Trois ans après avoir rejoint Microsoft dans l’Hexagone en provenance de Samsung Electronics, et une première partie de carrière en cabinet d’avocats (White & Case, Nomos), Anton Carniaux quitte ses fonctions de directeur des affaires publiques et juridiques. Son passage aura notamment été marqué par son intervention au Sénat sur la question sensible de la souveraineté numérique et sur la politique de protection des données à l’égard des Etats-Unis.
Microsoft France est en quête d’un successeur à Anton Carniaux pour assurer la responsabilité de ses affaires juridiques. Le membre du comité exécutif du groupe informatique avait pris la succession de Corinne Caillaud en décembre 2022. Durant ces trois années en tant que directeur des affaires publiques et juridiques de la multinationale américaine, Anton Carniaux a été à la manœuvre sur les dossiers liés à la réglementation et aux politiques publiques dans les domaines du numérique, de l’intelligence artificielle, du droit d’auteur, de la confidentialité et de la concurrence. Il a également accompagné le lancement des premières offres de l’outil d’intelligence artificielle générative Copilot en France. Avocat de formation, passé par les cabinets White & Case (2001) et Nomos (2002-2006), Anton Carniaux s’est ensuite tourné vers le secteur des télécommunications et de la tech. Avant de rejoindre Microsoft France, il a officié près d’une décennie au sein de Samsung Electronics France, où il a évolué jusqu’au poste de vice-président Legal and Compliance, après avoir exercé au sein du groupe SFR Business entre 2006 et 2013. Ces derniers mois, son nom avait été associé au débat sur la souveraineté numérique de la France. Auditionné le 10 juin dernier par le Sénat dans le cadre d’une commission d’enquête sur la commande publique, Anton Carniaux avait reconnu que Microsoft ne pouvait garantir qu’aucune donnée d’un citoyen français ne soit transférée vers les Etats-Unis en cas d’injonction judiciaire américaine, en raison du Cloud Act adopté en 2018. Il avait toutefois précisé qu’aucune entreprise européenne ou administration publique n’avait, au jour de son audition, été concernée par une telle transmission, selon les rapports de transparence, publiés notamment par Microsoft depuis 2013. Diplômé d’un master en droit européen à l’université Grenoble Alpes et d’un LLM en droit de la concurrence et de la propriété intellectuelle de l’université d’Ottawa, Anton Carniaux laisse désormais vacante une fonction stratégique au sein de la filiale tricolore du géant de Redmond dans un contexte de régulation accrue du numérique et de montée en puissance de l’intelligence artificielle.