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Private equity – Les sciences de la vie et la tech, cibles privilégiées des investisseurs
Parmi les secteurs scrutés de près par les dirigeants de sociétés de capital-investissement, les sciences de la vie – dont la santé – et la technologie ont particulièrement le vent en poupe : trois investisseurs sur quatre (75 %) prévoient d’investir dans ces industries dans les deux ans à venir. Telle est l’une des conclusions de la huitième édition du Global Private Equity Outlook du cabinet d’avocats Dechert, réalisée en partenariat avec Mergermarket et publiée mardi 2 décembre. Sans surprise, près d’un professionnel sur deux (45 %) interrogé considère que l’intelligence artificielle « sera l’une des technologies ayant le plus d’impact sur l’industrie du private equity dans les 12 à 18 mois ». De façon similaire à l’année passée (ODA du 20 novembre 2024), les problématiques antitrust restent aussi très présentes dans les esprits, notamment dans le contexte actuel : 47 % des participants anticipent un impact négatif de la « politisation » du contrôle des concentrations. Quant à l’examen relatif aux investissements étrangers, il prend de l’ampleur : une cinquantaine de régimes à travers plus d’une centaine de juridictions existent et les transactions examinées vont désormais bien au-delà des seuls sujets de défense. Les personnes interrogées sont partagées : 35 % y voient quelque chose de positif quand 43 % ont un avis négatif. Le rapport met aussi en exergue les différences en vigueur entre les Etats-Unis et l’Europe en matière de politiques d’ESG et de diversité, équité et inclusion (DEI), lesquelles deviennent de nouveaux enjeux pour le M&A (ODA du 26 juin 2024). Au final, 46 % des répondants de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) et 47 % des Nord-Américains indiquent que la divergence entre les deux continents sur ces sujets « constitue l’un des trois principaux obstacles à la levée de fonds ». Dans le climat actuel soumis aux turbulences, 49 % des répondants citent « les conflits géopolitiques » comme le facteur macroéconomique le plus susceptible d’influencer l’environnement transactionnel au cours des 12 à 18 prochains mois. Dans la région EMEA, cette proportion augmente même : 65 % des dirigeants y voient l’un des principaux obstacles au dealmaking. C’est dans ce contexte bien particulier que de plus en plus de répondants disposent d’un programme de co-investissement : ils sont 52 % à offrir à leurs Limited Partners « des opportunités de co-investissement dans des opérations de crédit privé réalisées avec les sociétés en portefeuille ». Près des deux tiers (64 %) se diversifient dans le but d’atténuer les pressions liées à la levée de fonds. Surtout, ils sont près de 77 % à prévoir de céder une quote-part de leur capital dans le cadre d’une opération de « GP-stake » – une prise de participation au capital de sociétés de gestion – dans les 24 prochains mois, un taux doublé par rapport à l’an dernier. « La liquidité est aujourd’hui le principal enjeu auquel sont confrontés les fonds de private equity. Le cycle est en train de s’enrayer : si les fonds ne parviennent pas à sortir de leurs participations, ils ne peuvent restituer l’argent à leurs investisseurs, lesquels ne réinvestissent alors pas dans les fonds suivants », estime Sabina Comis, managing partner de Dechert.
Exécutif – La Chancellerie se dote d’une direction à l’intelligence artificielle
Comment moderniser le service public de la Justice tout en veillant à encadrer et sécuriser ses usages ? Depuis plus d’un an, la place Vendôme travaille sur ce sujet et va désormais une étape plus loin en créant une nouvelle direction de programme intelligence artificielle au sein du secrétariat général du ministère. Celle-ci sera pilotée par Elise Farge Di Maria, nommée chef de projet IA en début d’année et qui prend donc à cette occasion du galon. La diplômée de Sciences Po Paris (2019), et d’un master spécialisé de HEC Paris, titulaire de l’examen d’entrée au CRFPA en droit pénal et procédure pénale, fut notamment produit manager au sein de l’application autour de l’art, Docent. Le ministère de la Justice avait récemment lancé une première campagne d’expérimentation « afin d’explorer l’opportunité d’un Assistant IA Justice au bénéfice des agents et des magistrats. Cette démarche est loin d’être isolée au sein des ministères. Il y a quelques jours, l’Etat a conclu lors du Sommet Adopt AI à Paris, un partenariat avec l’entreprise française spécialisée en intelligence artificielle juridique, Doctrine, pour mieux former les juristes de la fonction publique (ODA du 25 novembre 2025).
Délinquance – Quel est le profil type du « criminel en col blanc » ?
Un homme, entre 36 et 55 ans, respecté et présent depuis de longues années au sein de l’organisation, qui concentre des pouvoirs décisionnels et dispose d’un accès direct aux ressources. Tel est le portrait-robot de l’auteur d’une fraude en entreprise, d’après un rapport de KPMG qui repose sur l’analyse de 256 cas impliquant 669 personnes, examinés par les cabinets membres de son réseau international au cours des cinq dernières années. Quid des fraudes les plus courantes ? Il s’agit du détournement d’actifs, notamment le détournement de fonds, ainsi que les marchés publics frauduleux. Et comment ces auteurs sont-ils attrapés ? La méthode de détection la plus courante est « le signalement par des lanceurs d’alerte ou des sources informelles », indique le rapport. Surtout, le cabinet de conseil nous apprend que la commission de la fraude n’est généralement pas un acte d’un seul individu : plus d’une fois sur deux (55 %), les fraudes impliquent « la collusion de différents individus, généralement entre deux à cinq personnes ».