La start-up rennaise Leocare bouscule le monde de l’assurance. Après avoir fait un premier tour de table de 15 millions d’euros en janvier dernier, le néo-assureur, qui propose une offre diversifiée et 100 % numérique en matière d’assurance (habitation, autos/motos ou smartphones), vient d’opérer une nouvelle levée de fonds de 110 millions de dollars (près de 97 millions d’euros).
Un record pour le secteur. Le tour de table a été conduit par Eight Roads avec la participation des investisseurs historiques, Felix Capital, Daphni et Ventech. « Il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que les start-up sont performantes, à Rennes aussi on peut écrire de belles histoires », a indiqué Christophe Dandois, qui dirige l’entreprise aux côtés d’un autre acteur de la transformation numérique, Noureddine Bekrar. Créée en 2017 à Cesson-Sévigné (35), Leocare revendique plus de 52 000 clients, pour un chiffre d’affaires total de 27 millions d’euros. Les deux dirigeants misent sur une progression significative de leurs revenus en 2022 pour atteindre 100 millions d’euros. L’assureur envisage de poursuivre sa croissance en doublant ses effectifs pour renforcer sa présence en Europe du Sud. Hogan Lovells a accompagné Felix Capital, Daphni et Ventech avec Hélène Parent, associée, Gautier Valdiguié et Charlotte Berger, sur le volet corporate. Jones Day a conseillé Eight Roads avec Charles Gavoty, associé, Alexandre Wibaux, Hortense Fouilland, Jeanne Plé, Patricia Jimeno et Yves Gillard, en private equity ; Philippe Goutay, associé, en marchés financiers ; Camille Cournot, sur les aspects de droit social ; Olivier Haas, associé, Hatziri Minaudier, sur le volet cybersécurité ; Nicolas André, associé, Théo Piazza, en droit fiscal ; et Edouard Fortunet, associé, en propriété intellectuelle. Et enfin, Sandra Aloui et Nelly Achille sont intervenues auprès de Leocare, sur le volet corporate et M&A.
Le conseil des fonds : Hélène Parent, associée chez Hogan Lovells
Qu’est-ce qui explique, selon vous, l’engouement des fonds pour ce « néo-assureur » ?
Leocare est une société d’assurance multiservices qui a su montrer son adaptabilité durant la pandémie. A titre d’exemple, la souplesse de ses contrats a permis à certains de ses clients de voir baisser leur prime d’assurance automobile lors de la souscription. Autre point fort, l’agilité de leur modèle économique : chaque proposition commerciale est adaptée en fonction des clients. L’entreprise ambitionne de s’étendre en Europe et principalement en Espagne. Dans ce pays, il y a une forte marge de progression car le marché est encore peu doté d’assurances 100 % en ligne, contrairement à l’Allemagne ou au Royaume-Uni. Notre client a donc pour projet de monter en puissance dans la péninsule ibérique dans les années à venir. A ce jour, Leocare compte 90 collaborateurs, répartis entre Paris, Rennes et Madrid. Grâce à cette nouvelle levée de fonds, il est prévu de renforcer significativement les équipes actuelles. Plus globalement, il y a un engouement fort de la part des investisseurs pour les secteurs de la tech en général, et pour les fintech et assurtech en particulier.
En quoi cette levée de fonds est-elle différente des précédentes ?
Les fonds Felix Capital, Daphni et Ventech ont déjà investi 15 millions d’euros il y a quelque mois alors que l’entreprise avait seulement quatre années d’existence. Le fait que Leocare ait réussi à relever une somme aussi importante, si rapidement, est révélateur de l’engouement des investisseurs pour ce type de société. En effet, le secteur des assurances en ligne est en pleine mutation et présente de belles perspectives de croissance futures. De plus, les acteurs sont encadrés sur un marché fortement réglementé. C’est aussi l’une de nos forces, cette expertise réglementaire, en particulier dans le secteur de la fintech et insurtech.
De quelle manière s’est déroulé le process d’investissement ?
Cela a été extrêmement rapide avec un closing en seulement quelques semaines. D’une part, le process se simplifie au fur et à mesure que la thèse d’investissement est validée par les résultats de l’entreprise. Nous avons adapté nos process par la sophistication de la documentation et la transposition des pratiques internationales que nous avons anticipé dès la Série A pour ce nouveau tour de table. Et, d’autre part, nous avons dû aligner les intérêts des investisseurs historiques qui participaient à l’opération (Felix Capital, Daphni et Ventech), avec les nouveaux entrants. Et, enfin, la dématérialisation du closing nous a permis d’en faciliter l’exécution. Pour tenir des délais de plus en plus serrés, l’expérience et la coordination entre les différentes parties reste la clé.