Née en octobre dernier et structurée autour du réseau alumni du Master 2 Communication juridique de l’université Panthéon-Assas, l’Association des communicants juridiques de Paris (ACJP) a pour but d’accompagner le développement de la communication juridique et judiciaire en France. Présentation avec Anthony Gibert, consultant senior chez Vae Solis Communications, et Thuy-My Vu, chargée de communication au sein du cabinet Gide, respectivement président et secrétaire générale de l’association.
Quelle est la genèse de la création de l’ACJP ?
Anthony Gibert : L’idée nous est venue lors d’une discussion informelle entre ex-étudiants du Master 2 Communication juridique de l’université Paris 2 Panthéon-Assas, qui est actuellement le seul diplôme universitaire dédié à cette pratique en France. La profession compte dans ses rangs, outre des personnes issues de cette formation, des profils et des parcours très variés (anciens avocats, diplômés de cursus en communication plus généraux, de Sciences Po…), et le secteur est de plus en plus porteur à Paris. Avec le soutien d’Assas, nous avons donc souhaité faire le pont entre le monde universitaire et professionnel de la communication juridique et judiciaire, en créant cette association hybride structurée autour du réseau des alumni et comprenant des professionnels en exercice, qu'ils officient en cabinet d’avocats, en agence, ou au sein d’organisations telles que le barreau de Paris ou encore le Conseil supérieur du notariat (CSN).
Thuy-My Vu : En agence de communication, de conseil ou en cabinet d’avocats, le constat est le même : la discipline est encore trop méconnue en France. Il nous a donc paru important de participer à la structuration du marché tricolore de la communication du droit et de faciliter la constitution du réseau alumni du Master 2 d’Assas, et ainsi de mieux faire connaître à la fois notre pratique et ce diplôme.
Concrètement, que va apporter cet adossement au Master 2 Communication juridique d’Assas aux professionnels, et vice versa ?
A. G. : L’intérêt immédiat pour les professionnels en exercice sera de mieux connaître les différents travaux universitaires qui sont menés en la matière, et d’enrichir ainsi leur réflexion au quotidien. Les chercheurs, qui restent souvent très théoriques et juridiques, pourront quant à eux voir ce qu’il se passe sur le terrain. Le but est de créer un environnement « win-win » entre ces deux mondes, qui sont souvent assez éloignés. Par exemple, dans les prochains mois, nous envisageons d’emmener des étudiants en immersion en entreprise pour découvrir les différentes facettes de la communication juridique, qui recouvre elle-même divers métiers.
Outre cette immersion des étudiants dans le monde de la communication juridique, quelles autres initiatives souhaiteriez-vous mettre en place ?
T-M. V. : Nous souhaitons notamment proposer aux professionnels de la communication juridique de participer à des travaux universitaires, et d'organiser des événements réguliers tels que des débats et des colloques afin de mutualiser les bonnes pratiques dans une profession qui évolue très vite. L’idée est de mêler réflexion et convivialité afin que ces acteurs d’horizons très variés, y compris des étudiants, puissent échanger d’abord d’un point de vue formel dans le cadre des événements, puis de manière plus informelle pour partager leurs parcours, leurs fiertés et leurs difficultés. Il nous semble important que les plus jeunes prennent une part active à ces débats afin de créer un réseau entre toutes les générations. Et puisque l’on souhaite mêler pratique professionnelle et vision académique, une fois ces premiers événements mis en place, notre autre axe de travail sera de produire des articles de réflexion un peu hybrides, entre tribunes et textes universitaires, en rebond à une actualité liée à la profession ou à un texte de loi.
Une fois ces premiers jalons posés, comment voyez-vous l’évolution de l’association ?
A. G. : Notre objectif est tout d’abord de regrouper la plupart des équipes communication des grands cabinets d’avocats, mais aussi des talents issus d’agences ou d’autres structures. A ce stade, nous avons déjà eu plusieurs sollicitations spontanées de directeurs de la communication pour partager des informations ou proposer à des étudiants de faire des immersions dans certains cabinets, sous forme de mentorat. Nous commençons également à réunir des personnes qui font de la recherche ou des thèses dans ce domaine, y compris ceux qui réalisent des travaux dits de « sociologie judiciaire ». En bref, nous aimerions ramener à nous les personnes les plus passionnées pour chaque pôle de la communication juridique. Et, à terme, nous envisageons aussi de mener des travaux conjointement avec nos homologues côté presse juridique afin que l’information et la communication dialoguent en bonne intelligence.