Le groupe Bertrand, actionnaire majoritaire de la joint-venture Burger King France détenant la master franchise Burger King en France, est entré en négociations exclusives avec Qualium Investissement, filiale de la Caisse des Dépôts, en vue d’acquérir le groupe Quick et ses 509 restaurants.
Le rapprochement envisagé permettrait au nouvel ensemble de devenir le deuxième acteur de la restauration rapide dans le pays, derrière McDonald’s. En France, les restaurants Quick passeraient progressivement sous la marque Burger King, tandis que la marque Quick serait maintenue en Belgique, au Luxembourg et hors d’Europe (Tunisie et Turquie). L’opération reste soumise à l’avis des représentants du personnel, aux accords nécessaires pour l’aménagement des emprunts obligataires existants de Quick et au feu vert des autorités de concurrence. Elle pourrait être finalisée d’ici la fin de l’année. Qualium avait racheté le fabricant du Giant en janvier 2007 auprès d’Albert Frère pour plus de 700 millions d’euros. La société a réalisé un chiffre d’affaires de l’ordre de 1 milliard en 2014. Le groupe Bertrand/Burger King France est conseillé par une équipe d’Olswang France menée par Christophe Gaschin, associé avec Jessica Schinkel, associée, Ian Ouaknine, Stanislas Marmion et Patrick Gérard-Boucher en corporate, Julien Monsenego, associé, et Laurent Ragot en fiscal, Karine Audouze, associée, et Amandine Racé en social, Clara Steinitz, associée, et Alya Bloum en IP. Granrut Avocats conseillait le groupe Burger King, avec Olivier Binder, associé. Qualium avait pour conseil Weil Gotshal & Manges, avec David Aknin, associé, Gautier Elies, counsel, et Paul Leroy en corporate, Romain Ferla, associé, et Alexandre Martin en concurrence, ainsi que Stéphane Chaouat, associé, en fiscal. Le management est assisté par Opleo Avocats, avec Pierre-Olivier Bernard, associé et Antoine Degorce. Pour les aspects financement, L’acquéreur est accompagné par Kirkland & Ellis à New York et Londres, tandis que Quick est épaulé par White & Case, avec Colin Chang, Samir Berlat, associés, Tuong-Vi Faber, Roman Picherack, Aïssatou Bah et François Jubin.
Le conseil de Groupe Bertrand/Burger King France : Christophe Gaschin, associé d’Olswang France
Comment les deux parties se sont-elles rapprochées ?
Le rapprochement entre le groupe Bertrand et Qualium s’est déroulé dans le cadre d’un processus classique d’enchères à la suite de la mise en vente de Quick par son propriétaire, épaulé par Goldman Sachs et Rothschild. Plusieurs fonds se sont semble-t-il manifestés, mais sans doute peu d’industriels compte tenu de la composition du marché de la restauration rapide en France, et le groupe Bertrand a été retenu.
Quel sera le déroulement de l’opération ?
Si la transaction a bien lieu, le groupe Bertrand va convertir progressivement tous les restaurants Quick en Burger King en France, ce qui représente un enjeu opérationnel important. Si l’on retient le segment de marché de la restauration rapide à l’anglo-saxonne, le nombre des grands acteurs du marché passerait de quatre à trois. L’opération s’inscrit dans la stratégie de Burger King France de développer son activité rapidement dans le pays.
Quelles difficultés juridiques avez-vous rencontrées ?
Classiquement, l’opération reste soumise à l’accord des instances représentatives du personnel et à l’approbation des autorités de la concurrence. Qualium et le groupe Bertrand précisent également que l’opération est soumise à des sollicitations de consentements (consent solicitation) permettant l’aménagement des emprunts high yield de Quick, principalement en vue de modifier certains termes de la documentation obligataire relative au changement de contrôle. Cette opération est par ailleurs particulièrement intéressante compte tenu du nombre de restaurants et de franchises concernés.
Pourquoi Qualium a-t-il fait le choix d’un industriel plutôt que d’un fonds ?
Qualium semble avoir fait le choix d’un industriel afin de pouvoir aboutir à un projet d’entreprise solide, avec de réelles perspectives de développement pour créer un nouvel acteur de la restauration. Olivier Bertrand rappelle également que la conjugaison des deux groupes dessinera un nouveau visage de la restauration rapide en France. De manière générale, nous voyons beaucoup de dossiers d’enchères qui réunissent des industriels et des fonds. Dans ce cas, il arrive fréquemment que le choix des vendeurs se fasse sur le projet industriel et les synergies futures.