Désireux de s’adapter à l’évolution de l’écosystème automobile, le groupe assurantiel Macif devient actionnaire minoritaire de la plateforme spécialisée Cosmobilis avec un chèque de 50 millions d’euros. Parallèlement, les deux acteurs signent un partenariat stratégique de long terme qui doit leur permettre de proposer des offres intégrées.
Deux ans après avoir acheté le réparateur Mondial Pare-Brise, la Macif veut accélérer sur le segment automobile et renforcer sa présence sur les différentes étapes de la chaîne de valeur. L’assureur mutualiste, qui comptait 6,37 millions de sociétaires, adhérents ou clients fin 2024, investit 50 millions d’euros dans l’acteur parisien Cosmobilis Group, plateforme d’automobilité créée en 2021 et qui réunit un écosystème de sociétés (BYmyCAR, En Voiture Simone, Ucar, Elite Auto, Bee2link, etc.), dans le domaine de la distribution, de la location et de la formation. Via également un partenariat stratégique, les deux acteurs projettent de bâtir un écosystème autour de trois piliers : des offres d’assurance Macif disponibles dans les succursales de Cosmobilis Group, des solutions de mobilité pour les sociétaires Macif – avec la vente et le financement de véhicules neufs ou d’occasion – ainsi que des initiatives dans la réparation automobile. Cette opération intervient alors que Cosmobilis, qui compte 4 700 salariés et revendique 1,2 million de transactions automobiles par an, a levé près de 129 millions d’euros cet été auprès de ses partenaires bancaires dans le but de créer des hubs d’automobilité. La Macif est épaulée par White & Case avec Marc Petitier, associé, Yeram Kim et Marovola Rasoanaivo, en corporate/M&A ; Jérémie Marthan, associé, Rahel Wendebourg, en antitrust ; et Clara Hainsdorf, associée, en IP/IT ; Philippe Herbelin, associé, en marchés de capitaux. Cosmobilis Group est conseillé par Bird & Bird avec David Malcoiffe, associé, Marine Besson et Lionel Berthelet, counsel, Pierre Guigue et Lara Fizaine, en corporate M&A. Crédit Agricole, actionnaire minoritaire de Cosmobilis Group, est accompagné par Veil Jourde avec Laurent Jobert, associé, Enzo Niccolini, en corporate M&A.
Le conseil de la Macif : Marc Petitier, associé chez White & Case
Quels sont les éléments marquants de ce deal ?
L’opération présente une double spécificité : celle d’un partenariat stratégique de long terme entre deux groupes, dans le domaine de l’automobilité, mais aussi une prise de participation minoritaire à hauteur de 50 millions d’euros. La Macif souhaitait se développer dans la mobilité, avec un industriel et regardait les opportunités du secteur. De son côté, Cosmobilis recherchait un acteur de l’assurance pour compléter son organisation capitalistique. Cet alignement a conduit à des négociations bilatérales qui ont abouti au bout de six mois environ. Concrètement, la transaction prend la forme d’une augmentation de capital de Cosmobilis, réalisée sur fonds propres de la Macif, avec une dilution mécanique des autres actionnaires, aucun d’entre eux n’ayant cédé de participation.
Quels ont été les enjeux des négociations ?
Outre la question de la valorisation, il a fallu bien articuler les défis entre le volet industriel et le volet capitalistique. Les durées d’engagements réciproques sont ainsi relativement longues afin de pouvoir valoriser les investissements. Si nous n’avons pas eu besoin de soumettre le dossier à l’Autorité de la concurrence, en l’absence de contrôle conjoint, il a été nécessaire de traiter un certain nombre de points en matière de droit de la distribution par exemple. Comme le Crédit Agricole est également un actionnaire minoritaire de Cosmobilis, nous avons discuté à trois, ce qui peut tout naturellement modifier le tempo des échanges et les complexifier.
S’oriente-t-on vers une multiplication de ce type d’opérations dans le domaine de l’assurance ?
L’assurance est un secteur particulièrement actif. Nous avons vu en début d’année, par exemple, le rachat par la Matmut des activités d’assurance-vie en France du Britannique HSBC ou, plus récemment, la reprise par Odealim d’Assurimo auprès d’Emeria (ODA du 8 janvier 2025 et du 10 septembre 2025, ndlr). Quant au segment automobile, spécifiquement, celui-ci a énormément évolué ces dernières années. Les publicités pour les voitures ne font plus état du seul prix de vente mais présentent tout un package, incluant l’assurance, le financement, ou encore la prise en charge en cas de problème. Il y a par ailleurs un renchérissement du coût des véhicules et de leurs pièces de rechanges ainsi qu’une hausse des risques assurantiels avec la multiplication de phénomènes météorologiques importants, sans oublier l’évolution des mobilités. Les groupes assurantiels essaient donc d’être au plus près des besoins des utilisateurs et des changements de l’écosystème. Cette typologie d’opérations devrait donc se multiplier.