La lettre d'Option Droit & Affaires

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Les Débats du Cercle : cette sixième édition confirme son succès

Publié le 3 mai 2017 à 15h33

Sarah Bougandoura

La sixième édition des Débats du Cercle, organisée par Option Droit & Affaires et le Cercle Montesquieu, a réuni près de 500 personnes à l’Hôtel des Arts et Métiers. De nombreuses thématiques ont été abordées, telles que la place grandissante du digital, les impacts des grandes réformes législatives sur la compétitivité ou encore la judiciarisation croissante de la vie économique.

Réservée aux membres du Cercle, la matinée a été rythmée par quatre ateliers aux thèmes particulièrement actuels. Les échanges et réflexions ont ainsi porté sur les dispositions de la Loi Sapin 2 et ses implications pour le juridique ainsi que sur les nouvelles formes de justice et les évolutions offertes par les legaltechs. Le thème du digital était également mis à l’honneur lors d’un débat sur l’impact de ces transformations en termes de management et d’organisation ; puis avec une présentation de la blockchain et de ses applications potentielles pour les milieux juridique et économique. La matinée s’est clôturée par l’attribution du Prix du Cercle, remis par Sandra Lagumina, Conseiller d’Etat, ex-directrice générale adjointe d’Engie, et membre du collège de l’Autorité de concurrence. Le Prix a récompensé cette année Pascal Durand-Barthez pour son ouvrage intitulé «Le Guide de la gouvernance des sociétés», paru aux éditions Dalloz.

Une judiciarisation croissante    

Ouverte au public, la deuxième partie de la journée, animée par Olivier Chaduteau, associé fondateur du cabinet Day One, fut tout aussi riche en débats. C’est face à une salle comble que Nicolas Guérin, président du Cercle Montesquieu et directeur juridique groupe d’Orange, a d’abord dressé un bilan des récentes actions du Cercle Montesquieu. Une étude sur l’employabilité des directeurs juridiques a été menée dernièrement aux côtés de Day One. Elle met notamment en lumière un certain décalage entre la réelle employabilité des directeurs juridiques et la perception de ces derniers qui ont tendance à sous-estimer leur place sur le marché du travail.

Car plus que jamais le directeur juridique occupe un rôle central au sein de l’entreprise, celui-ci étant de facto renforcé par la judiciarisation croissante de la vie économique. Cette problématique était d’ailleurs au cœur d’une première table ronde faisant intervenir notamment Philippe Ingall-Montagnier, premier avocat général de la Cour de cassation, et Hugues Villey-Desmeserets, associé chez BCTG Avocats, tous deux ayant regretté l’inflation réglementaire à laquelle les entreprises devaient faire face. Peu rassurant, cet environnement législatif peut aussi s’avérer contre-productif : «La complexification de la loi risque d’aboutir à l’effet inverse recherché, à savoir la protection», a souligné Xavier Hürstel, président-directeur général du groupe PMU. Dans ce contexte, les directeurs juridiques prônent une approche pragmatique et opérationnelle : «Il est important de se fier à des ressources internes à l’entreprise qui ne sont pas juristes, mais aident à l’analyse des process», a conseillé Bénédicte Bahier, directrice juridique du groupe Legrand.

Le second débat a porté sur le thème de «L’entreprise au centre des grandes réformes : quels impacts sur la compétitivité». Autour de la table : Jean-Pierre Charlet, vice-président exécutif, directeur juridique et secrétaire général de Gemalto, Alain Couret, associé du cabinet CMS Bureau Francis Lefebvre et professeur à l’université Paris I, Gérard Gardella, secrétaire général du Haut comité juridique de la place financière de Paris et Pierre Todorov, secrétaire général d’EDF. Si comme l’a noté Alain Couret, certaines réformes ont pour objectif d’améliorer la compétitivité du droit français, le but n’est pas toujours atteint. Un recours plus fréquent aux études d’impact des textes législatifs en préparation pourrait éviter certains écueils. Les intervenants sont également longuement revenus sur les nouvelles obligations en matière de compliance qui occupent aujourd’hui une place centrale dans l’entreprise. «Les directions juridiques doivent consacrer des moyens à de nouvelles fonctions tout en gardant le souci de la performance», a relevé Pierre Todorov. Tout l’enjeu consiste à démontrer aux parties prenantes que les efforts consentis sont également sources d’opportunités et améliorent les performances de l’entreprise. Des évolutions qui confortent par ailleurs le rôle de pivot de la direction juridique : «Ces nouvelles réglementations permettent aussi de donner une image positive du juriste», a noté Jean-Pierre Charlet. Cette complexité croissante participe en effet à une prise de conscience quant à la nécessité de développer une culture juridique.


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