Cabinets d’avocats, régulateurs, acteurs du monde coté ou non coté, retrouvez leurs principales actualités.
Private equity – Recul des investissements et des levées au premier semestre
Les six premiers mois de l’année ont été à la baisse dans le domaine de l’investissement, mais les pratiques sont restées résilientes, selon l’étude semestrielle d’activité de France Invest, réalisée en partenariat avec le cabinet Grant Thornton. Ainsi, 14,7 milliards d’euros ont été investis – un chiffre en recul de 5 % par rapport à la même période l’an passé – dans 1 476 entreprises et projets d’infrastructure, contre 1 481 au premier semestre 2024. « Cette évolution s’explique par la baisse (en valeur uniquement) des opérations ayant fait l’objet d’un ticket supérieur à 100 millions d’euros, en capital-investissement (hors infrastructure) », explique l’association professionnelle qui a comme nouveau directeur général depuis le mois dernier Vincent Marinet (ODA du 24 septembre 2025). A noter que l’activité recule sur la plupart des segments. Les biens et services industriels restent le premier secteur d’investissement, suivi du numérique et de la santé. Reste que le ralentissement par rapport au second semestre 2024 est à nuancer car les six derniers mois de l’année sont généralement plus dynamiques. Du côté des tours de table, 17,4 milliards d’euros ont été levés, en baisse de 6 % par rapport aux moyennes semestrielles observées entre 2023 et 2024. Dans l’ensemble, « les levées sont plus longues et restent difficiles à mener dans le contexte actuel », relèvent les auteurs de l’étude. Néanmoins, l’attractivité de la classe d’actifs à l’international se confirme tant pour les fonds de capital-investissement que pour les fonds d’infrastructure. Et quid des cessions ? Au total, 4,8 milliards d’euros en valeur ont été enregistrés (-2 % par rapport au 1er semestre 2024), pour 581 opérations réalisées, ce qui reflète un certain attentisme du secteur. « Ce premier semestre confirme la solidité de notre industrie. Malgré l’environnement incertain, le capital-investissement continue de financer des milliers d’entreprises françaises, contribuant à l’innovation, à la création d’emploi et à la transition énergétique », indique Sophie Paturle, la nouvelle présidente de France Invest élue cet été pour un mandat de deux ans (ODA du 25 juin 2025). Et celle qui est aussi dirigeante-fondatrice du fonds Demeter de préciser : « Néanmoins, nous devons rester vigilants face à certains signaux : une concentration des levées sur quelques acteurs et un marché des cessions en retrait. Ces chiffres rappellent l’importance des enjeux actuels que sont la diversification des sources de financement et les retours de liquidité aux investisseurs. »
Régulation – Les Etats-Unis, premier investisseur extracommunautaire en Europe
Les Etats-Unis ont été le principal pays non européen à réaliser des deals sur le Vieux Continent l’année passée avec presque un tiers des acquisitions (597 opérations, soit 30 % des transactions), devant le Royaume-Uni (451 deals, soit 23 %), d’après le cinquième rapport annuel sur le filtrage des investissements directs étrangers (IDE) dans l’Union, dévoilé par la Commission européenne mi-octobre. L’exécutif communautaire rapporte ainsi que l’Union européenne à 27 membres a enregistré en moyenne 2 230 transactions étrangères de fusion-acquisition (F&A) et 3 011 investissements de création étrangers chaque année entre 2015 et 2024. Le rapport souligne notamment que l’Allemagne et la France étaient l’année passée les principales destinations des fusions-acquisitions étrangères en 2024, avec respectivement 21 % (412 deals) et 13 % (264 deals) du montant total des opérations. Si le nombre de transactions en Allemagne a augmenté (17 %), la France, elle, a connu une baisse du M&A d’origine étrangère. Le pays dépasse néanmoins l’Espagne en tant que bénéficiaire d’investissement direct étranger pour se hisser donc en deuxième position en 2024. Concernant la distribution sectorielle, l’industrie manufacturière a été le secteur le plus important (27 %) en matière d’opérations de M&A, tandis que le commerce de détail (31 %) a généré des activités relatives à des investissements de création. Sur le sujet du filtrage des investissements étrangers, 477 dossiers ont été notifiés, soit un chiffre équivalent à l’année précédente (488). Six juridictions ont été principalement contrôlées : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine (y compris Hong Kong), le Japon, le Canada et les Emirats arabes unis. Ces chiffres sont publiés dans un contexte de renforcement du filtrage des investissements étrangers avec la volonté de la Commission de réviser le règlement sur le sujet, notamment concernant les investissements sortants de l’Union, dans trois domaines prioritaires : les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et technologies quantiques (ODA du 14 mai 2025). Les Etats membres ont jusqu’à juin 2026 pour fournir à la Commission leurs recommandations en la matière.