PAI Partners et Sagard s’apprêtent à céder Kiloutou à HLDI, une holding d’investissement de la famille Dentressangle, et HLD Europe, le fonds entrepreneurial créé par Jean-Bernard Lafonta, également gestionnaire d’HLDI.
Le fondateur, Franky Mulliez, et l’équipe de management, menée par Xavier du Boÿs et Olivier Colleau, réinvestissent aux côtés des nouveaux actionnaires. L’opération valoriserait le quatrième loueur européen de matériel BTP près de 1,5 milliard d’euros, selon différentes sources de presse.
Créé en 1980, Kiloutou propose aux entreprises du BTP, industriels, artisans et collectivités, la location d’une large gamme de matériel : matériels d’élévation de personnel, de terrassement et de construction, gros œuvre et second œuvre, véhicules utilitaires, etc. Pour ce faire, le groupe s’appuie sur un réseau de près de 500 agences, situées principalement en France, mais également en Pologne, en Espagne, en Italie et en Allemagne. Depuis 2011, le groupe était détenu majoritairement par PAI Partners, aux côtés de Sagard devenu actionnaire minoritaire, après avoir orchestré le précédent LBO en 2005. En six ans, l’entreprise s’est fortement développée, en alliant croissance organique, via des ouvertures d’agences, et croissance externe. Kiloutou, qui compte poursuivre son expansion européenne, emploie aujourd’hui près de 4 300 personnes et vise un chiffre d’affaires supérieur à 600 millions d’euros pour 2017. Willkie Farr & Gallagher conseille PAI Partners et Sagard avec Christophe Garaud et Grégory de Saxcé, associés, Grégoire Dumazy, Marie Aubard et Pauline Ardanuy sur les aspects corporate ainsi que Paul Lombard, associé, et Ralph Unger en financement. PwC Société d'Avocats a réalisé les due diligences fiscales pour Sagard et PAI Partners avec Jean-Philippe Brillet, associé, Mathieu Norest et Lucas Désiles. Weil, Gotshal & Manges accompagne les acquéreurs avec, en corporate, David Aknin et Alexandre Duguay, associés, Camille Seta-Gueret et Nahla Shamseddine ; en financement, Cassandre Porges, counsel, et Kalish Mullen ; en concurrence, Romain Ferla, associé, et Anne-Laila Abback. Arsene Taxand les conseille sur les aspects fiscaux avec Denis Andres, associé, Yoann Chemama, Blandine Trabut-Cussac et Vincent Briand. Scotto & Associés épaule les managers de Kiloutou avec Claire Revol-Renié, associée, Magda Picchetto et Marie-Clémentine Marciel en corporate ; Sérafine Poyer, counsel, en social.
Le conseil de PAI Partners et Sagard : Christophe Garaud, associé chez Willkie Farr & Gallagher
Comment a commencé cette transaction ?
A l’image de beaucoup de transactions actuellement, des investisseurs et industriels avaient pris contact avec PAI Partners, Sagard et le management de Kiloutou en vue d’une éventuelle cession. HLD et la holding de la famille Dentressangle se sont inscrits dans ce contexte en préemptant le deal, et ont proposé une offre avant le début officiel des enchères.
PAI Partners est resté plus de six ans au capital, une durée de détention relativement longue…
La détention est légèrement plus longue que pour d’autres participations. C’est en partie lié à l’aspect cyclique de l’activité, liée au dynamisme du secteur du BTP. Kiloutou s’est par ailleurs fortement transformé au cours de ces années, menant de nombreuses opérations de croissance externe, en France comme à l’étranger, sur un marché encore très fragmenté. Quelques mois après l’entrée de PAI Partners, le groupe a repris un concurrent, BM LOC, élargissant ainsi son offre de services. Plus récemment, il s’est développé sur le marché européen via plusieurs acquisitions, notamment en Espagne, avec CTC de Maquinaria, et en Pologne, avec la reprise des activités locales de GAM.
Quels atouts ont permis à HLD et HLDI de l’emporter ?
L’offre présentée répond aux attentes des vendeurs en termes de prix. Mais au-delà de la valorisation, elle propose un vrai projet industriel ; un élément primordial pour les managers qui ont été très impliqués dans les négociations. Kiloutou a d’ailleurs toujours eu une politique d’intéressement très volontariste ; près de 1 400 salariés de la société sont aujourd’hui actionnaires.
Quelles ont été les principales complexités de l’opération ?
La principale difficulté a consisté à respecter un calendrier très serré. Seules quelques semaines se sont écoulées entre la marque d’intérêt présentée par HLD et HLDI et l’annonce des négociations exclusives.
Les discussions ont toutefois été facilitées par un bon alignement entre les vendeurs. Les deux fonds connaissent en effet très bien l’entreprise, Sagard ayant été l’actionnaire majoritaire de la société avant l’entrée de PAI Partners.