Sous LBO depuis quatre ans avec Charterhouse, Webhelp, acteur mondial de l’externalisation de la relation client fondé par Olivier Duha et Frédéric Jousset, a choisi KKR pour lui succéder en tant que partenaire financier.
Les termes de transaction n’ont pas été dévoilés, mais la presse évoque une valorisation d’environ 1 milliard d’euros. KKR devient actionnaire majoritaire au côté du management qui détient quant à lui la majorité des droits de vote. Le fonds américain a remporté la mise dans la dernière ligne droite aux dépens d’Apax et de Cobepa. Webhelp a vu son chiffre d’affaires augmenter de 265 % ces quatre dernières années et vise 725 millions d’euros de revenus pour 2015. KKR était conseillé par Latham & Watkins, avec Thomas Forschbach, associé, Alexander Crosthwaite, Louis Paumier, Cécile Antoine-Melon et Marie-Sarah Dib en corporate, François Proveau et Marion de Castelbajac en social, Michel Houdayer, counsel, en financement, et Xavier Renard, associé, en fiscal, ainsi que par EY Société d’Avocats pour la due diligence et le structuring fiscal, avec Jean-Philippe Barbé, associé, et Anne-Laure Drouet. Il était également conseillé par Simpson Thacher & Bartlett en financement. Charterhouse avait pour conseil une équipe franco-britannique d’Ashurst avec, à Paris, Nicolas Barberis, associé, Julien Rebibo, Sébastien Ouvry en corporate, et Stéphanie Corbière, associée, en financement. Les fondateurs et le management étaient assistés par Scotto & Associés en corporate, avec Lionel Scotto le Massese, Claire Revol-Renié, associés, Adrien Badelon et Julie Barféty, par Jeausserand & Associés en fiscal avec Jérémie Jeausserand, associé, ainsi que par Mayer Brown pour la structuration, avec Laurent Borey, Olivier Parawan, associés, et Nicolas Danan.
L’interview : Olivier Duha, coprésident de Webhelp
Pourquoi avez-vous retenu l’offre de KKR ?
La stratégie de Webhelp est claire pour les cinq prochaines années. Nous voulons continuer à développer la société à l’international et développer de nouveaux produits, de nouvelles activités. Le métier du BPO (business process outsourcing) comprend en effet de nombreux sous-segments qui évoluent à des rythmes différents et peuvent présenter des opportunités de développement pour Webhelp, via des opérations de croissance externe. Ce marché est en phase de consolidation mais reste très fragmenté, et Webhelp entend bien jouer un rôle de consolidateur. Nous cherchions donc le partenaire le plus à même de maximiser nos chances de réussite. KKR avait l’avantage de la taille, de l’empreinte internationale, de la marque et de l’expertise sectorielle. Il présentait donc le plus de facteurs positifs et discriminants permettant de soutenir le management dans sa stratégie. Nous partageons par ailleurs les mêmes valeurs et la même vision pour l’avenir de Webhelp. Ce sont surtout ces éléments qui ont compté, davantage que les conditions financières qui étaient sensiblement les mêmes chez les trois candidats.
Pourquoi avez-vous préféré un nouveau LBO plutôt qu’une sortie industrielle ou une IPO ?
Un adossement à un industriel n’aurait pas eu de sens. Nous sommes entrepreneurs-fondateurs et actionnaires importants. Nous voulons être acteurs de la consolidation du secteur, donc un adossement n’a jamais été envisagé. L’éventualité d’une IPO a en revanche été discutée. Nous avons toutefois estimé que Webhelp est encore dans une phase de développement dans laquelle le LBO apporte une indépendance, une flexibilité et une agilité supérieures, avec des ressources adéquates. Nous sommes habitués depuis plusieurs années à travailler avec cette gouvernance qui nous a réussi, nous ne voyions donc pas l’avantage d’une IPO. Etre coté implique beaucoup de contraintes, notamment de reporting, au sein d’une communauté financière qui peut réagir d’une manière disproportionnée à certaines informations. Un processus d’IPO est par ailleurs long, risqué et très cher. En termes de valorisation, nous avons trouvé le juste équilibre avec le LBO.
Comment l’opération est-elle financée ?
Elle est financée uniquement en dette senior, que nous n’avons pas prévu de refinancer sur les marchés pour l’instant. Pour le choix du nouveau partenaire, nous exigions d’ailleurs un niveau de dette raisonnable, inférieur à ce qu’on a coutume de voir dans le private equity. Ce financement nous permet de faire des build-up avec effet de levier sans être trop dilués. En cas de nécessité d’augmenter le capital, KKR nous a rassurés quant à sa capacité à accompagner une éventuelle opération structurante.
Quelles sont les prochaines étapes de développement de Webhelp ?
Nous avons déjà identifié des cibles pour d’éventuelles acquisitions. Nous voulons avant tout terminer de marquer notre empreinte en Europe, notamment en langue espagnole et dans les pays du Nord, via plusieurs acquisitions. Et nous préparons notre entrée sur les marchés d’Amérique du Nord et du Sud. Cette zone est essentielle pour notre ambition de faire partie du top 5 du secteur du BPO.