Le capital-investissement français va mieux ! C’est ce qui ressort des chiffres annoncés par l’Afic le mardi 24 mars à l’occasion d’un point presse. Augmentation des fonds levés, des investissements et des cessions… le bilan du capital investissement français en 2014 est globalement meilleur que les années précédentes, mais des inquiétudes subsistent.
Les sociétés de gestion ont collecté au total 10,1 milliards d’euros l’an passé, retrouvant un niveau proche des levées de fonds d’avant-crise. Mais ces liquidités ont essentiellement profité aux véhicules d’une certaine taille, 63 % des montants collectés ayant été orientés vers des fonds cherchant à lever plus de 200 millions d’euros, alors qu’ils ne représentaient que 53 % des collectes durant la période 2006-2008. «Le signal le plus négatif est que les fonds de taille plus petite se situent encore loin des niveaux d’avant crise», note Michel Chabanel, président de l’Afic, qui avoue son inquiétude concernant le financement des fonds midcap pour irriguer les PME françaises.
Le capital-innovation à la peine
Ces montants levés ont principalement été apportés par des fonds de fonds (27 %), des assureurs (16 %) et des family offices (16 %), rappelant le désengagement durable des banques dans ce secteur depuis les réformes de Bâle 3. Si les fonds de capital-transmission et de capital-développement ont retrouvé un niveau de collecte satisfaisant, ce n’est pas le cas des véhicules de capital-innovation. En effet, ce secteur poursuit sa baisse en termes de collecte, atteignant seulement 828 millions d’euros en 2014 contre 1,375 milliard en 2013. Il faut néanmoins rappeler que les chiffres de 2013 avaient été gonflés par le lancement des fonds d'amorçage de Bpifrance. «Le capital-innovation connaît une régression significative. Cette situation reste un sujet de vigilance pour l’Afic», souligne Michel Chabanel.
En termes d’investissements, 1 648 entreprises ont été accompagnées par des fonds en 2014, soit un niveau supérieur à la moyenne des huit précédentes années (1 560). «Ce chiffre illustre la profondeur du marché français et le rôle essentiel de notre métier dans le pays», se réjouit Bertrand Rambaud, président de Siparex et du comité des études économiques et statistiques de l’Afic. Au total 8,7 milliards d’euros ont été investis l’an dernier, soit une hausse de 35 % sur un an, et plus de la moitié de cette somme a été investie dans de nouvelles entreprises. Ce niveau reste toutefois inférieur aux montants investis annuellement avant la crise. «Nous constatons un redémarrage des projets des entrepreneurs en France. C’est un bon indicateur de la santé de nos entreprises», s’enthousiasme Michel Chabanel. Le capital-innovation n’a pas profité de cette tendance, mais parvient tout de même à maintenir une relative stabilité avec 628 millions d’investissements contre 642 un an plus tôt.
Record historique de cessions
Enfin, les cessions ont connu la même tendance favorable, avec environ 9,3 milliards de désinvestissements en 2014 (+65 %), un record historique porté par des opérations supérieures à 100 millions d’euros (58 %). Les acquéreurs industriels ont fait preuve d’appétit pour les sociétés détenues par les fonds en réalisant 2 milliards d’euros d’acquisitions contre 1 milliard en 2013. «Ce niveau de cession est très positif pour la classe d’actifs et est indispensable pour le cercle vertueux de notre métier», indique Bertrand Rambaud.
Satisfaite de l’activité en 2014, l’Afic n’en reste pas moins mobilisée pour soutenir cette tendance. Elle discute notamment avec le gouvernement pour favoriser le financement des start-up et inciter les investisseurs étrangers à placer leurs liquidités en France. La création, au sein du projet de loi Macron, d’un nouveau véhicule baptisé Société de Libre Partenariat (SLP), qui s’aligne sur l’environnement contractuel habituel des LPs étrangers, n’est donc qu’une première étape.