Le fonds californien de growth equity Marlin Equity Partners conclut une cinquième opération dans des entreprises tricolores en devenant majoritaire auprès de l’éditeur de logiciels Tennaxia spécialisé dans le reporting HSE et ESG.
La société d’investissement dans les logiciels et la technologie Marlin Equity Partners prend une part majoritaire au capital de l’entreprise Tennaxia. Cette dernière, créée en 2001 et basée à Laval, est spécialisée dans l’édition de reporting HSE (santé, sécurité et environnement) et ESG (environnement, social, gouvernance). Les fondateurs Bernard Fort et Maxime Delorme ainsi que Bernard Bourigeaud, actionnaire historique, réinjectent des fonds à l’occasion de cette opération, tandis que plusieurs investisseurs sortent. Bpifrance, qui était minoritaire, accroît significativement sa participation et Omnes Capital reste un actionnaire minoritaire significatif. Cette transaction doit permettre à Tennaxia de poursuivre son développement et d’accélérer sa croissance sur le marché européen. Le fonds californien avait déjà investi à quatre reprises dans des entreprises tricolores depuis 2020 parmi lesquelles figurent Lenglow, éditeur nantais d’une plateforme d’e-commerce automatisée. Marlin Equity Partners a reçu l’appui de Freshfields Bruckhaus Deringer avec Julien Rebibo, associé, Kamile Bougdira et Amélie Saurel, en corporate ; de Shearman & Sterling avec Xavier Norlain, associé, Marion Bruère, en corporate ; Maud Manon, associée, Pierre Tardivo, counsel, Bruno Valenti et Charlie Gelbon, en financement ; Charles Filleux Pommerol, counsel, en fiscal ; ainsi que de Deloitte Société d’Avocats pour les due diligences avec Cécile Debin, associée, Frédérick Wlodkowski, en juridique ; Alexis Fillinger, Bertrand Jeannin et Arnaud Mourier, associés, Laurent Khemisti, Cécile Mevellec et Caroline Wiesener, en fiscalité ; Hervé Gabadou, associé, Tony Baudot, en IT et RGPD ; et Eric Guillemet, associé, Tiphaine Begin, en social. Les fondateurs et managers de Tennaxia ont été conseillés par CMS Francis Lefebvre avec Thomas Hains, associé, François Bossé-Cohic, Antoine Melchior, Louise Paysant, en corporate/M&A et management package ; et Edouard Milhac, associé, Inès Mzali, en droit fiscal. Bpifrance a été accompagnée par Hogan Lovells avec Stéphane Huten et Paul Leroy, associés, Alexandre Giacobbi et Paul des Champs de Boishebert, en corporate.
Le conseil de Marlin : Julien Rebibo, associé chez Freshfields
Quelles sont les caractéristiques de ce deal ?
C’est une opération de gré à gré, hors processus d’enchère. Fort de sa présence française et de son expertise sectorielle dans la tech et le software, Marlin sait structurer des opérations innovantes auprès de fondateurs. Celles-ci reposent sur un actionnariat stable et pérenne, un alignement d’intérêts – notamment grâce au nettoyage de la table de capitalisation – mais aussi une large palette de services et d’accompagnement sur le volet opérationnel. On peut aussi noter un accès facilité au financement en fonds propres comme en dette, ce qui est rare pour des sociétés à ce stade de leur développement, et une accélération du développement à l’international de manière organique ou par une stratégie de M&A. Ces facteurs qui différencient Marlin d’autres acteurs de l’investissement dans des sociétés en hypercroissance trouvent un écho particulier dans le contexte économique dégradé que nous connaissons aujourd’hui.
Comment avez-vous structuré l’opération ?
L’investissement de Marlin dans Tennaxia ne s’inscrit pas dans le cadre d’un nouveau tour de table, mais dans celui d’une opération nouvelle réalisée via une structure d’acquisition dédiée. Celle-ci présente, en ce sens, de fortes similarités avec une opération classique de buy-out : nouvelle structure d’acquisition, nouvelles lignes de financement en dette, remise à plat de la structure capitalistique existante, changement de l’actionnaire de référence et négociations d’un nouveau pacte d’actionnaires reflétant les nouveaux équilibres de gouvernance. Le deal se distingue par un fort alignement d’intérêts, qui se traduit dans la nature même des instruments émis.
L’investisseur de cette opération n’est ni français ni européen mais américain. Que faut-il en retenir ?
Je pense que pour les sociétés françaises, il s’agit de bonnes nouvelles. Cela témoigne globalement de la grande vitalité et de l’attrait persistant de l’écosystème tricolore. Notre marché a ses spécificités et l’équipe hexagonale de Marlin a une grande capacité de détection de sociétés prometteuses et de futurs champions nationaux, tout en s’associant avec des investisseurs locaux de référence à l’instar de BPI France ou Omnes. Marlin permet aussi à ses participations de gagner en agilité dans un contexte de concurrence accrue et dans des marchés en voie de consolidation. Les investisseurs américains comme lui permettent à des champions locaux, comme Tennaxia, d’accélérer leur développement sur des marchés internationaux.