La lettre d'Option Droit & Affaires

DEAL DE LA SEMAINE

Médicaments : L-GAM et l’Etat investissent dans Biose Industrie

Publié le 22 février 2023 à 16h00

Pierre-Anthony Canovas

Dans un contexte porteur pour la souveraineté française, l’Etat s’associe au fonds L-GAM afin de rentrer au capital du groupe hexagonal Biose Industrie spécialisé dans les médicaments probiotiques.

Nouvelle étape pour Biose Industrie, qui opère dans le domaine des médicaments probiotiques. La société basée à Aurillac (Cantal) fait évoluer sa gouvernance avec l’entrée, à parts égales, de L-GAM ainsi que de l’Etat, via BPI France et son fonds French Tech Souveraineté, qui deviennent actionnaires majoritaires. Le fonds franco-chinois Cathay Capital, qui n’était arrivé qu’en 2020 à l’occasion d’une précédente levée de 30 millions d’euros, sort. Il faut dire que le groupe auvergnat a connu de bons résultats à la faveur de la pandémie : son chiffre d’affaires a triplé entre 2018 et 2021 pour atteindre les 33 millions d’euros tandis que son résultat net, qui était négatif à hauteur d’un million d’euros, a bondi à 6,7 millions d’euros de bénéfices. L’opération reste soumise aux autorisations réglementaires et sera examinée, d’après nos informations, à Bruxelles. Elle devra obtenir également le feu vert de Bercy au titre du contrôle des investissements étrangers. Le secteur du médicament est stratégique et L-GAM n’est pas français : d’origine luxembourgeoise et basé à Londres, le fonds d’investissement est soutenu notamment par la famille princière du Liechtenstein. Dès l’opération validée, French Tech Souveraineté et L-GAM deviendront actionnaires aux côtés d’Adrien Nivoliez, futur président de Biose Industrie, des managers, du Fonds souverain Auvergne-Rhône-Alpes, géré par Siparex, et de la famille Desjonquères, laquelle devient minoritaire. Si le montant du deal n’a pas été dévoilé, la société a annoncé un plan d’investissement de 80 millions d’euros. L-GAM a été représenté par Shearman & Sterling avec Nicolas Bombrun, associé, Gaspard Bastien-Thiry et Marion Bruère, en corporate ; et Charles Filleux Pommerol, counsel, Laetitia Mingarelli, en fiscal. L’Etat a reçu l’appui de BDGS avec Jérôme du Chazaud, associé, Arthur Teboul et Valérie Monneyron, en corporate ; Mathilde Damon, associée, en concurrence ; Yaëlle Cohen, associée, Jules Brizi, en financement ; et Pierre Proux, en fiscal. La société holding de la famille Desjonquères a reçu le soutien de Rossi Bordes & Associés avec France Portmann, associée, et Pauline Thuet, en M&A. Le management de Biose Industrie a été épaulé par Cazals Manzo Pichot Saint Quentin avec Thomas Cazals et Xavier Colard, associés, Sylvain Le Petitcorps et Céline La Rosa, en fiscal. Cathay Capital était accompagné par De Pardieu avec Jean-François Pourdieu et Matthieu Candia, associés, Pierre-Alexis Biehler, en corporate ; Priscilla Van Den Perre, associée, Enguerrand Maloisel et Mickael Ammar, en fiscal.

Le conseil de L-GAM : Nicolas Bombrun, associé chez Shearman & Sterling

Quelles ont été les spécificités de cette opération ?

Cathay Capital souhaitait sortir du capital et les actionnaires familiaux fondateurs, comme le management, recherchaient de nouveaux actionnaires. Cette opération est emblématique à plusieurs égards et illustre parfaitement comment L-GAM, un fonds d’investissement paneuropéen, et l’Etat, via « French Tech Souveraineté » dispositif opéré par l’Epic Bpifrance et géré par Bpifrance dans le cadre de France 2030, peuvent se rapprocher et conclure un contrat d’acquisition permettant de réaliser un investissement dans une belle entreprise française et l’accompagner dans une nouvelle phase de son développement. Cette prise de participation dans Biose Industrie devrait leur permettre de prendre ensemble le contrôle de ce laboratoire pharmaceutique industriel, leader mondial dans le développement et la production de médicaments microbiotiques pour la santé humaine. De son côté, Biose Industrie devrait poursuivre sa croissance, notamment à l’international, et pouvoir faire face aux défis scientifiques à venir en matière de médicaments microbiotiques.

Quels en ont été les principaux défis ?

Beaucoup d’investisseurs étaient intéressés par Biose Industrie et le tandem L-GAM et l’Etat via « French Tech Souveraineté » a su acquérir la confiance des actionnaires familiaux et du management pour permettre à Biose Industrie de franchir une nouvelle étape dans sa croissance. Avec cette opération, il a fallu trouver le bon équilibre pour la gouvernance. En outre, il a été particulièrement intéressant de s’immerger dans l’activité de Biose Industrie et ses produits – les LBPs (Live Biotherapeutics Products), principes actifs innovants à l’origine de la création d’une nouvelle catégorie de médicaments. Par ailleurs, alors que l’accès au marché de la dette bancaire est aujourd’hui compliqué pour les fonds private equity, un pool de banques a répondu présent très rapidement pour participer au financement de cette opération.

Que retenez-vous de ce deal ?

La conclusion du deal doit permettre au groupe Biose Industrie de poursuivre son développement prometteur aux côtés de l’Etat via « French Tech Souveraineté » et de L-GAM avec pour objectif de devenir demain une nouvelle licorne française. Je retiens aussi que le secteur des Life Sciences, et notamment celui des laboratoires pharmaceutiques, semble bien résister à la crise que nous traversons actuellement et reste, on le voit bien, très attractif pour les investisseurs.


La lettre d'Option Droit & Affaires

Tous les deals de la semaine

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 5 minutes

Private equity, fusions-acquisitions et droit général des affaires, suivez les grands dossiers de la semaine.

Lire l'article

Chargement…