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L'événement

Les avocats sont-ils les grands gagnants du Brexit ?

Publié le 29 juin 2016 à 17h24

Ondine Delaunay

La Grande Bretagne a parlé. Près de 52 % des électeurs ont opté pour le Brexit. Sauf événement imprévu, le pays devrait donc prochainement invoquer l’article 50 du Traité de l’Union pour engager une sortie de l’Union européenne.

Les avocats de la place parisienne sont sur le pont. La quasi-totalité des firmes a envoyé à la presse et à leurs clients des propositions d’éclairage et d’assistance sur les procédures à suivre. Car selon une étude menée en avril par Pinsent Masons auprès de plus de 1 000 sociétés britanniques, françaises et allemandes, seul un quart des organisations interrogées ont défini un plan d’action à mettre en place face aux risques découlant d’un Brexit, tandis que plus de la moitié des personnes interrogées (53 %) a avoué que le sujet n’avait fait l’objet d’aucune discussion au sein de leur conseil d’administration. Le secteur des services financiers apparaît néanmoins comme le plus préparé au changement, avec 58 % des sociétés ayant déjà abordé le sujet du Brexit lors de leur conseil d’administration et 51 % ayant défini un plan d’action. En comparaison, au sein du secteur de la construction, seules 27 % des entreprises ont dit avoir défini un plan d’action. Les prochains mois promettent donc d’être actifs du côté des cabinets d’avocats.

Si les cabinets anglais pourraient être bien placés pour remporter ce type de dossiers, les choses ne sont pas si roses en interne. Le Brexit risque en effet d’avoir des conséquences importantes sur leur organisation. Au niveau de la rémunération des avocats tout d’abord : selon The Lawyer les augmentations des collaborateurs pour l’année prochaine seraient d’ores et déjà gelées. A l’image de ce qui s’est passé durant la crise de 2008. Or les rémunérations, en livres sterling, ont déjà de fait perdu plus de 10 % par rapport à jeudi dernier. Tout comme les retraites des associés, même si la plupart d’entre elles sont calculées à partir d’un mix entre l’euro, la livre et le dollar. Des mouvements sont par ailleurs à prévoir dans les équipes, notamment londoniennes. Certains avocats pourraient en effet être tentés de suivre leurs clients sur le continent. Selon un sondage effectué ce week-end, une entreprise britannique sur cinq envisagerait déjà de délocaliser une partie de son activité. D’autres avocats pourraient être obligés de quitter les firmes britanniques pour poursuivre leur pratique, à l’image des avocats anglais spécialisés en droit communautaire qui ne pourront bientôt plus plaider devant la Cour de Luxembourg.


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La Lettre du 29 juin 2016

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