La lettre d'Option Droit & Affaires

PORTRAIT

SPIE France : la direction juridique de Guillaume de Laheudrie

Publié le 15 janvier 2025 à 10h10

Emmanuelle Serrano    Temps de lecture 5 minutes

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d’une direction juridique.

Qui la dirige

« Le droit est une matière stimulante intellectuellement », déclare Guillaume de Laheudrie, directeur juridique de SPIE France pour expliquer le choix de ses études. Ce dernier obtient son master 2 en droit public des affaires de La Sorbonne en 2005 et commence sa carrière comme juriste au conseil général de Gironde. « Mais j’ai été très vite attiré par le monde de l’entreprise qui est dynamique et offre plus de défis à relever », observe-t-il. Après une parenthèse professionnelle qui l’amène à voyager à l’étranger, en Amérique du Sud notamment, Guillaume de Laheudrie rentre à Paris et rejoint France Télévisions au poste de juriste en 2010. « J’y étais le référent pour la passation et la gestion des marchés publics. J’ai vraiment eu le sentiment d’apprendre mon métier au sein de France Télévisions en prenant des décisions et en collaborant avec d’autres directions de l’entreprise », dit-il. Toujours en tant que juriste, il intègre en 2013 la direction juridique France et international d’Engie Ineo, où il passe près de 6 ans. Il travaille sur le périmètre France mais aussi sur le volet juridique (fiscalité, implantations locales, suivi et gestion des contentieux, etc.) d’activités opérationnelles et d’export à l’international. « J’ai découvert chez Engie Ineo un secteur d’activité très épanouissant. C’est un métier qui nécessite une veille pointue car la réglementation y est en perpétuelle évolution. De plus, les juristes doivent beaucoup se déplacer sur le terrain et construire une vraie stratégie à l’épreuve des “combats” à gérer », fait-il remarquer avec enthousiasme. En 2018, Guillaume de Laheudrie est nommé responsable juridique et compliance de SPIE Building Solutions, filiale de SPIE France spécialisée dans les expertises dédiées à l’intelligence du bâtiment et à sa performance, où il anime une équipe de sept personnes réparties dans tout le pays. Puis, en 2023, il est promu directeur juridique de SPIE France.

Comment elle s’organise

SPIE France (environ trois milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023), filiale du groupe SPIE, est une société spécialisée dans les services multi-techniques dans les domaines de l’énergie et des communications. Elle emploie plus de 19 000 collaborateurs sur 400 sites dans tout l’Hexagone. Guillaume de Laheudrie, aux manettes d’une direction juridique de 41 personnes, reporte à Arnaud Tirmarche, directeur général de l’entreprise. « Il y a une direction juridique directement rattachée à SPIE France. Moi-même et trois juristes de spécialité (droit des sociétés, RGPD, achats, assurances, etc.) y sommes dédiés, tandis que les 37 autres collaborateurs sont au service des six filiales. Chacune de ces dernières a un responsable juridique, lui-même rattaché au directeur général de ces différentes entreprises », décrit Guillaume de Laheudrie.

Comment elle se positionne

« Notre volonté est d’avoir des spécialistes métiers déployés au plus près des opérationnels. Cette proximité est indispensable pour que les juristes continuent d’être reconnus comme des membres à part entière d’une équipe business », explique Guillaume de Laheudrie. Sa feuille de route vise à maximiser la création de valeur réalisée auprès des directions métiers de SPIE France et de ses filiales en améliorant le traitement des réclamations, les suivis contractuels et en remportant les batailles juridiques issues des litiges en cours. Le respect et suivi de la compliance, dont sont également chargés les responsables juridiques de ses filiales, est clé. « Les membres du comité de direction de SPIE France sont très attachés à la défense et à la promotion des valeurs éthiques, dont celles décrites dans la loi Sapin. C’est une thématique très exigeante compte tenu des fortes évolutions réglementaires de ces dernières années », souligne le directeur juridique qui reste par ailleurs attentif aux évolutions technologiques. Pour lui, l’intelligence artificielle (IA) est un outil dont il faut se servir. « Elle ne se substituera pas aux juristes. En revanche, d’ici quelques années, un juriste qui ne saura pas l’utiliser risque d’être remplacé par un collègue la maîtrisant. L’IA nous permettra de libérer du temps afin de nous concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée », estime Guillaume de Laheudrie.

Qui la conseille

La direction juridique de SPIE France fait intervenir Cheysson Marchadier & Associés avec Benoit Varenne et Yann Simonnet, associés, en droit des affaires public et privé ; CMS Francis Lefebvre Avocats avec Anne-Laure Villedieu, associée, et Mûre Maestrati en IP/IT, par exemple sur les sujets liés au règlement général sur la protection des données (RGPD). Elle est également accompagnée par le cabinet Blatter Seynaeve avec Jean-Pierre Blatter et Winifred Blatter Hodara, associés, en droit immobilier. En droit des sociétés, c’est sur le cabinet Agil’it avec Mathieu Siraga, associé, qu’elle s’appuie.

Crédit photo : ©SPIE France


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