Fidal vient de réunir l’ensemble de ses équipes régionales et parisiennes « Règlement des contentieux » pour échanger sur leurs pratiques et faire le point sur les évolutions du droit, notamment en matière de droit de la preuve. Retour sur ce rassemblement annuel, conduit par Brigitte Petitdemange, associée, aux commandes de ce département.
Quels étaient les objectifs poursuivis lors de cette rencontre ?
Cet événement nous a permis de nous retrouver pour renforcer nos liens. Du fait de la diversité de nos compétences et de notre maillage territorial, nous sommes en effet fréquemment amenés à travailler ensemble. Il est donc indispensable de se connaître pour avoir des échanges fluides et efficaces. Dans le cas d’une affaire devant la juridiction de Marseille par exemple, gérée depuis Paris, il est crucial que l’avocat parisien puisse appeler son homologue en région pour lui demander d’intervenir auprès de celle-ci, qu’il connaît mieux… En résumé, ces échanges constants et ces synergies au sein du cabinet, nous permettent d’optimiser le traitement des dossiers clients, mais également de monter en compétence, en permanence.
Quels sont les grands sujets cette année, en matière de droit de la preuve ?
Nous avons souhaité une séquence sur l’évolution du droit « de » la preuve vers un droit « à » la preuve, confronté au respect de la vie privée, du secret des affaires, du secret professionnel… et donc au pouvoir d’appréciation du juge du fond : le contentieux de la preuve devient ainsi très factuel. Une tendance lourde que nous notons également concerne la loyauté de la preuve, dont l’appréciation diffère selon que vous êtes au civil ou au pénal. De notre côté, cela nous oblige à anticiper davantage notre stratégie judiciaire.
Que pensez-vous de l’essor du « legal design », ces nouveaux profils, à cheval entre le monde digital et juridique ?
De façon générale, les clients (jeunes start-up ou non) ont une forte demande dans ce domaine. Ils attendent de l’avocat de mieux expliciter le droit, de le rendre plus accessible, plus opérationnel, notamment à travers nos documents. Pour cela, nous devons être attentifs à leurs besoins, échanger constamment avec eux, créer plus de confiance et plus de transparence, apporter des réponses personnalisées, ne pas être uniquement des « techniciens » du droit et de la procédure. Nous sommes constamment formés à ces nouvelles dimensions de notre profession et notre équipe, composée de 121 avocats, est clairement dimensionnée pour faire face à ces défis.
Quelles sont les perspectives futures pour Fidal ?
Notre département contentieux est en forte évolution et il trouve bien sa place au sein du cabinet, créant de nombreux ponts avec les métiers du conseil. Nous notons une progression de nos honoraires de 10 % et, il est prévu une montée en puissance au cours des prochaines années. Pour ce faire, nous avons une politique volontariste de recrutement. Nous multiplions également les rencontres entre pairs, via des communautés techniques et thématiques, qui nous permettent de remonter et de mesurer les problématiques des entreprises, de forger nos argumentaires, de partager les positions des juges, comme ce fut le cas notamment sur les baux commerciaux lors de la pandémie. Si je devais résumer nos enjeux à venir, je vous dirais, en cette sortie de crise sanitaire : remettre de l’humain dans les relations entre nous et avec nos clients, capitaliser sur nos expériences partagées, communiquer plus efficacement et, enfin, continuer à nous investir sur les sujets d’actualité.