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Profession - Des cabinets d’avocats ébranlés par la crise sanitaire mais résilients
Le bimensuel Juristes Associés publie chaque année une radiographie des cabinets d’avocats d’affaires en France. Réalisée en avril en interrogeant près de 230 cabinets, l’édition 2020 l’affirme : «Le changement, c’est maintenant !» De fait, comme le souligne l’étude qui intègre dans son analyse les retombées de la crise sanitaire, toutes les tendances transformationnelles technologiques, économiques et sociétales, qui émergeaient depuis quelques années, ont trouvé avec la crise sanitaire un point de convergence et d’accélération. Les modèles sont plus que jamais repensés : espace de bureaux, modes de travail, culture d’entreprise, formation, équipe, recrutement et évolution de carrière, leadership et management. Mais en attendant de procéder à une remise à plat de certains volets de la gouvernance et de la politique RH, des baisses de chiffre d’affaires sont déjà annoncées (entre 7 et 20 %). Ainsi, 29 % des cabinets interrogés estiment que la crise de la Covid-19 aura un impact négatif majeur sur leur chiffre d’affaires (- 20 % ou plus) et 35 % d’entre eux pensent que les retombées seront moyennement négatives (- 10 %). Par conséquent, 63,1 % des répondants bloquent ou retardent leurs investissements mais seulement 30 % d’entre eux freinent sur les coûts généraux en les abaissant à la marge de 5 %. Plus de 20 % disent même n’envisager aucune révision à la baisse. Chez les associés, l’austérité passe à 8 % par une non-distribution des bonus 2019, un retardement de cette distribution (30 %) et une baisse temporaire de la rémunération des associés (48 %), tandis que pour 14 %, la crise n’a entraîné aucun changement. Autres enseignements intéressants de l’étude, on y apprend que les femmes représentent 43,3 % des associés «non equity» (sans parts au capital) et que si Fidal, EY Société d’avocats et CMS Francis Lefebvre Avocats trustent les trois premières places en taille, ce sont les cabinets Lavoix (73 millions d’euros avec 75 productifs ou «fee earners»), Latham & Watkins (95 millions d’euros avec 110 productifs) et Darrois Villey Maillot Brochier (78,5 millions d’euros pour 72 productifs) qui forment le trio de tête en termes de chiffre d’affaires par productif. Les meilleures évolutions en chiffre d’affaires sur la période sont réalisées, en ordre décroissant, par Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP), Morvilliers-Sentenac Avocats et Ashurst. Les trois cabinets affichant les chiffres d’affaires les plus importants en 2019 sont dans l’ordre décroissant Clifford Chance (128,8 millions d’euros), White&Case (121,4 millions d’euros) et Hogan Lovells (106,1 millions d’euros).
Compliance - Prévention de la corruption : la France peut mieux faire
Dans un rapport (1) publié le 1er octobre, le Groupe d’Etats contre la corruption du Conseil de l’Europe (Greco) constate certaines avancées concernant les parlementaires, comme le contrôle des frais de mandat des sénateurs, le dispositif de gestion des conflits d’intérêts et la réglementation relative aux cadeaux au sein des deux assemblées, ainsi que la publication sur Internet des cadeaux et invitations déclarés par les députés. Il appelle par ailleurs à la poursuite de ces avancées, en particulier concernant le contrôle des frais de mandat des députés et la publication en ligne des déclarations de patrimoine des députés et sénateurs. Le Greco regrette cependant que les progrès relevés dans ses précédents rapports concernant le pouvoir judiciaire ne se soient pas poursuivis. Plusieurs recommandations concernant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) restent toujours non ou incomplètement traitées, plus de six ans après l’adoption du premier rapport sur le sujet en 2013. Ces recommandations appellent à concentrer le pouvoir disciplinaire à l’égard des juges entre les mains du CSM et à aligner le mode de nomination et la procédure disciplinaire à l’égard des procureurs sur ceux des juges. Compte tenu de ces conclusions, la procédure de non-conformité prend fin et le Greco poursuit donc sa procédure régulière de suivi à l’égard de la France, qui devra lui communiquer, d’ici septembre 2021, un rapport sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des six recommandations (sur onze) encore en suspens.
(1) rm.coe.int/quatrieme-cycle-d-evaluation-prevention-de-la-corruption-des-parlement/16809fc275