Le géant français des télécommunications Orange et le groupe d’assurance mutualiste Groupama ont signé un accord visant à la création d’une société commune baptisée Protectline, opérant sur le secteur de la télésurveillance des biens en France.
Le géant français des télécommunications Orange et le groupe d’assurance mutualiste Groupama ont signé un accord visant à la création d’une société commune baptisée Protectline, opérant sur le secteur de la télésurveillance des biens en France. Conformément à l’accord conclu entre les deux groupes, la coentreprise Protectline a pour objectif d’être une plateforme commune de production et de gestion des services de télésurveillance, détenue à hauteur de 51 % par Orange, qui en aura le contrôle, et à hauteur de 49 % par Groupama. Il s’agit d’une société par actions simplifiée présidée par l’actuel vice-président marketing d’Orange Christian Bombrun (président du conseil d’administration), et dirigée par le directeur adjoint pilotage et résultat de Groupama Benjamin Pourquié (président exécutif), ainsi que par le directeur de l’architecture SI d’Orange Jean-Daniel Guedj (directeur général). Via sa filiale de télésurveillance Cofintex 6, Groupama apportera à la société ses compétences technologiques en la matière, son usine logistique et informatique clé en main, ainsi que son réseau d’installateurs. A noter que tout en s’appuyant sur cette plateforme commune, Orange et Groupama conserveront néanmoins chacun la pleine maîtrise de la distribution, en commercialisant des offres personnalisées dans leurs réseaux respectifs et sous leurs propres marques. Ce partenariat permettra à Groupama de renforcer sa présence sur le marché de la télésurveillance des biens en France, et à Orange de devenir un acteur à part entière sur ce marché, franchissant ainsi une nouvelle étape dans sa stratégie d’opérateur multiservices. Grâce à Protectline, le groupe de télécoms pourra en effet lancer dès le printemps 2019 ses offres de télésurveillance de biens à destination de ses clients fixes et mobiles grand public. Pour mémoire, il ne s’agit pas de la première alliance entre les deux sociétés, lesquelles avaient déjà noué un partenariat d’envergure dans le secteur de la banque mobile avec la création en 2016 d’Orange Bank. White & Case a accompagné Orange avec Guillaume Vallat, associé, Julien Etchegaray et Katia Medjani en corporate, Alexandre Jaurett, associé, et Céline Martinez en droit social, et Caroline Lyannaz en propriété intellectuelle. BDGS Associés a conseillé Groupama avec Jean-Emmanuel Skovron et Lucile Gaillard, associés, Manon Baezner et Paul Truck.
Le conseil d’Orange : Guillaume Vallat, associé chez White & Case
Qu’est-ce qui a motivé Orange à s’unir à Groupama pour créer Protectline ?
La création de cette coentreprise s’inscrit comme une étape supplémentaire dans la stratégie d’opérateur multiservices d’Orange qui, au-delà de la téléphonie, souhaite offrir à ses clients tout un panel d’offres complémentaires. Ce partenariat avec Groupama, qui est un acteur reconnu dans le domaine de la télésurveillance, va lui permettre de proposer prochainement à ses clients l’offre «Maison protégée», évoquée lors du Show Hello du groupe en décembre dernier. Par ailleurs, Groupama et Orange se connaissent déjà bien, étant associés depuis 2016 au sein d’Orange Bank. Il y avait donc une relation de confiance préexistante entre tous les acteurs, tant entre les parties que leurs conseils juridiques qui étaient les mêmes sur ces deux dossiers.
Free a également lancé à la fin de l’année dernière un service de télésurveillance en partenariat avec la société EPS. Peut-on parler d’une riposte dans un secteur de plus en plus concurrentiel ?
Free a effectivement intégré une offre de télésurveillance dans sa dernière box, cependant les discussions entre Orange et Groupama l’ont précédée de plusieurs mois. Protectline n’est donc pas une réaction à l’offre de Free.
Quelles ont été les principales particularités juridiques du deal ?
Il s’agit à la fois d’un partenariat capitalistique, avec la création d’une société commune détenue à 51 % par Orange et 49 % par Groupama, d’un partenariat industriel dans la mesure où Protectline va être une plateforme commune de production et de gestion des services de télésurveillance pour les deux groupes, et d’un partenariat commercial, puisque cette plateforme commune a vocation à fournir aux deux groupes des solutions de télésurveillance que chacun va commercialiser sur son propre réseau et sous sa propre marque. L’enjeu juridique était de parvenir à faire en sorte que ces trois éléments soient bien pris en compte dans les accords, et d’en assurer la cohérence dans l’intérêt des deux parties et dans le temps.
Avez-vous rencontré certaines difficultés au cours de sa réalisation ?
Outre les trois aspects évoqués précédemment, qui ont nécessité des compétences juridiques et techniques transversales, il a également fallu associer aux discussions un certain nombre de prestataires de services externes en amont, pour tous les aspects software, hardware, etc., mais aussi en aval puisque ces solutions intègrent des prestations d’écoute, d’installation ou encore de gardiennage. Devoir aligner les intérêts des uns et des autres a requis du temps et de l’énergie.