Cabinets d’avocats, régulateurs, acteurs du monde coté ou non coté, retrouvez leurs principales actualités.
Business – La valeur des transactions M&A en hausse dans le monde
Malgré les turbulences géopolitiques et économiques, la confiance semble de retour dans le monde des fusions-acquisitions.
C’est ce qui ressort en tout cas du dernier rapport « Global M&A Insights » du cabinet d’avocats A&O Shearman qui indique que la valeur mondiale des transactions a atteint 1,93 trillion de dollars (environ 1,65 trillion d’euros), en hausse de 20 % par rapport à la deuxième partie de 2024. Il s’agit du plus haut niveau d’un premier semestre depuis trois ans. Sur les six derniers mois de l’année, le chiffre monte même jusqu’à 2,03 trillions de dollars (environ 1,73 trillion d’euros), « porté par le retour des opérations de grande taille ». Grâce à la baisse des taux de la réserve fédérale, les Etats-Unis ont mené l’accélération des opérations. Côté Vieux Continent, la valeur européenne du marché M&A a atteint 746 milliards de dollars (environ 637 milliards d’euros) soit une hausse de 12 % par rapport à l’ensemble de 2024 ; la valeur du second semestre 2025, elle, a augmenté de 23 % par rapport aux six premiers mois. Et quid de la France ? Le pays affiche une croissance en valeur des transactions M&A en hausse de 4,8 % par rapport à l’année passée. C’est à peine mieux que son voisin italien (+ 4,3 %), mais reste bien en deçà de la Belgique (+ 57 %), de l’Espagne (+ 63 %), et surtout des Pays-Bas (+ 171,6 %), qui ont connu une année en fusions-acquisitions particulièrement dynamique. En Europe, la valeur totale des opérations a progressé après l’été, portée par de grandes opérations stratégiques, entre autres dans les domaines technologiques, dans la transition énergétique et les infrastructures. Pour le cabinet international, l’agenda de réformes réglementaires de l’Union européenne – notamment les paquets Digital et Defense Readiness Omnibus ainsi que la révision des lignes directrices en matière de contrôle des concentrations – pourrait constituer « un moteur déterminant de l’activité M&A pour l’année à venir ». Récemment, un autre rapport, issu de la firme internationale concurrente Ropes & Gray, pointait également un retour de la confiance : la quasi-totalité (94,1 %) des responsables interrogés – près de 750 personnes dans une douzaine de pays en Europe ainsi qu’au Royaume-Uni – s’attendait à un volume de transactions en croissance dans l’année qui vient (ODA du 26 novembre 2025).
Contentieux – Arbitrage : Des taux de succès aux recours qui restent faibles
De quelle manière les juridictions des principaux sièges d’arbitrage statuent sur les demandes d’annulation de sentences ? C’est à cette question que répond le cabinet Reed Smith qui vient de publier une large étude intitulée « Arbitration Report 2025 : A Multi-Jurisdictional Analysis of Challenges to Arbitration Awards ». Celle-ci se base sur plusieurs centaines de décisions sur une période de six ans et rendues en Angleterre et au pays de Galles, en France, à Hong Kong, au Moyen-Orient, à New York et à Singapour. Parmi les tendances à relever, le rapport met en exergue des taux de succès globalement faibles des recours, « qui confirment le seuil élevé d’intervention des juridictions étatiques dans les sentences arbitrales ». Rien qu’en France par exemple parmi les 222 décisions examinées, 143 ont été rendues par les cours d’appel et 79 par la Cour de cassation avec un taux de succès global s’élevant à seulement 17 %. Sans surprise, des différences d’approche selon les juridictions sont également relevées, « certaines exerçant un contrôle approfondi des sentences tandis que d’autres adoptent une approche plus limitée ». Le contexte est également important avec une attention croissante portée aux questions d’ordre public, notamment en matière de sanctions. A ce titre, la France est citée en exemple « aux côtés d’autres juridictions de tradition civiliste ». Enfin, un autre élément marquant est l’allongement des délais de traitement des recours dans certaines juridictions – un minimum d’un an dans tous les pays étudiés – reflétant la « complexité croissante des litiges et des procédures d’appel ». Cette étude produite avec LexisNexis intervient alors qu’en France, un projet de code de l’arbitrage a été remis en mars au ministère de la Justice, dans un contexte particulier, de « crise de légitimité » du secteur comme l’expliquait dans nos colonnes Thierry Lauriol, avocat spécialiste de la pratique et associé chez Jeantet (ODA du 30 avril 2025). Plus récemment, l’Arbitration Act 2025, entré en vigueur cet été, a marqué un tournant en Angleterre et au pays de Galles, avec des changements notamment sur la démission des arbitres et le devoir de divulgation, et un rapprochement vers des solutions civilistes (ODA du 10 décembre 2025).