Maincare Solutions, un éditeur spécialisé dans les logiciels de santé, s’apprête à changer de main.
Le fonds américain Symphony Technology Group, actionnaire majoritaire depuis 2014 aux côtés du management, est entré en négociations exclusives avec Montagu Private Equity. Ancienne entité française du groupe américain McKesson Corporation, Maincare Solutions est un des principaux éditeurs et intégrateurs de solutions digitales dédiées aux professionnels de la santé. Le groupe s’est notamment fait connaître pour ses logiciels de gestion des dossiers des patients et de gestion administrative. Ces dernières années, il a également réalisé quelques build-ups lui permettant d’élargir son offre de produits. Il a par exemple repris Copilote, un éditeur de solutions dédiées à la logistique hospitalière, ou encore IDO-In, qui propose des plateformes d’échange et de partage de données de santé et des solutions de télémédecine.
Aujourd’hui principalement actif en France, il a récemment initié son développement à l’étranger et remporté plusieurs contrats au Grand-Duché. L’entreprise girondine a ainsi mis en place la plateforme E-Santé et le dossier de soins partagé luxembourgois, et remporté l’appel d’offres sur le dossier patient informatisé pour deux établissements de soins du pays. Une extension internationale qui devrait se poursuivre avec l’appui du nouvel actionnaire. Employant près de 600 salariés, Maincare Solutions a enregistré 69 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017, soit une croissance de près de 10 % par rapport à l’exercice précédent, et consacré 28 % de ses revenus aux investissements R&D. Symphony Technology Group est conseillé par Franklin avec Mark Richardson, associé, Viktoriya Bukina, of counsel, et Gaspard-Etienne Bats. Montagu Private Equity est accompagné par Linklaters avec Vincent Ponsonnaille, associé, et Edwige Berger en corporate ; Edouard Chapellier, associé, et Alexandra Mourlon en fiscal ; Paul Lignières, associé, Pierre Sikorav et Clémence Graffan pour les aspects droit public et droit des investissements étrangers ; Kathryn Merryfield, associée, et Neeloferr Roy en financement, Pauline Debré, associée, Sonia Cissé et Jean-François Merdrignac pour les aspects IP/TMT ; Lionel Vuidard, associé, et Anne Cognet en droit social. L’équipe dirigeante de Maincare Solutions est épaulée par Levine Keszler avec Serge Levine, associé, et Pierre Plettener en corporate ; ainsi que par le cabinet Cazals Manzo Pichot pour les aspects fiscaux avec Bertrand de Saint Quentin, associé, et Aurélie Urvois.
Le conseil de Symphony Technology Group : Mark Richardson, associé chez Franklin
Symphony Technology Group a repris Maincare Solutions en 2014. Comment la société a-t-elle évolué depuis ?
Symphony avait orchestré le carve-out de la société, qui à l’époque était une filiale du groupe pharmaceutique américain McKesson. Depuis, Maincare Solutions a fortement élargi sa clientèle, grâce à une stratégie commerciale efficace définie par son président Christophe Boutin. La société est aujourd’hui présente auprès des acteurs publics, comme privés, du secteur de la santé et s’est récemment ouverte aux professionnels de l’assurance. A cette croissance organique, se sont également ajoutées quelques acquisitions.
Comment s’est préparé le process de sortie ?
Un appel d’offres a été lancé, piloté par Arma Partners. Plusieurs industriels et fonds d’investissement ont manifesté des marques d’intérêt. Une short list a été établie, puis les discussions se sont accélérées. Montagu a su se démarquer tant au niveau financier que stratégique, convaincant ainsi le fonds vendeur comme les managers.
Quelles sont les caractéristiques de l’opération ?
Il s’agit d’un LBO assez classique en termes de structuration. La principale difficulté a consisté à respecter un calendrier serré afin de parvenir à un accord sur le SPA et sur le management package assez rapidement.
Par ailleurs, l’opération reste soumise à des conditions suspensives, notamment l’accord du ministère des Finances dans le cadre du contrôle des investissements étrangers ; le secteur de la santé étant soumis à cette procédure d’autorisation.
Symphony est un fonds américain, peu présent en France. Ont-ils été surpris par certaines pratiques du marché du capital-investissement français ?
En tant que conseil, notre rôle est d’expliquer les différences de pratiques qui peuvent exister d’un pays à l’autre. En l’occurrence, les déclarations et garanties, comme les indemnisations, ne sont pas traitées de la même manière outre-Atlantique. Il existe également une plus grande liberté en termes de structuration, avec une souplesse plus importante au niveau de l’émission et de l’utilisation des différents types d’instruments financiers