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L’Afic vante les atouts de la France aux LPs étrangers

Publié le 24 septembre 2014 à 10h54    Mis à jour le 24 septembre 2014 à 11h57

Florent Le Quintrec

Malgré sa réputation et sa situation économique, ses performances solides et la qualité de ses managers doivent permettre à la France d’attirer davantage d’investisseurs internationaux

Organisée par l’Afic le mardi 23 septembre, la deuxième édition du forum des investisseurs européens  a été l’occasion de rassembler GPs et LPs autour de débats sur l’attractivité de la France comme terre d’investissement pour le private equity. Lors de son discours d’introduction, Michel Chabanel, le nouveau président de l’association depuis le 22 juin, a insisté sur la performance du marché français du capital investissement, qui accompagne en moyenne 1 500 entreprises par an depuis dix ans et qui n’a cessé de superformer les indices actions ces dernières années en dépit d’un environnement économique morose. Et le président de rappeler que la France dispose d’un important réservoir d’entrepreneurs dans de nombreux secteurs d’activité. «Je suis très confiant dans le fait que la France restera l’un des marchés les plus performants dans les prochaines années», conclut-il. «Il est possible de faire de bonnes affaires et d’investir dans des GPs excellents en France», ajoute Dominique Gaillard, directeur général fonds directs d’Ardian.

Une confiance perdue

Les LPs conviés au forum ont ensuite eu droit à un panorama des forces et des faiblesses de l’Hexagone présenté par Alexis Karklins-Marchay, associé d’Eight Advisory. S’il constate que «la France a une mauvaise image de marque» vis-à-vis des investisseurs étrangers, notamment du fait des 35 heures, des grèves à répétition, du niveau et de la volatilité de la fiscalité, de la rigidité du marché du travail, il estime néanmoins qu’elle n’est pas l’homme malade de l’Europe. Sans toutefois nier ses difficultés, rappelant le taux de chômage à un niveau record, la croissance zéro, le déficit budgétaire, la dette publique, un niveau d’imposition au plus haut, les marges des entreprises au plus bas depuis 1985 et l’augmentation du déficit de la balance commerciale. «Mais le plus important est la confiance. Celle-ci a été perdue en septembre 2012, au moment des réformes sur l’imposition du capital et de la taxe à 75 %», explique l’associé, appuyant ce constat par le décrochage du PMI (indice des directeurs d’achat) français depuis cette date. En conséquence de ses difficultés, le rang de la France dans les enquêtes d’opinion dans le monde a reculé, notamment en termes de compétitivité. Mais Alexis Karklins-Marchay oppose à ce constat négatif les atouts dont la France peut se prévaloir pour attirer les investisseurs. Il souligne notamment que le pays s’avère compétitif du fait de ses infrastructures très développées (transports, Internet…), ses écoles de management de qualité ou encore la taille de son marché domestique.

La qualité reconnue des managers français

Un constat partagé par les LPs venus débattre à l’occasion d’une table ronde. «La France a un large vivier de managers d’expérience, des équipes très solides, ce qui en fait l’un des meilleurs marchés dans ce domaine, affirme Steven Cavell, senior partner du fonds britannique Graphite Capital, assurant qu’il continuerait à investir chez ses GPs français et qu’il n’excluait pas de souscrire à de nouveaux fonds hexagonaux. «La France est un marché mature, où il y a énormément de cibles malgré l’environnement macroéconomique, confirme Wendelin Thoenes chez Allianz Capital Partners. Tout dépend de la façon dont le management compose avec cet environnement et de la stratégie adoptée, notamment la croissance basée sur le développement international.»

Interrogés sur la difficulté des GPs français à lever des fonds auprès de LPs internationaux, les intervenants partagent l’idée qu’il ne s’agit pas d’un mal français et que bon nombre de fonds dans le monde peinent à collecter si leurs performances passées n’enthousiasment pas les investisseurs. «Les GPs français ont l’habitude de lever des fonds auprès de LPs français, et pas encore suffisamment auprès d’investisseurs étrangers, constate Wendelin Thoenes. Ils doivent donc mieux expliquer leur environnement, comme les contraintes liées au droit du travail.» Quant aux performances futures des fonds français, Jesper Knutsson, chez Danske Private Equity, ne s’en inquiète pas : «Si nous connaissons des échecs, ce sera notre faute. Nous avons eu de bons et de mauvais investissements en France, liés avant tout à nos propres choix.»

Et les professionnels de l’investissement de confirmer que la France est l’un des marchés les plus compétitifs pour le private equity du fait de la présence d’un écosystème favorable dont la qualité de ses managers. Steven Cavell nourrit néanmoins des inquiétudes sur la pérennité du vivier des managers de qualité, ces derniers semblant s’expatrier de plus en plus aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni.

Quant à la présence de Bpifrance sur le marché du private equity, notamment comme investisseur dans des fonds, si les LPs déplorent qu’elle ne s’engage pas suffisamment tôt dans les levées de fonds, ils insistent surtout sur le fait qu’ils ne souhaiteraient pas investir dans des GPs dont la stratégie serait dictée par la Banque publique.


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