Philippe Derouin vient de quitter le bureau parisien de Skadden Arps pour fonder sa boutique dédiée au contentieux fiscal et à la fiscalité des transactions.
Installé au 140, rue du faubourg Saint-Honoré, le fondateur a vocation à accompagner des entreprises – ETI et grandes entreprises – sur l’ensemble de leurs contentieux ou précontentieux face à l’administration fiscale, et à les assister dans leurs transactions, au plan national ou international. Il intervient également en matière de rescrits fiscaux, de lobbying et de responsabilité civile professionnelle. Un saut dans l’inconnu pour cet avocat qui constitue l’une des plus grandes figures du droit fiscal en France. «J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie, mais je n’avais jamais monté mon propre cabinet. Je me lance une sorte de défi, aujourd’hui», reconnaît-il avec le sourire. Effectivement, Philippe Derouin n’a pas chômé durant les quarante-cinq dernières années. Diplômé de l’IEP de Paris (1967), titulaire d’une licence en sciences économiques (Paris, 1968) et du diplôme d’études comptables supérieures (1970), l’homme a débuté comme auditeur chez Arthur Andersen. Assez peu motivé par son métier, il décide de reprendre ses études pour s’engager dans la voie juridique. Le succès est rapide et l’intérêt grandissant. Collaborateur chez Goldsmith Chartier Delvolvé en droit fiscal (1971-1975), il devient docteur en droit en 1976. Alors qu’il prépare l’agrégation, il rejoint le Cridon (Centre de recherches d’information et de documentation notariales) comme consultant et passe deux ans à s’occuper de régimes matrimoniaux et de droit des successions. Tenté par un avenir d’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, il s’inscrit à la Conférence du stage et en devient Premier secrétaire. Mais la réforme de 1987 freine ses ambitions, le Conseil d’Etat n’étant plus une juridiction d’appel en droit fiscal. Gide Loyrette Nouel lui offre alors de succéder à Jean-Paul Mesny. «Je venais de passer dix ans à faire du contentieux et les fiscalistes de Gide Loyrette Nouel se positionnaient à l’époque surtout en conseil. J’ai néanmoins tenté l’expérience», se rappelle-t-il. Le succès ne se fait pas attendre bien longtemps, puisqu’il est coopté au rang d’associé un an après son arrivée, en 1988. En 1999, il suit Thierry Vassogne chez Linklaters avec lequel il s’impose sur quelques belles transactions comme l’OPE d’Air France sur KLM ou la fusion de Seita et Tabacalera. Ayant atteint la limite d’âge pour rester associé chez Linklaters, Philippe Derouin rejoint en 2008 le bureau parisien de Skadden Arps pour prendre en charge l’équipe «tax». Mais après près de trente ans passés dans de grandes structures, l’avocat souhaite aujourd’hui être chez lui. «Les grandes maisons ont longtemps attiré la crème des fiscalistes, mais n’ont jamais gêné le développement de boutiques spécialisées remarquables», constate-t-il avec optimisme.