Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Qui la dirige
Lorsqu’on l’écoute se raconter, Bénédicte Wautelet donne l’impression que son parcours s’est déroulé avec une simplicité désarçonnante, aussi naturellement que les heures d’une journée s’égrainent : ni trop vite ni trop lentement, et sans que l’on puisse arrêter son irrémédiable fuite en avant. A l’instar de son itinéraire professionnel, la directrice juridique du groupe Figaro est, elle aussi, une femme naturelle et simple, qui semble emplie d’une drôle de sérénité qu’on lui envierait presque. Née au Pays-Bas de parents belges, la jeune fille passe toute son adolescence aux Etats-Unis avant de rejoindre Paris après le bac. Une éducation entre deux avions qui contraste avec la stabilité de son parcours professionnel. Après des études de droit à Assas, motivée par l’envie de faire de l’humanitaire plus que des affaires, elle choisit de rester à Paris et entre en tant que jeune avocate chez Slaughter and May. Elle y reste quinze ans. De ces années, davantage axées sur le business que sur l’humanitaire, elle garde pourtant un excellent souvenir : la rigueur, l’exigence et finalement l’«excellente formation en fusions-acquisitions, en financement, et dans tous les domaines du droit des affaires en général. L’ambiance et le travail, tout était passionnant et très formateur», se souvient-elle. En 2006, le hasard fait qu’on lui propose de prendre la direction juridique du Figaro, au moment même où le bureau parisien de Slaughter plie bagage. «A ce moment-là, j’avais un peu envie de voir autre chose, de découvrir d’autres domaines du droit. Par ailleurs, j’ai eu cette impression que l’Internet et les contenus allaient prendre beaucoup d’importance», détaille-t-elle. A la veille de l’explosion du digital, elle rejoint un groupe en pleine mutation, à la croisée des thématiques classiques du droit et des enjeux novateurs d'Internet. Une perspective qui satisfait son aspiration à «autre chose». Mais n’allez pas croire que la fluidité de son parcours fait d’elle un personnage lisse. Et si sa voix est douce et calme, ne vous méprenez pas, notre interlocutrice est une femme hyperactive. A en juger par ses nombreuses activités et missions parallèles, on se demande même si elle a le temps de dormir. A son actif, rien de moins que la vice-présidence du Cercle Montesquieu et la présidence de la CCIJP (Commission de la Carte d'Identité des Journalistes Professionnels). Des activités qui allient finalement bien les deux principaux traits de sa personnalité : une passion pour la rigueur du droit, et un faible depuis douze ans pour l’adrénaline procurée par la presse quotidienne.
Comment elle s’organise
On aurait pu s’attendre à une grosse direction juridique, et pourtant l’équipe qui entoure Bénédicte Wautelet compte moins de dix personnes. Cinq juristes (dont un recrutement récent suite au rattachement de la fonction DPO) composent le département. «Nous valorisons le fonctionnement d’une petite cellule hyperdynamique, plutôt qu’une direction juridique trop étoffée qui ne serait pas adaptée à la façon de fonctionner de nos interlocuteurs internes», précise la directrice juridique. Au quotidien (au sens propre comme au figuré), le rythme est intense, et organisé sur les parutions du journal. «Nous devons couvrir un large panel de spécialités», explique-t-elle. Du droit de la presse à la propriété intellectuelle en passant par le droit de l’Internet et des nouvelles technologies, le droit du travail, les contentieux ou encore les fusions-acquisitions : l’équipe doit être capable de répondre à toutes les problématiques dans un souci d’immédiateté lié au format et au rythme de la publication. Seul le fiscal est détaché de la direction juridique, et rattaché à la finance.
Comment elle se positionne
Bénédicte Wautelet et sa direction juridique sont rattachées directement au directeur général du groupe, Marc Feuillée. «Il tient beaucoup à ce rattachement qui facilite le traitement de certains sujets sensibles», précise-t-elle. Droit à l’image, droit de la presse… autant de thématiques délicates qui nécessitent de la direction juridique qu’elle agisse au quotidien davantage comme un véritable partenaire plutôt que comme une simple fonction support.
Qui la conseille
Compte tenu des activités très variées du groupe, la direction juridique fait appel à un large panel de cabinets d’avocats, son choix dépendant surtout du domaine du droit dont il est question. Allen & Overy et Jeantet épaulent par exemple régulièrement le groupe en fusions-acquisitions ; Capstan et Ader Jolibois l’accompagnent sur des aspects de droit du travail ; en concurrence, ce sont les noms de Vogel & Vogel et Veil Jourde qui sont souvent cités. Sur des thématiques plus spécifiques au groupe, comme le droit de la presse, la direction juridique fait aussi appel à de plus petites structures afin de bénéficier de l’expertise de spécialistes, comme l’avocat Christophe Bigot.