Le tribunal de commerce de Nanterre a retenu le 22 mai 2014 l’offre de reprise d’Ascometal présentée par un groupe d’investisseurs français et européens conduit par Frank Supplisson et Guy Dollé et composé d’EPI, du scandinave Ovako, et des fonds de retournement Warwick et DK.
Les six sites français et 1 820 emplois sur 1 900 sont conservés. Préférée à celle du groupe brésilien Gerdau, l’offre retenue prévoit la levée de 230 millions d’euros de financement, dont un prêt de l’Etat de 35 millions, via le FDES. Ascometal avait été racheté en 2011 par le fonds Apollo via la holding Captain Bidco pour 420 millions d’euros, dont 300 millions de dette. L’administrateur judiciaire était Francisque Gay et le mandataire judiciaire Marc Sénéchal. Frank Supplisson et Guy Dollé étaient conseillés par De Pardieu Brocas Maffei, avec Philippe Dubois, associé, en restructuring, Patrick Jaïs, associé, en corporate, Florence Dupont-Fargeaud, associée, en social, Laure Givry, associée, en concurrence, Alexandre Blestel, associé, en fiscal, Christine Bihan-Graf, associée, en énergie et droit public. EPI avait pour conseil Bredin Prat, avec Olivier Puech, associé, en restructuring, et Benjamin Kanovitch, associé, en corporate. Ovako avait pour conseil Gide Loyrette Nouel à Paris, avec Gabriel Sonier et Nadège Nguyen, associés. Warwick était accompagné par Bremond & Associés, avec Guilhem Bremond et Delphine Caramalli, associés. DLA Piper conseillait DK, avec David Chijner et Noam Ankri, associés. Ascometal était conseillé par Dethomas Peltier Kopf Juvigny, avec François Kopf, associé. Racine intervenait sur les aspects sociaux, avec Frédéric Broud, associé. Apollo était représenté par Godet Gaillard Solle Maraux & Associés, avec Fabrice Patrizio, associé, en restructuring, Jean-Maurice Gaillard, associé, en financement, et Arnaud Viard, associé, en fiscal, ainsi que par Darrois Villey Maillot Brochier, avec Pierre Casanova, associé, en M&A, Martin Lebeuf, associé, en financement, Vincent Agulhon, associé, en fiscal, Henri Savoie, associé, en droit public, Igor Simic, associé, en concurrence, et Cyril Bonan, associé, en contentieux. Clifford Chance assistait la holding Captain Bidco, avec Reinhard Dammann, associé, en restructuring, Daniel Zerbib, associé, en financement, Laurent Schoenstein, associé, en corporate, et Alexandre Lagarrigue, associé, en fiscal. Le groupe Gerdau avait pour conseil Weil, Gotshal & Manges, avec Jean-Dominique Daudier de Cassini, associé. Ashurst représentait les prêteurs seniors, avec Jean-Pierre Farges et Pierre-Emmanuel Fender, associés, en restructuring, Guy Benda, associé, en corporate, et Christophe Lemaire, associé, en concurrence.
Le conseil d’Ascometal : François Kopf, associé de Dethomas Peltier Kopf Juvigny
Comment la société s’est-elle retrouvée en difficulté ?
L’acquisition par Apollo avait été financée en fonds propres et en dette également sur un bridge to high yield important consenti par Morgan Stanley et BofA Merrill Lynch. Mais l’émission obligataire prévue n’a pas été possible compte tenu des conditions de marché. La holding d’acquisition est donc restée financée par ces deux prêteurs alors que l’activité de la société opérationnelle se dégradait fortement, notamment du fait des difficultés du marché automobile. Aux problèmes de bris de covenant se sont alors ajoutés des besoins de financements conséquents.
Pourquoi les négociations amiables ont-elles échoué ?
Il y avait une crispation assez forte liée à la chute rapide et inattendue de l’activité d’Ascometal et un climat de défiance réciproque s’est progressivement installé. Au fur et à mesure des négociations, le besoin de trésorerie s’accroissait et l’éventualité d’une procédure collective se profilait. Un schéma financier par apport de fonds nouveaux fut finalement trouvé, non sans difficulté. Mais il n’a pas été possible de résoudre les sujets de gouvernance (notamment par une golden share destinée à garantir les droits des banques) avant qu’Ascometal soit contrainte d’aller au redressement judiciaire.
Cette procédure a été plus rapide que d’habitude…
Il fallait trouver une solution rapide et solliciter des offres dans un laps de temps très court, ce qui a été le cas. La procédure a ainsi été ouverte le 7 mars, la date limite de dépôt des offres fixée au 7 avril, avec une audience le 14 mai, pour un jugement le 22 mai. Tout le monde s’est mobilisé et la data room était prête très en amont. Même si personne ne souhaitait cette issue, la procédure collective était une éventualité à laquelle nous nous étions préparés.
Comment l’offre de Frank Supplisson a-t-elle été retenue ?
Parmi les 13 offres totales ou partielles, l’ancien actionnaire a voulu se positionner pour éviter la liquidation dans l’éventualité où il n’y aurait personne. L’offre de Gerdau n’était pas la meilleure socialement, mais elle était plus solide sur le long terme compte tenu de la surface financière de ce candidat. L’aspect social, plus satisfaisant dans l’offre de Frank Supplisson malgré l’endettement important qui est prévu, a finalement été déterminant et a permis d’emporter la conviction du tribunal. Cette solution était privilégiée par le gouvernement et les syndicats.