Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Qui la dirige
Dans le secteur des travaux publics, où les femmes sont rares, Camille Roux affirme son tempérament à la fois audacieux et opiniâtre. Des qualités indispensables pour cette touche-à-tout inspirée, mue par le goût du défi, qui ne redoute rien moins qu’un quotidien routinier. Native de Poitiers, célèbre notamment pour sa faculté de droit, elle s’oriente spontanément vers des études juridiques et obtient un DEA en droit de la propriété intellectuelle, auquel viendront s’ajouter un Master 2 droit des affaires ainsi qu’un MBA management de l’entreprise. Une formation plurielle, à l’image de son chemin professionnel, qui l’emmène d’abord, au début des années 2000, dans des pépinières de start-up où elle accompagne des projets numériques, en tant que juriste. Après une pause forcée, elle endosse en 2008 le rôle d’assistante de justice auprès du président du tribunal de grande instance de Tulle en Corrèze. «J’y ai appris durant deux ans la justice de proximité, dans toute sa splendeur et toute sa misère», confie-t-elle. Femme d’action, «préférant faire le droit, plutôt que de le dire», Camille Roux prend son envol en 2011, en intégrant le plus grand projet de génie civil européen de l’époque, au sein de Cosea, le groupement en charge de la conception-construction de la ligne à grande vitesse Sud-Europe-Atlantique et filiale du groupe Vinci, dont elle devient la directrice juridique en 2015. «Il a fallu gérer, en un temps record, le marché principal de plus de 6 milliards d’euros, les contrats avec les sous-traitants, les procédures d’expropriation, le volet environnemental du chantier et les litiges, incontournables, sur ce type de chantier hors norme», commente-t-elle. Après une telle expérience, Camille Roux veut perpétuer son goût du collectif, mais tourné cette fois vers l’intérêt général. C’est ainsi qu’elle devient en 2019 la directrice des affaires juridiques de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP).
Comment elle s’organise
Sept juristes aguerris composent la direction des affaires juridiques de la FNTP, dont le maître mot est d’agir au service de ses 8 000 entreprises adhérentes. Concrètement, il s’agit d’assurer un haut niveau de services à chaque entreprise, mais aussi de défendre les intérêts de la profession et de promouvoir les meilleures conditions de développement du marché des travaux publics. «Il est nécessaire d’être à la fois dans l’anticipation, la réaction et l’action», assène Camille Roux, qui, une nouvelle fois, met à profit sa vision juridique, économique et financière des sujets. Sa direction s’appuie sur trois pôles pour mieux coordonner ses actions : un pôle «affaires réglementaires» où le suivi et la proposition de textes occupent une place prédominante, un pôle «affaires contractuelles» attaché à apporter une aide opérationnelle aux adhérents et un pôle «corporate». Pour croiser les regards, prendre le pouls des chantiers et définir une doctrine pour la profession, la direction des affaires juridiques est rattachée à la commission «droit et marchés» de la FNTP composée d’entrepreneurs et présidée par Emmanuèle Perron, vice-présidente de la FNTP et du Groupe NGE. «Nos missions s’inscrivent pleinement dans l’écosystème de la FNTP avec une prime à l’innovation, à l’anticipation et à la prospective», résume Camille Roux.
Comment elle se positionne
La direction des affaires juridiques est directement rattachée à Julien Guez, directeur général de la FNTP, et occupe une place de choix en matière de gouvernance. «Notre travail offre un socle sécurisant pour pouvoir défendre les intérêts de nos adhérents, dans tous les domaines qui impactent leur quotidien, qu’il s’agisse de marchés publics, d’assurances, de concurrence, ou encore de transparence. Et nous l’avons pleinement prouvé durant la phase aiguë de la pandémie où nous avons répondu présents face aux nombreuses questions qui se sont posées, principalement sur les chantiers, souligne Camille Roux. Notre cheval de bataille est aujourd’hui de relancer la commande publique. Pour ce faire, nous œuvrons notamment auprès des pouvoirs publics en faveur de mesures de simplification, sans oublier notre contribution active à la réécriture des cinq cahiers des clauses administratives générales utilisés par les acheteurs publics.»
Qui la conseille
La commission «droit et marchés» est l’instance qui lui permet, grâce à son maillage de dirigeants, de directeurs financiers et de juristes ainsi que par son ancrage territorial, d’identifier les problématiques rencontrées par la profession et de définir des actions à mener. Camille Roux et sa direction s’adjoignent également les compétences d’un groupe juridique de près de 80 personnes composé de directeurs juridiques et de juristes d’entreprise du secteur. Par ailleurs, autour du professeur en droit public Yves Gaudemet, plusieurs avocats de renom constituent cette fois un comité juridique pour apporter leurs éclairages sur des sujets précis. Ainsi, François-Régis Boulloche, Raphaël Crespelle, Philippe Goossens, Christophe Lapp, Romaric Lazerges, Roland Sanviti et Serge-Antoine Tchekhoff notamment y apportent leurs expertises en marchés publics, droit pénal des affaires et droit de l’environnement.