Le groupe de BTP, fort de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, acte la sortie d’Ardian et de Tikehau Capital à l’occasion de l’entrée au capital de 200 nouveaux managers aux côtés de l’équipe dirigeante menée par Jean-Charles Robin, président du directoire.
Désormais, 360 collaborateurs de Spie Batignolles détiennent majoritairement le capital, accompagnés par un consortium de cinq nouveaux investisseurs financiers : EMZ Partners, Tikehau Investment Management (la filiale de gestion d’actifs de Tikehau Capital), Société Générale Capital Partenaires, IDIA Capital Investissement et SOCADIF Capital Investissement. Ils misent ensemble un ticket global de 190 millions d’euros en equity et en OBSA, auquel Tikehau IM contribue à hauteur de 67 millions d’euros, remplaçant sa maison mère, Tikehau Capital, qui avait hérité de la participation minoritaire de Salvepar en 2010, et signe aujourd’hui sa sortie. De son côté, Ardian, qui détenait une participation de 18 % depuis 2014, solde son parcours au capital du groupe. En revanche, la holding de la famille de l’ancien dirigeant François-Xavier Clédat, qui était l’un des plus gros actionnaires du groupe, n’effectue qu’une sortie partielle. Depuis 2003 et son spin off du groupe Amec Spie (devenu Spie), l’ETI est contrôlée majoritairement par ses dirigeants et salariés. Il aura vu défiler plusieurs fonds d’investissement, habituellement majoritaires, qui se contenteront d’une part minoritaire pour accompagner son développement. Ce fut d’abord Equistone en 2003 qui prend 20 % du capital, rejoint par Salvepar en 2010, et remplacé par Ardian en 2014, qui passe le relais à son tour à un attelage de cinq financiers à l’ADN de minoritaire cette fois-ci. Spie Batignolles intervient dans six domaines d’expertise : construction, génie civil et fondations, énergie, travaux publics, immobilier et concessions. Disposant de 170 implantations en France et neuf à l’international, le groupe emploie plus de 7 000 collaborateurs. Depuis l’entrée d’Ardian au capital en 2014, Spie Batignolles a connu une forte croissance organique en participant notamment à de nombreux projets emblématiques tels que les chantiers du Grand Paris (lignes et stations de métro, centre d’exploitation…) ou le projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin. Le groupe accompagne également ses clients à l’international sur des métiers à forte expertise technique, notamment en Europe, en Afrique de l’Ouest et au Moyen-Orient. Il a par ailleurs mené une politique de croissance externe dynamique avec huit acquisitions réalisées au cours des trois dernières années. Le groupe a été conseillé sur les aspects corporate par King and Spalding avec Laurent Bensaid, associé, Véronique Gédéon, Laura Vanhoutte, Elisabeth Laforce et Julien Vicariot. . Arsene a accompagné Spie Batignolles et le management sur les aspects fiscaux avec Alexandre Rocchi, associé, et Noémie Bastien. Ardian était conseillé par Latham & Watkins avec Olivier du Mottay, associé, et Elise Pozzobon. Le consortium d’investisseurs financiers était accompagné par De Pardieu Brocas Maffei avec Jean-François Pourdieu, associé, et Sandra Benhaïm. Société Générale Capital Partenaires était conseillée par Sekri Valentin Zerrouk avec Pierre-Emmanuel Chevalier, associé, et Natacha Baratier.
Le conseil de Spie Batignolles et des managers : Laurent Bensaid, associé chez King & Spalding
Quelle est la particularité de cette opération ?
Spie Batignolles a déjà réalisé des opérations capitalistiques, qui ont notamment permis l’entrée au capital d’Ardian et de Salvepar en tant qu’investisseurs minoritaires. En raison de l’évolution à la hausse de la valorisation du groupe, le défi de cette nouvelle opération a été de permettre aux dirigeants et managers, anciens et nouveaux, de conserver le contrôle et l’indépendance du groupe, ce que nous sommes parvenus à faire.
Spie Batignolles a opté pour un consortium de cinq actionnaires minoritaires, comment a été composé un tel attelage ?
La composition du consortium résulte de la conduite d’un processus compétitif mené par deux banques d’affaires. Après l’étude de plusieurs propositions, le choix des dirigeants et managers s’est naturellement cristallisé autour d’EMZ, qui a été très motivé et impliqué dès l’origine du processus, et de Tikehau Investment Managers, qui connaissait déjà bien le groupe via l’investissement réalisé par Salvepar. Les filiales de capital investissement des partenaires bancaires du groupe ont également souhaité faire partie du tour de table et ont été choisis par le management également de manière assez naturelle.
Comment a été structuré l’actionnariat des 360 managers, dont 200 nouveaux ?
Des règles d’investissement uniformes ont été appliquées aux différentes catégories de dirigeants et de managers. Au regard de leur nombre important, il n’était pas envisageable de procéder à des traitements différenciés dans le cadre de leur investissement ou de leur liquidité future. La forte adhésion de l’ensemble des managers, anciens et nouveaux, au projet a constitué un atout important qui a contribué à sa réussite, dans un calendrier d’exécution assez court.