La lettre d'Option Droit & Affaires

Focus

Coup d’accélérateur pour les FinTech en France

Publié le 21 juin 2017 à 16h46

Houda El Boudrari

Si l’emballement pour les FinTech en Asie et aux Etats-Unis semble en passe de retomber, la fièvre vient tout juste de commencer en Europe. Les initiatives se multiplient pour accélérer le rattrapage de l’industrie, en particulier dans l’Hexagone.

C’est une des trois cibles d’investissement du nouveau fonds de fonds Digital lancé par la CDC, le 15 juin, avec une enveloppe de 140 millions d’euros gérée par Bpifrance. Les FinTech (et leurs cousines AssurTech) font l’objet d’attentions renouvelées ces derniers mois dans l’Hexagone. Il faut dire que la France accuse un retard important en la matière. Aucune start-up hexagonale ne figure dans les dix opérations européennes les plus importantes du premier trimestre 2017 recensées par le Baromètre FinTech Pulse de KPMG, qui comptabilise les montants totaux investis dans les start-up de la finance (levées de fonds et rachats). Ce top ten est sans surprise trusté par le Royaume-Uni, qui y compte cinq opérations, contre trois allemandes. L’Europe a ainsi bénéficié de la traction de plusieurs méga-opérations, dont trois ont dépassé les 100 millions de dollars (iZettle, Atom Bank et Funding Circle) : les investissements dans les FinTech européennes ont atteint un niveau record avec 880 millions de dollars injectés au premier trimestre, dont 610 l’ont été par des fonds, là encore un niveau jamais atteint auparavant. Une tendance à rebours de l’essoufflement des investissements asiatiques et américains qui ont marqué le pas ces derniers mois. Le baromètre KPMG fait état d’une chute de 23 % des montants investis au niveau mondial entre le premier trimestre 2017 (3,2 milliards de dollars) et le dernier trimestre 2016, provoqué surtout par le ralentissement de la zone asiatique.

L’appétit des banques

Dans l’Hexagone, c’est plutôt un réveil tardif que l’on observe. Le premier trimestre 2017 marque un record des investissements à 50 millions de dollars pour quatorze opérations. Une performance modeste, mais un montant multiplié par cinq par rapport au trimestre précédent. Le fournisseur de terminaux Android sécurisés Famoco a levé 11 millions d’euros, le site de crowdfunding immobilier Anaxago a sécurisé 10 millions d’euros, l’agrégateur de comptes Bankin’ en a collecté 7, et le robot-advisor Yomoni a levé 5 millions d’euros. Ce record devrait être pulvérisé au deuxième trimestre avec le rachat annoncé en avril du Compte-Nickel par BNP Paribas pour une valorisation autour des 200 millions d’euros. La FinTech qui permet à ses clients d’ouvrir des comptes bancaires dans des bureaux de tabac a fait l’objet d’une cour très disputée avant d’être remportée au prix fort par l’institution de la rue d’Antin. Cette opération marque une évolution majeure dans le rapport des banques avec ces trublions de la finance. Longtemps le Crédit mutuel Arkéa a fait figure d’exception en prenant pied dans une myriade de FinTech. Le groupe bancaire breton a misé dès 2011 sur Prêt d’Union (rebaptisé depuis Younited Credit). Il est aussi le premier à avoir réalisé un investissement de poids, en déboursant plus de 50 millions d’euros pour l’acquisition de 86 % de la cagnotte en ligne Leetchi, en septembre 2015. Depuis, l’appétit des banques pour les FinTech ne se dément pas. BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne) a racheté LePotCommun.fr, puis la néobanque allemande Fidor. Le Crédit Agricole a de son côté investi dans l’agrégateur de comptes Linxo. D’abord bousculés par le succès des banques en ligne, puis par l’arrivée des FinTech, les établissements bancaires se décident enfin à prendre les taureaux par les cornes et à orchestrer eux-mêmes leur propre ubérisation.


La lettre d'Option Droit & Affaires

Affaire Arthur Andersen : un héritage très disputé

Houda El Boudrari

Le feuilleton polémique de la reprise de la marque Arthur Andersen par un ancien directeur marketing de Landwell vient de connaître un nouveau rebondissement. Le réseau français a saisi la justice pénale contre l’américain Andersen Tax LLC.

Lire l'article

Chargement…