La lettre d'Option Droit & Affaires

Portrait

PageGroup : la direction juridique et des ressources humaines de Stéphanie Lecerf

Publié le 13 janvier 2016 à 11h43

Gabriel Mikulfka

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.

Qui la dirige

D’aussi loin qu’elle se souvienne, Stéphanie Lecerf voulait être avocate. Alors, une fois son bac en poche, la souriante Malouine, aux mots précis et à l’entrain communicatif, aura une trajectoire claire : maîtrise de droit à la faculté de Rennes, DEA de droit processuel à Paris 2, école d’avocats à Rennes. En janvier 2000, elle prête serment et intègre le cabinet de Ronald Lecuyer. «Pendant deux ans, j’ai eu la chance de construire une double expérience très enrichissante.» Pour le compte de quatre grands groupes de la distribution, du prêt-à-porter et de la restauration collective, elle parcourt la France et plaide devant un très grand nombre de conseils de prud’hommes. «J’ai appris à percevoir l’environnement d’un dossier, à comprendre la situation telle qu’elle était pour mon client et à chercher les bons moyens de le faire avancer.» Par ailleurs, pour des entreprises de taille plus modeste, elle devient le conseil du dirigeant. Mais sa carrière va connaître un changement qui la surprend encore. Après un premier contact en 2001, Michael Page lui propose de la recruter. «Après beaucoup de tergiversations, j’ai demandé mon omission du barreau du Paris et accepté en pensant qu’il ne s’agissait que d’une parenthèse.» En janvier 2003, elle devient responsable juridique de Michael Page. En 2007, elle est nommée directeur de l’éthique et des affaires juridiques pour la France de PageGroup, réunissant tous les métiers. En 2012, elle devient legal lead Europe continentale. Dès cette époque, elle est chargée d’animer également le «board RH» pour la France. Tout en conservant ses responsabilités au niveau européen et éthique, c’est en 2014 qu’elle est officiellement nommée directeur juridique et ressources humaines pour la France.

Comment elle s’organise

Sur le plan de l’Europe continentale, «les pays me reportent sur certains dossiers comme le pénal, les données personnelles, l’éthique, la concurrence, tout ce qui est un sujet à même d’affecter le groupe.» Elle est pour cela en relation avec les directeurs régionaux et les directeurs financiers locaux. Les contacts sont nombreux et fréquents. «Je suis associée aux prises de décisions. Il en va de même avec le directeur financier Europe, auquel je rapporte et qui me consulte fréquemment.» L’objectif : être un support et un référent pour l’ensemble des pays d’Europe continentale, veiller à la cohérence des pratiques et à l’harmonisation des processus, par exemple sur les conditions générales, les données personnelles, le corporate. En France, sur la partie RH, Stéphanie Lecerf peut compter sur une directrice «talent development» et cinq personnes chargées de la formation et du développement des carrières. L’équipe juridique compte, elle, trois juristes seniors, chacun dédié à une marque ou à un domaine : le social pour Michael Page (recrutement de cadres confirmés et dirigeants) pour l’un, le social pour Page Personnel (recrutement et travail temporaire de cadre premier niveau, techniciens et employés qualifiés) pour le deuxième, tous les aspects commerciaux et droit des affaires pour le troisième. Un manager «diversité et égalité des chances» complète l’équipe. Et, dans tous les cas, l’organisation du travail est la même : «Se voir souvent ; être très disponibles les uns pour les autres ; s’efforcer, chacun, d’être impliqué dans les processus de décisions.»

Comment elle se positionne

«Que ce soit en France ou en Europe, je ne suis jamais contournée et l’on me challenge énormément. La culture du groupe est d’être très dynamique, à l’affût de ce qui se fait ailleurs.» On comprend qu’elle est le conseil direct des dirigeants sur tout ce qui est juridique et social. «C’est le cœur de notre métier, et j’ai la chance d’être systématiquement impliquée dès le début de tous nos projets.» Beaucoup de choses sont échangées lors des différents «boards» dont elle fait partie (RH, administratif), ou lors des comités de direction auxquels elle participe. «La direction juridique et RH doit parfaitement comprendre les enjeux, la position de l’entreprise sur chaque dossier, dans ses aspects les plus opérationnels afin d’être le conseil de référence du groupe et un véritable business partner.»

Qui la conseille

Les cabinets n’interviennent presque qu’en contentieux. En social, on citera Lionel Sébille d’Eunomie. En concurrence, Emmanuel Tricot de Veil Jourde. Sur les données, Emmanuel Jez de Sajet ou Olivia Luzi de Feral-Schuhl/Sainte-Marie. En fiscalité, le cabinet Bayle. Sur les aspects plus globaux, Ernst & Young, Herbert Smith Freehills. «A l’étranger, nous avons également recours à des cabinets locaux.»


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