Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Qui la dirige
Riche d’une double culture anglo-saxonne et française par ses origines familiales, Sarah Leroy a toujours voulu travailler à l’international. Elle choisit d’étudier le droit pour son potentiel de créativité. « C’est un domaine qui offre une grande diversité d’approches, notamment à l’étranger », affirme-t-elle. Ses études l’amènent à suivre un LLM (Master of Law) outre-Manche, après un cursus universitaire à la faculté de droit d’Orléans. A son retour, Sarah Leroy passe le barreau et travaille chez Jones Day et August Debouzy sur des dossiers corporate et M&A. Mais le monde de l’entreprise l’attire depuis longtemps. Alors qu’elle est chez August Debouzy, l’avocate est approchée par Axa pour accompagner le développement de la gestion d’actifs pour le compte de clients institutionnels tiers dans laquelle voulait se lancer Axa Real Estate Investment Managers (nouvellement Axa IM). Au début, en tant que juriste dédiée aux opérations de corporate finance, elle se concentre sur la structuration de fonds paneuropéens et des share deals portant sur des sociétés détenant des portefeuilles d’actifs immobiliers (hôtellerie, développement, commerciaux…). Puis elle accompagne l’essor de l’activité dette senior puis d’infrastructure. Sarah Leroy prend alors sous sa responsabilité toute l’activité de structuration de fonds et de mandats de gestion pour la business unit. Quelques années plus tard, on lui propose de consolider l’ensemble des équipes juridiques alors disséminées entre plusieurs pays. « En 2011, j’ai réorganisé la fonction juridique afin qu’elle réponde au mieux à l’évolution des besoins de la clientèle d’Axa et des clients tiers que l’on avait développés dans le monde entier », explique Sarah Leroy qui intègre le comité exécutif. Son périmètre géographique, essentiellement européen, au début, évolue. Au fil du temps, une antenne est ouverte au Japon, puis aux Etats-Unis et en Australie, avant qu’elle ne rejoigne Tereos pour prendre la tête de la direction juridique, fiscale et compliance du groupe.
Comment elle s’organise
Après quinze ans dans un environnement de conseil financier, c’est le grand saut dans l’univers industriel et l’arrivée en juin 2018 au sein de la coopérative française Tereos (4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 22 300 collaborateurs dans le monde) où elle siège au comité de direction. L’ex-Béghin-Say, implanté dans 18 pays, est connu comme producteur de sucre, mais il est aussi présent sur le marché de l’amidon, de l’alcool (éthanol) ainsi que sur ceux de la nutrition animale, des protéines végétales et de l’énergie. « Nous menons également une importante activité de trading depuis l’Europe et le Brésil », complète Sarah Leroy. La direction juridique qu’elle pilote couvre les sujets de douane, de fiscalité et de conformité (Sapin 2, RGPD, etc.) mais aussi ceux des risques assurantiels (actifs industriels, humains, environnementaux). Auxquels s’ajoutent les domaines classiques que sont le secrétariat juridique, le corporate/M&A, l’IP, le financement, le contractuel, la concurrence et la consommation. Sans oublier l’environnement, l’urbanisme, l’immobilier, et même le droit social, ce qui est un peu moins fréquent. Les équipes sont réparties entre Paris (25 personnes sur deux sites), La Réunion (2 salariés), la République tchèque (1 personne) et le Brésil (25 collaborateurs). Sur un plan interne, un important chantier a été finalisé avant l’été avec l’installation d’une solution Legisway à l’échelle européenne d’abord, avant un déploiement international. « Elle permet à ce jour de gérer les volets corporate et contractuel, de faciliter le traitement de tâches répétitives, mais aussi d’assurer l’archivage et la traçabilité des prises de décision », précise Sarah Leroy.
Comme elle se positionne
« Quand j’ai été recrutée, une des missions confiées par la direction générale était de repenser l’équipe juridique pour qu’elle soit en mesure d’accompagner au mieux nos opérationnels basés dans le monde entier. J’ai donc choisi de m’entourer de personnes aux profils culturels variés et ayant eu des parcours en cabinet et en entreprise, mais aussi uniquement en entreprise. Mon idée était d’avoir des collaborateurs aux talents complémentaires, seniors ou pas, qui pourraient apprendre beaucoup les uns des autres », explique la juriste. Sarah Leroy reporte à Philippe de Raynal, président du directoire de Tereos. Cette proximité montre la prise en compte des enjeux juridiques au plus haut niveau du groupe, encouragée par un échange entre les opérationnels et les juristes. « En assurant auprès d’eux des formations de proximité sur ces sujets essentiels, souvent en binôme avec des cabinets d’avocats, nous les amenons aussi naturellement à plus nous solliciter. Cela permet d’assurer une meilleure maîtrise des zones de risques, notamment en termes de conformité », poursuit-elle.
Qui la conseille
Tereos mène un plan de décarbonation important. Les juristes du groupe travaillent sur les questions d’énergie avec Sylvain Bergès, associé chez Racine. Sur les sujets environnementaux, Alexandre Moustardier, associé chez Atmos, les conseille. Concernant le trading, encadré par des contrats principalement de droit anglais, la direction juridique fait intervenir Richard Swinburn de Reed Smith à Londres. Le cabinet les accompagne dans toutes les juridictions à l’international (Asie, Brésil, Afrique). En financement, Sarah Leroy travaille avec Thomas Le Vert et Grégoire Karila, tous deux associés chez White & Case. Au Brésil, elle collabore avec Pinheiro Neto Advogados, notamment sur des opérations transfrontalières.