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Affaires publiques – Inquiétude des lobbyistes avant la mise en œuvre du répertoire des influences étrangères
Alors qu’entrera en vigueur le 1er juillet, le nouveau répertoire numérique de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) dédié aux activités d’influence étrangère, découlant de la loi de 2024 « relative à la prévention des ingérences étrangères en France », les lobbyistes concernés sont-ils prêts ? Pas tout à fait visiblement. « La HATVP est bien en peine de nous expliquer comment on va pouvoir véritablement déterminer si un de nos clients […] [est] un mandant étranger », juge Aristide Luneau, président du lobby des cabinets de conseil en affaires publiques (AFCL), cité par le média Contexte. Invité le 4 juin lors du 1er Salon des Affaires publiques et de l’Influence, le dirigeant estime qu’il « y a comme ça toute une série de cas d’usage qui sont extrêmement problématiques et qui pour nous revêtent une énorme insécurité juridique, parce qu’on ne sait pas si on va tomber ou non dans le cadre de cette nouvelle déclaration qui va être obligatoire à partir du 1er juillet ». En cause notamment le fait qu’un « mandant étranger » soit défini comme une organisation contrôlée y compris « indirectement » par une puissance étrangère – en dehors de l’Union européenne – sans indications sur le périmètre que revêt le terme « indirectement », le décret d’application n’ayant toujours pas été publié au Journal officiel. Il y a une quinzaine de jours, c’est du côté de la HATVP qu’une certaine inquiétude apparaissait. La raison : la question des moyens dévolus pour faire face à ces nouvelles obligations. Dans une interview publiée dans le rapport annuel (ODA du 28 mai 2025), le nouveau président de l’institution Jean Maïa, fraîchement arrivé le 1er avril du Conseil constitutionnel, estimait que « cette nouvelle responsabilité implique pour la Haute Autorité d’adapter en conséquence son organisation et son fonctionnement, notamment le dimensionnement de son système d’information et de ses effectifs ». Et celui-ci d’alerter : « Il est donc nécessaire qu’elle s’accompagne d’un renforcement des moyens dont elle est dotée, sauf à risquer de compromettre sa capacité à réaliser effectivement cette nouvelle mission. »
Private Equity – Forte baisse du montant des levées de fonds dans le monde
Un tiers. Telle est la baisse du montant des tours de table en un an dans le monde avec 115,5 milliards de dollars levés (environ 100 milliards d’euros) au 1er trimestre 2025, contre 178,8 milliards de dollars (environ 156 milliards d’euros) à la même période en 2024, laquelle était déjà marquée par une collecte en recul, soit une baisse de 35 % en douze mois, d’après la plateforme financière Pitchbook. Dans le détail, ce déclin est plus marqué outre-Atlantique que sur le Vieux Continent, zone dans laquelle les levées ont atteint 33,6 milliards de dollars (environ 29,3 milliards d’euros). Au total, cinq « méga-fonds » ont été enregistrés au premier trimestre 2025, qui ont levé 48,2 milliards de dollars (environ 42 milliards d’euros), dont le neuvième véhicule du géant américain Blackstone avec un tour de 21 milliards de dollars (environ 18,3 milliards d’euros). Dans un contexte particulièrement difficile, le rapport montre en outre que certains actifs s’en sortent un peu mieux car jugés moins risqués à l’image de l’infrastructure et de l’immobilier. Ce dernier par exemple a connu une activité meilleure au 1er trimestre 2025 que l’année précédente avec 19 milliards de dollars (environ 16,5 milliards d’euros) levés par le biais de 42 véhicules d’investissements. Quant aux catégories de fonds, la dette privée trouve un bel essor car elle a apporté « des retours aux investisseurs à travers les différents cycles du marché ». Il en est de même des fonds de continuation, qui ouvrent de nouvelles voies aux gérants et ont de plus en plus la cote (ODA du 24 janvier 2025).