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Etude - Les défaillances d’entreprises au plus bas niveau historique
Le cabinet Altares, spécialisé dans l’information sur les entreprises, a dévoilé le 15 octobre son étude «Défaillances et sauvegardes d’entreprises en France (1)», portant sur le troisième trimestre 2020. Malgré le contexte épidémiologique tendu, les chiffres ont de quoi réconforter. En effet, les défaillances d’entreprises sont «extraordinairement contenues». Depuis janvier, les tribunaux ont prononcé 24 000 ouvertures de procédures collectives, soit le plus bas niveau depuis plus de trente ans. Les mesures de soutien aux entreprises, déployées très tôt par l’Etat (chômage partiel, Prêt garanti par l’Etat, report des cotisations et aménagement des règles de cessation de paiement, etc.), «ont permis aux entreprises de tenir le choc, jusqu’à maintenant», relève l’étude. Le nombre de défaillances a augmenté cet été par rapport aux mois précédents avec 6 702 procédures comptabilisées. Mais ce niveau reste très en deçà (- 35,4 %) de ce qui était observé sur la même période en 2019. Il faut remonter à 1989 pour trouver des données aussi peu élevées. «Plusieurs signaux nous alertent cependant, tempère Thierry Millon, le directeur des études, en particulier la proportion grandissante de liquidations directes, révélatrice d’entreprises qui ont sans doute trop attendu pour se déclarer en cessation.» Alors qu’elles représentent traditionnellement un peu plus de deux procédures sur trois (68,4 % à l’été 2019), les liquidations judiciaires concernent au troisième trimestre 2020 plus de trois entreprises sur quatre (75,8 % des procédures), soit 5 081 sociétés au total. Les grandes PME et ETI ont mieux résisté au troisième trimestre : 27 procédures contre 52 au deuxième trimestre. Par conséquent, le nombre d’emplois directement menacés par ces défaillances est ramené à 26 000, soit 17 000 de moins qu’il y a trois mois (9 600 de moins qu’un an plus tôt). Le secteur du commerce s’avère le plus impacté (1 517 défaillances), suivi par celui de la construction (1 447), les services aux entreprises (964), l’hébergement-restauration-cafés (965) et l’industrie (423). Thierry Millon reste néanmoins prudent : «Ces chiffres traduisent mal l’incertitude qui prévaut en cette fin d’année. Une explosion des défaillances est redoutée par beaucoup dès ce dernier trimestre 2020. Mais, en réalité, alors que l’économie n’aura pas encore pansé toutes ses plaies, c’est davantage au cours du premier semestre 2021 – à la croisée des chemins de la reprise très gourmande en liquidités, et des premières échéances des PGE à rembourser au printemps – que l’heure de vérité pourrait sonner.»
(1). Etude «Défaillances et sauvegardes d’entreprises en France», www.altares.com/fr/publications/etudes-defaillances-sauvegardes-entreprises/t3-2020/
Baromètre - Le barreau de Paris vigilant sur les restrictions des libertés
Etat d’urgence sanitaire, confinement, tracking numérique, et risque fort de reconfinement. La crise sanitaire a bouleversé de façon inédite les droits et les libertés des citoyens. Pour alerter et prévenir contre d’éventuelles atteintes aux libertés fondamentales, le barreau de Paris a lancé en mai dernier la mission «Sentinelle des libertés». Cet observatoire a rendu public le 15 octobre les résultats de son premier baromètre des droits, portant sur la sécurité sanitaire et les libertés publiques. Deux cibles ont été interrogées entre le 8 et le 22 juillet 2020 : un échantillon représentatif de la population française (1 001 personnes de dix-huit ans et plus) et un échantillon de 645 avocats inscrits au barreau de Paris. L’étude met en lumière des différences notables dans l’appréciation des menaces qui pèsent sur les libertés individuelles entre les deux panels de personnes interrogées. Ainsi, 42 % des Français perçoivent une menace sur leurs libertés individuelles, alors que ce chiffre atteint 66 % chez les avocats parisiens. De même, dans le contexte de la crise sanitaire, 70 % des Français se disent prêts à accepter les mesures de restriction des libertés individuelles, contre seulement 56 % des avocats. «La question juridique qui se pose est de savoir si ces mesures, qui portent atteinte aux libertés, sont proportionnelles ou non. C’est là que notre observatoire des droits intervient», a commenté le bâtonnier Olivier Cousi.