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Eté 2015: De Gaulle Fleurance, les départs s’accumulent

Publié le 8 juillet 2015 à 16h11    Mis à jour le 20 octobre 2017 à 15h13

Ondine Delaunay

Les départs s’accumulent chez De Gaulle Fleurance & Associés. Et selon les chasseurs de têtes, ce n’est que le début de l’hémorragie, car les CV des associés, des collaborateurs et des salariés du cabinet tourneraient sur la place.

Trois associés ont déjà quitté le navire : Stéphanie Roy a rejoint STCPartners en mars (ODA 252), Didier Bruère-Dawson a intégré Brown Rudnick en juin (ODA 264) et Guillaume Ansaloni vient d’être annoncé chez Watson Farley & Williams. Charles Moulette a également annoncé son départ, mais sa destination demeure pour l’instant confidentielle. Contactés par la rédaction, les deux fondateurs de la structure ont refusé de commenter ces départs. Des mouvements qui s’expliqueraient notamment par la récente condamnation d’Henri-Nicolas Fleurance par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire Ricci. Rappelons tout d’abord que l’avocat a interjeté appel du jugement qui l’a condamné à un an de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende. Il a également été déclaré solidaire du paiement des sommes que l’héritière de Nina Ricci doit au fisc français (environ 10 millions d’euros). Option Droit & Affaires ayant eu accès au jugement, il ressort que l’avocat avait été au préalable sanctionné par un blâme de l’Ordre pour avoir prêté son portable à sa cliente alors en garde à vue. Par la suite, il avait été mis en examen puis finalement condamné par le tribunal pour avoir «franchi les limites, qui n’ont rien d’obscures pour un professionnel averti du droit, qui séparent l’optimisation fiscale de l’organisation d’insolvabilité, la mission de conseil de la complicité de délit de fraude fiscale».

Si la condamnation pénale d’un des fondateurs du cabinet risque d’entacher le nom de la structure et de faire fuir les clients, c’est surtout le manque de communication au sein de l’équipe qui a fait réagir les associés. Car la plupart d’entre eux nous ont déclaré avoir appris le renvoi en correctionnelle d’Henri-Nicolas Fleurance par un article du Nouvel Obs de février dernier, soit deux ans après sa mise en examen. Et la solidarité a désormais atteint ses limites au sein de l’équipe.

L’affaire Ricci ne serait finalement que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Depuis quelques années seraient apparues des tensions au sein de la structure sur sa gestion et son organisation en deux pôles – affaires-structure et affaires-exploitation – qui ne seraient finalement qu’un partage d’activité entre les deux fondateurs, mais aussi sur des questions de rétrocession d’honoraires. Plusieurs associés ayant quitté le cabinet ne seraient d’ailleurs toujours pas réglés de leurs honoraires de l’année de leur départ. Certains dossiers auraient été portés devant le Conseil de l’Ordre.


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La Lettre du 8 juillet 2015

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