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Financement - ST8 : nouvelle plateforme de financement par la blockchain
Lancée le 9 avril dernier par Havas Blockchain, Tokeny et Psion Finance, ST8 est une plateforme blockchain de financement à destination des PME françaises. L’idée ? Récolter des fonds plus facilement et plus rapidement, en combinant l’utilisation de la blockchain à l’assouplissement de la réglementation AMF qui permet aux opérations inférieures à 8 millions d’euros de ne pas émettre de prospectus soumis à visa. Concrètement, les PME souhaitant se financer sur ST8 doivent déposer un dossier auprès du régulateur des marchés financiers. Par la suite, elles déposent un pacte d’actionnaires sur la plateforme qui se charge de «traduire» ce dernier en smart contract. Enfin, les entreprises peuvent émettre, via la plateforme, des STO (Security Token Offering), sorte de titres financiers numériques que des investisseurs (fonds, business angels, family office…) peuvent acheter. L’émission peut être fractionnée et comporter différents instruments financiers (action, brevet, actif immobilier…) inscrits sur la blockchain. «L’entreprise qui émet des STO peut choisir les droits qu’elle donne à l’investisseur, précise Thibault Verbiest, associé de DS Avocats et partenaire de ST8, il peut s’agir de parts du capital ou de droits au bénéfice par exemple.» Plus de flexibilité et de liberté pour les entreprises, mais aussi davantage de transparence. L’utilisation de la blockchain permet en effet la traçabilité des transactions et leur revente de façon sécurisée. Par ailleurs, la désintermédiation permet une réduction des coûts administratifs et d’émission. Mais ce nouveau mode de financement présente aussi des intérêts pour les investisseurs qui ont accès à de nouveaux types d’actifs. Trois cabinets sont partenaires de ce projet : DS Avocats, avec Thibault Verbiest, Jérôme Lombard-Platet et Bernard Tézé, Fieldfisher avec Arnaud Grünthaler ainsi qu’Hashtag Avocats. Ils accompagnent la plateforme sur les aspects juridiques et réglementaires, et pourront intervenir en support des opérations.
Concurrence - Ventes en ligne et ventes physiques ne font qu’un
Vendredi 19 avril, l’Autorité de la concurrence a autorisé, sans engagement, le rapprochement entre Luderix International, à la tête de l’enseigne de jouets Picwic, et Jellej Jouet, qui avait repris à la barre les enseignes françaises de Toys’R’Us en octobre dernier. Pour prendre sa décision, l’Autorité a considéré dans son analyse que ventes en ligne et ventes physiques représentent un seul et même marché. Une première pour le secteur du jouet qui confirme par ailleurs la position adoptée en 2016 par le gendarme français de la concurrence lors de l’analyse du rachat de Darty par la Fnac. L’Autorité avait alors intégré, pour la première fois, les ventes en ligne dans l’analyse du marché pertinent.
Les critères utilisés sont similaires dans les deux décisions. Ainsi, pour justifier la prise en compte des ventes en ligne dans l’analyse du marché pertinent de la distribution de jouets, l’Autorité s’est appuyée sur les éléments suivants : le taux de pénétration des ventes en ligne sur le marché des jouets, l’adoption d’une organisation interne omnicanale par les parties, la mise en place par les acteurs d’une stratégie commerciale et tarifaire tenant compte de l’analogie des gammes de produits et services offerts en magasins et en ligne, et l’uniformisation tarifaire croissante au sein des différents canaux de distribution.
M&A - La France se démarque dans un premier trimestre au ralenti
C’est un départ au ralenti pour le M&A mondial au premier trimestre 2019, le plus lent depuis dix ans. C’est en tout cas ce que constate Allen & Overy dans son rapport «M&A Insights». Publié mi-avril, ce dernier note un recul de 23 % en valeur et de 33 % en volume par rapport au premier trimestre de l’année précédente, tous secteurs économiques confondus. Un recul notamment visible sur les opérations de taille importante : celles dont la valeur dépasse les 5 milliards de dollars accusent une baisse de 33 % ; pour celles qui dépassent 10 milliards, c’est une baisse de 40 % qui est notée. Pourtant, malgré ce départ mou, la France semble tirer son épingle du jeu. Si l'étude indique une baisse de 10 % du nombre de transactions par rapport à l’année précédente, l’Hexagone se démarque en affichant une hausse de 55,7 % de la valeur des opérations par rapport au premier trimestre 2018, soit un total de 14,7 milliards de dollars contre 9,4 milliards l’année précédente.
Au niveau sectoriel, les entreprises ont particulièrement ciblé les sociétés des TMT (technologies, médias et télécommunications), signe notamment que la transformation numérique des grands groupes se poursuit. Ce secteur arrive au deuxième rang en termes de valeur des investissements des entreprises, avec 183 milliards de dollars investis ; presque autant que le secteur de l’énergie et des infrastructures qui arrive en tête avec 185 milliards de dollars d’investissements. Viennent enfin les sciences de la vie avec 163 milliards de dollars d’investissements.