C’est avec une profonde tristesse que le barreau parisien apprenait en début de semaine dernière le décès soudain de Jacques Henrot, associé du cabinet De Pardieu Brocas Maffei.
La famille ayant demandé à la presse d’attendre une petite semaine avant d’annoncer la nouvelle officiellement, Option Droit & Affaires a bien sûr respecté ce début de deuil.
Le barreau de Paris est aujourd’hui orphelin de l’un de ses plus grands avocats et le milieu du restructuring a perdu l’un de ses pères fondateurs. Reconnu pour ses compétences professionnelles évidentes, sa technicité et sa capacité aiguë de négociation, Jacques Henrot était surtout une personnalité profondément attachante, dotée d’un sens de l’amitié sans égal. Sa grande taille, son regard vif et sa forte voix cachaient quelqu’un de doux, d’attentionné et de prévenant. Interrogé pour un portrait de l’avocat – Jacques Henrot avait été nommé par ses pairs Avocat de l’année du restructuring en 2012 –, son frère, François Henrot avait alors expliqué : «Jacques est très proche de ses clients. Il prend à cœur leurs objectifs et leurs intérêts au point de partager leur colère, leurs angoisses ou leur indignation. Il s’investit totalement, jusqu’à parfois s’en brûler les ailes.»
Loin de nous l’idée de dresser le portrait d’un avocat doucereux et sans charisme. Car Jacques Henrot était un fin stratège et un redoutable contradicteur. «Lorsque le dossier se tend, je suis le bien élevé qui sait, à la demande, l’être moins», reconnaissait-il lui-même dans un rire communicatif. Certes, il fallait lui accorder une certaine franchise de propos, mais c’est aussi grâce à elle que les négociations aboutissaient, sans coup bas. «Son élégance et son consensualisme ont permis le règlement de certains dossiers difficiles», témoignait l’un de ses confrères. «Il est presque devenu indispensable pour que des négociations de dette aboutissent», ajoutait alors un autre.
Associé du cabinet De Pardieu Brocas Maffei depuis 1993, l’avocat avait commencé sa carrière en droit de l’immobilier, au sein de l’équipe gidienne de Gérard Tavernier. Au fil des années et de l’évolution du contexte économique, il avait développé un savoir-faire exceptionnel en restructuring. Mais l’une de ses plus grandes fiertés restait bien sûr son équipe, qui comprend aujourd’hui trois associés – son ami et plus fidèle soutien Philippe Dubois, Matthieu Barthélémy et Joanna Gumpelson. Sans oublier bien sûr son assistante, Marie-Rose Houlet qui, depuis vingt-cinq ans, est sans doute la femme qui l’a le mieux connu.
Une messe sera célébrée à Paris le jeudi 25 septembre à 18 heures en la cathédrale Saint-Louis des Invalides (Paris 7e) en sa mémoire.