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Les build-up de sociétés européennes sous LBO marquent le pas

Publié le 17 septembre 2014 à 12h21    Mis à jour le 17 septembre 2014 à 15h25

Florent Le Quintrec

Le dernier baromètre de Silverfleet Capital démontre un recul des opérations de build-up au premier semestre, en valeur comme en volume. Le premier trimestre a fortement pesé sur la tendance.

Alors que le marché européen des fusions-acquisitions est reparti fortement depuis le début de l’année, les sociétés détenues par des fonds d’investissement se sont montrées étonnamment timides sur le front des acquisitions au premier semestre 2014, selon le dernier baromètre Buy & Build Monitor de Silverfleet Capital.

Ainsi, le fonds d’investissement a recensé 124 opérations de croissance externe réalisées par des sociétés européennes sous LBO au cours de la période contre 148 opérations au premier semestre 2013 et 141 au cours des six mois suivants. Silverfleet explique cette mauvaise performance par une activité particulièrement faible au premier trimestre. Egalement à la baisse, la valeur moyenne des transactions. Basée sur les 19 opérations dont les montants ont été rendus publics durant la période, elle s’élève à 60 millions d’euros, soit un niveau largement inférieur aux 91 millions enregistrés en moyenne sur 24 transactions sur les six premiers mois de 2013, ainsi qu’aux 66 millions constatés sur 30 opérations entre le 1er juillet et le 31 décembre 2013. Au premier trimestre 2014, la plus importante opération a été réalisée par le groupe Cala, détenu par Patron Capital, Legal & General et Electra, qui a acquis Banner Holmes pour 250 millions d’euros. Au second trimestre, la prise de contrôle du groupe australien Peters Food Group par R&R Ice Creams (PAI PArtners) pour 440 millions de dollars australiens se hisse en tête du classement. L’auteur de l’étude a lui-même contribué à alimenter le flux de transactions, sa participation Competence Call Center ayant racheté Air Berlin Dreizehnte Flugzeug GmbH au premier trimestre.

Priorité au retour de cash

«Ces chiffres constituent une surprise, qu’il s’agisse du volume ou de la valeur des transactions, commente Neil MacDougall, managing partner de Silverfleet Capital. Compte tenu de la stabilité de la situation économique en Europe et des conditions favorables de financement, nous nous attendions à des niveaux d’activité buy & build plus élevés. Néanmoins, nous observons que de nombreuses entreprises adossées à des sociétés de capital-investissement se sont efforcées de retourner du cash aux investisseurs, par le biais de recapitalisations ou d’introductions en bourse. Dès lors, il est possible que ces opérations aient occupé le terrain, au détriment de l’activité buy & build.»

Du côté des cibles, les sociétés françaises ont suscité un appétit relativement stable au premier semestre, 16 entreprises ayant fait l’objet d’un rachat, contre 13 un an plus tôt. Mais les acquéreurs ont essentiellement visé les sociétés des pays nordiques, du Royaume-Uni et de l’Irlande. En revanche, les pays germanophones et ceux du Benelux ont vu le nombre de transactions ciblant leurs entreprises chuter lourdement sur un an, tandis que les acquisitions d’activités en Europe centrale et orientale et dans la péninsule ibérique, au dynamisme déjà faible, ont reculé par rapport à l’an dernier.

Un marché du M&A midcap au ralenti

A la recherche d’opportunités à l’extérieur de l’Europe, dont les perspectives de croissance restent limitées voire nulles, les sociétés sous LBO se sont encore montrées actives en Amérique du Nord et en Asie Pacifique, dont le niveau de transactions demeure relativement stable. L’Amérique latine n’a quant à elle connu aucune offensive de sociétés européennes.

Si les mégadeals font la Une de la presse financière depuis le début de l’année, ils semblent néanmoins cacher un niveau d’activité plus limité sur le marché du midcap. En juin dernier, l’indice Argos Mid-Market, réalisé par le fonds Argos Soditic, faisait en effet état d’un faible niveau de transactions sur le marché midcap au premier semestre en Europe, qu’il expliquait notamment par une raréfaction des actifs de qualité.


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