A ; par Freshfields avec Jérôme Philippe, associé, Basile Marin, en droit de la concurrence ; ainsi que par CMS Francis Lefebvre avec Jean-Hugues de la Berge, associé, en droit fiscal. Les banques, qui ont participé au financement de l’acquisition, ont été épaulées par A&O Shearman à Bruxelles.