Amundi a finalisé son projet d’introduction en Bourse la semaine dernière.
Les actionnaires du premier gérant d’actif d’Europe, Crédit Agricole SA (CASA) et Société Générale, ont ainsi placé 1,501 milliard d’euros d’actions sur le marché au prix unitaire de 45 euros. Ce montant pourrait être porté à 1, 726 milliard en cas d’exercice intégral de l’option de surallocation. Avec une capitalisation boursière de quelque 7,5 milliards d’euros, il s’agit de la plus importante introduction à la Bourse de Paris depuis 10 ans. CASA et Amundi étaient conseillés par Cleary Gottlieb Steen & Hamilton, avec Pierre-Yves Chabert, Andrew Bernstein, associés, Sophie de Beer, counsel, Monica Kays, Juliane Jacques, Laura Birene, Joris Estorgues, Candice Etienney et Paul Nafilyan. Société Générale avait pour conseil Clifford Chance, avec Mathieu Remy, Aline Cardin et Frédérick Lacroix, associés. Le syndicat bancaire était assisté par Allen & Overy, avec Marc Castagnède, associé, Olivier Thébault, counsel, Mathilde Nettuzzi et Quentin Herry en corporate, Diana Billik, associée, et Karin Braverman sur les aspects américains, Mathieu Vignon, associé, Arthur Leclerc et Florian Louvet en fiscal, Brice Henry, associé, Florent Bonnard et Dounia Mansour en réglementaire.
Le conseil de CASA et Amundi : Pierre-Yves Chabert, associé de Cleary Gottlieb Steen & Hamilton
Pourquoi les actionnaires d’Amundi ont réalisé cette IPO ?
Amundi est né en 2009 du rapprochement de Crédit Agricole Asset Management (CAM) et de Société Générale Asset Management (SGAM). Les parties avaient déjà prévu, dans le pacte d’actionnaires conclu en 2009, qu’une évolution logique d’Amundi devait être son introduction en bourse, qui permettrait à la fois de donner un statut boursier et un accès au marché à Amundi et une liquidité pour la Société Générale. Il avait en conséquence été convenu qu’un IPO serait réalisé au bout de cinq ans et le processus a ainsi été initié en juin dernier. Cet IPO a permis à Société Générale de céder sur le marché ses 20% au capital d’Amundi avec le soutien de Crédit Agricole qui met à disposition le nombre d’actions nécessaires pour couvrir l’option de surallocation.
Comment s’est déroulé ce processus ?
Nous avons d’abord renouvelé les accords de distribution entre Amundi et le réseau bancaire de Société Générale pour les cinq prochaines années. Le maintien de ces accords prouve l’attachement de Société Générale à la bonne poursuite des relations avec Amundi. Nous avons ensuite travaillé avec Amundi et les banques introductrices sur l’equity story à présenter aux investisseurs, ce qui était particulièrement intéressant dans la mesure où peu d’asset managers sont cotés dans le monde et aucun à la Bourse de Paris. Il s’agissait donc d’une première pour la place.
La volatilité des marchés et les abandons récents d’IPO ont-ils pesé sur l’opération ?
En partie oui car le marché est plus fragile qu’il ne l’était plus tôt dans l’année et l’engouement des investisseurs était moins grand pour les IPO en cette fin d’année. Toutefois, les reports des autres projets d’IPO n’ont pas eu d’impact direct sur celui d’Amundi qui avait des caractéristiques différentes. Amundi est le leader européen de la gestion d’actifs, présentant une grande solidité financière et une forte récurrence de ses marges. C’est une bonne valeur de portefeuille que les investisseurs ne peuvent pas ne pas avoir.
Quelles problématiques avez-vous rencontrées ?
L’AMF a soulevé la question d’un éventuel conflit d’intérêt lié au fait qu’Amundi est un gérant d’actifs qui investit pour le compte de tiers et pourrait investir dans ses propres titres. Amundi allait-il acheter ses propres titres lors de l’IPO dans le cadre de sa gestion pour compte de tiers ? Amundi a opté pour une règle claire et protectrice de l’intérêt de ses clients en s’interdisant d’acheter ses propres titres, excepté bien évidemment dans le cadre des fonds ou produits indiciels. C’est une position de grande éthique, les autres gérants d’actifs cotés ne s’étant pas imposés une règle aussi stricte.
A quoi serviront les importants fonds propres d’Amundi ?
Amundi dispose aujourd’hui de fonds propres importants, bien supérieurs à ceux imposés par les règles prudentielles actuelles applicables aux gestionnaires d’actifs. Ce choix présente deux avantages. Il permet à Amundi de faire face à tout durcissement des règles prudentielles qui pourrait être imposé aux sociétés de gestion d’actifs et, d’autre part, il donne à Amundi une marge de manœuvre pour réaliser d’éventuelles acquisitions ou nouveaux investissements de croisssance. Entre sa solidité financière intrinsèque, son positionnement stratégique en Europe et sa cotation qui lui donne désormais accès aux marchés, Amundi a tous les atouts nécessaires pour poursuivre sa stratégie de croissance et être un consolidateur du marché.