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Portrait

La Banque Postale : la direction juridique de Dominique Rouquayrol de Boisse

Publié le 3 septembre 2014 à 15h57

Gabriel Mikulfka

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.

Qui la dirige

Faut-il lier cela à son passé d’ancien magistrat ? Dominique Rouquayrol de Boisse donne l’image d’un homme précis, attaché à n’appliquer un raisonnement juridique qu’à une réalité aussi exacte que possible. Né dans une famille d’avoués, le droit s’est rapidement imposé à lui. «Je m’imaginais plutôt avocat. Mais la volonté de servir l’intérêt général m’a poussé à intégrer l’école de la magistrature.» En 1989, sa première affectation est au tribunal de grande instance d’Albertville. En 1993, les vicissitudes de la gestion des carrières des magistrats lui donnent l’opportunité de devenir adjoint du directeur juridique de la Commission des opérations de Bourse. «Sans encore franchir la barrière, j’y ai découvert de très près la réalité économique des entreprises. Et j’ai été très intéressé.» En 2000, le temps est venu de réintégrer son corps d’origine. Il devient conseiller référendaire à la chambre sociale de la Cour de cassation : «Je suis resté très au contact de la vie économique, dans un des endroits de la magistrature les plus créateurs.» Mais comme souvent, le hasard a aussi joué. «J’ai fait la rencontre de François Pierson peu de temps avant qu’il ne soit nommé président d’Axa France. C’est lui qui me recrutera comme directeur juridique.» Il reste onze ans dans le groupe Axa. Le 2 avril 2012, il est nommé directeur juridique de La Banque postale, dont il devient à ce titre membre du comité exécutif. «La feuille de route était aussi claire qu’ambitieuse : constituer une direction juridique transversale, accompagnant au plus près le développement de chacun des métiers du groupe.» Plus de deux ans sont passés et l’enthousiasme est intact.

Comment elle s'organise

Avec 40 experts, la direction est composée de trois pôles, chacun d’environ onze personnes. «Offre et distribution» est dédié au conseil pour l’élaboration des produits. «Relation clients» réalise trois missions : accompagner le réseau La Poste chargé de la commercialisation des produits, conseiller les centres financiers et représenter la banque dans les organismes de place. Enfin, le pôle «droit des affaires» a la responsabilité de toute l’activité contractuelle et de droit économique. S’ajoute un service support secrétariat et documentation. «Chacun des pôles a un responsable et l’ensemble repose sur un esprit d’équipe auquel je suis très attaché.» Outre ses fonctions de management, le directeur juridique s’occupe des dossiers majeurs ou sensibles et hiérarchise les dossiers. «Toutes les semaines, je réunis les n-1 afin d’identifier et de partager les sujets majeurs.» A cela s’ajoutent des points bilatéraux avec chaque responsable. «Et tous les mois et demi, toute la direction est réunie. Deux objets : partager entre nous sur les grands dossiers et ouvrir la direction juridique aux autres directions de l’entreprise. Chacune vient d’ailleurs présenter ses activités.»

Comment elle se positionne

Dominique Rouquayrol de Boisse est rattaché au secrétaire général, membre du directoire. Le positionnement de la direction et la perception de celle-ci par les autres services est un enjeu majeur. «Notre objectif est que nos clients internes aient la conviction que nos conseils leur sont utiles et que nous contribuons au développement de leurs activités.» Il est lucide : «La marge de progrès existe néanmoins, sur le pragmatisme et la connaissance de l’entreprise. Nous devons connaître suffisamment bien la réalité des dossiers et des produits, les pratiques réelles de chacun pour délivrer un conseil pertinent.» Et d’ajouter : «Une direction juridique est une structure vivante qui n’a de cesse de devoir s’adapter à l’organisation qu’elle sert.» Et il résume : «La fonction juridique doit permettre au responsable d’agir en connaissance de cause, sans confisquer sa prise de décision, mis à part le risque pénal.» La direction publie d’ailleurs un journal «LEXPress», destiné aux autres directions.

Qui la conseille

Deux règles jouent en la matière : «Avant de prendre un conseil externe, nous devons déjà avoir notre propre opinion sur le sujet. Et le choix du conseil se fait uniquement sur sa valeur ajoutée Nous avons fait le choix de ne pas avoir de conseils dédiés, mais de procéder par appels d’offres.» On peut citer notamment : Allen & Overy, CMS Bureau Francis Lefebvre, Gide, Avens Lehman & Associés, Baker McKenzie, Darrois Villey Maillot Brochier et BDGS Associés.


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