Brut, média en ligne spécialisé dans les contenus vidéo, a réalisé une levée de fonds (série B) de 40 millions de dollars (35,8 millions d’euros), principalement auprès des fonds Red River West et Blisce.
L’opération valoriserait la plateforme près de 130 millions d’euros, soit plus du double de la valeur estimée en juillet 2018, date à laquelle l’entreprise avait levé 10 millions d’euros pour installer une équipe de production de vidéos aux Etats-Unis. L’ensemble des investisseurs historiques de Brut, américains pour la plupart, participent à cette nouvelle opération dont les fonds d’investissement Cassius et Next World Capital, les financiers Aryeh Bourkoff, président fondateur de Lion Tree Capital, et Eric Zinterhofer, ou encore Bpifrance. Déjà rentable en France et fort de sa croissance aux Etats-Unis, Brut, qui a des bureaux en France, en Chine, au Royaume-Uni, au Mexique, au Japon, en Espagne et à New York, va pouvoir accélérer significativement son développement international et investir massivement dans la technologie et l’analyse du langage naturel. L’entreprise a par ailleurs annoncé la nomination de Rodolphe Belmer, ancien patron de Canal+ et actuel directeur général d’Eutelsat, au poste de vice-président du comité stratégique de l’entreprise. Lancé à Paris en 2017 par Renaud Le Van Kim, Guillaume Lacroix, Roger Coste et Laurent Lucas, Brut est accessible dans près de 60 pays et enregistre 30 millions de spectateurs actifs quotidiens dans le monde. Il génère chaque mois 250 millions de spectateurs uniques et 3 milliards d’impressions. Le média, qui table sur un chiffre d’affaires compris entre 7 et 10 millions d’euros pour 2019, connaît une croissance rapide et touche déjà 6 % des 18-34 ans dans le monde. Disponible aux Etats-Unis depuis dix-huit mois, la plateforme y est déjà classée deuxième page média la plus consultée sur Facebook avec 252 millions de vidéos vues. Cette nouvelle levée de fonds va aussi permettre à Brut d’étoffer son équipe d’une quarantaine de personnes. Basées à New York, elles seront chargées de déployer l’offre de contenus sur les autres plateformes sociales comme SnapChat, Instagram, YouTube et TikTok et de développer une offre de séries coproduites avec ces dernières. D’Alverny Avocats a conseillé Brut avec Guillaume Schmitt, associé, Véronique Mervoyer, Vincent Vercelli et Lina Baouche en corporate. Baker McKenzie a conseillé Red River West et Blisce avec Matthieu Grollemund, associé, Hélène Parent et Madalina-Georgiana Asandului en corporate.
Le conseil de Brut : Guillaume Schmitt, associé chez d’Alverny Avocats
Quels sont les facteurs expliquant le succès de cette nouvelle levée de fonds et quel a été votre rôle ?
En dehors du business model et de l’approche éditoriale forte de ce média social qui, en soi, ont permis d’attirer des investisseurs de premier plan, une des forces de l’équipe des fondateurs, que nous accompagnons depuis le début, est d’avoir su adopter l’état d’esprit «start-up» recherché par des capital-risqueurs, et de veiller à favoriser la liquidité des investissements qu’ils attirent. Cette approche est d’ailleurs la leur depuis le premier tour de table. Dans cette opération, menée au demeurant dans un cadre juridique franco-français, notre rôle a été de faire évoluer les mécanismes juridiques mis en place au tour précédent pour faire en sorte qu’ils répondent aux demandes des nouveaux entrants (garanties, clauses du pacte). De leur côté, les investisseurs, existants ou entrants, ont su s’accorder entre eux sur la gouvernance, ce qui est indispensable à la réussite de l’entreprise.
Est-ce que la réactivité est déterminante dans ce type d’opération ?
Oui car entre la sélection des deux fonds, Red River West et Blisce, et le closing de l’opération, très peu de temps s’est écoulé au final. Quand on a affaire – comme c’est le cas ici – à une entreprise qui doit gérer une phase d’hyper-croissance, cela se traduit pour nous par une période de travail intense sur une période très courte. L’investissement des différents membres de l’équipe selon les phases du dossier a été déterminant, d’autant plus qu’au même moment, peu ou prou, notre cabinet participait à d’autres opérations d’envergure.
Comment voyez-vous évoluer l’intérêt des investisseurs pour les start-up, notamment dans le secteur des médias ?
L’intérêt est toujours croissant, de notre perspective en tout cas. Les dossiers de venture pur dans le secteur des médias nous semblent toutefois plus rares. Ce dossier est pour nous une exception dans la mesure où nous intervenons plutôt sur des investissements dans des sociétés purement «tech», même si cette composante est essentielle dans le succès de Brut.