La société américaine Sonoco, spécialiste mondial de l’emballage, a acquis le groupe allemand Weidenhammer Packaging, leader européen d’emballages composites, auprès de la famille Weidenhammer pour un montant de 286 millions d’euros.
L’acquéreur prévoit de financer la transaction en fonds propres et en dette. Cette opération fera de Sonoco l’un des leaders mondiaux d’emballages en papier rigide et devrait lui permettre de générer une augmentation du chiffre d’affaires atteignant 2,8 milliards de dollars. Weidenhammer Packaging prévoit pour 2014 de réaliser 244 millions d’euros de ventes et un Ebitda de 42 millions. Sonoco était conseillé par une équipe internationale de Reed Smith réunissant neuf bureaux aux Etats-Unis et en Europe avec, au sein du bureau parisien qui pilotait le dossier en Europe, Isabelle MacElhone, associée, et Bertrand Baheu-Derras en corporate, Séverine Martel, associée, et Fernando Teixeira en social, Henri Poublan en propriété intellectuelle, et Nicolas Walker en droit immobilier et droit de l’environnement. L’acquéreur avait également pour conseil les cabinets NautaDutilh en Belgique et aux Pays-Bas, Albagli Zaliasnik au Chili et Chadbourne & Parke en Pologne et Russie. DLA Piper conseillait la famille Weidenhammer avec, à Paris, Xavier Norlain, associé, Guillaume Boitel et Emilie Vuillin en corporate, Philippe Danesi, associé, et Stéphanie Schindler en social.
Le conseil de Sonoco : Isabelle MacElhone, associée de Reed Smith
Comment se sont déroulées les négociations ?
Les deux groupes se connaissaient depuis longtemps et des discussions avaient même été engagées il y a quelques années en vue d’un rapprochement. Les négociations ont donc été assez rapides pour trouver un accord. Le travail ayant nécessité le plus de temps était la constitution des data room dans tous les pays, car la cible est un groupe international. Il a donc fallu rassembler les informations juridiques, fiscales, comptables et opérationnelles de toutes les filiales, ce qui a quelque peu ralenti le processus. C’est une opération intéressante, car elle scelle l’union de deux géants des emballages composites qui comptent des clients très prestigieux. Il s’agit en outre d’une opération très internationale comprenant de nombreuses juridictions qu’il a fallu coordonner dans des délais serrés.
Quel mécanisme de prix a été retenu ?
Le prix est payé en numéraire par Sonoco et l’accord comprend un ajustement de prix basé sur le working capital (fonds de roulement) de Weidenhammer Packaging. Sonoco finance cette acquisition par de la dette bancaire – une syndication à hauteur de 250 millions de dollars – une émission de titres de créances aux Etats-Unis et du numéraire.
L’opération présente-t-elle des particularités juridiques ?
Juridiquement, compte tenu du nombre de filiales de la cible, il était important de faire simple. Nous avons eu à traiter des problématiques de brevets, de concurrence ou encore d’immobilier qui n’ont pas constitué d’obstacles particuliers. Nous attendons encore le feu vert des autorités de concurrence en Allemagne et en Russie, mais nous ne devrions pas rencontrer de difficultés. Au final, il est souvent plus facile de finaliser une opération lorsque le vendeur est un groupe familial car, dans la plupart des cas, tous les membres de la famille se sont mis d’accord pour la cession. Il n’est donc pas nécessaire de consulter une assemblée générale composée d’actionnaires aux intérêts divergents.
A l’image de cette opération, observez-vous un regain d’intérêt des acquéreurs américains pour les sociétés européennes ?
Nous observons en effet que beaucoup d’investisseurs américains regardent en ce moment des opportunités en Europe, et ce pour plusieurs raisons. L’Europe est à nouveau considérée comme un marché intéressant, car les entreprises restent sous-valorisées et ont profondément assaini leurs comptes depuis le début de la crise. Les acquéreurs américains estiment que les actions américaines sont à un point haut et que les potentiels de plus-values se situent en Europe. D’autre part, bien que les marchés émergents recommencent à intéresser ces investisseurs, ils ne leur ont pas encore donné suffisamment de gages de confiance par rapport à l’Europe. Enfin, le niveau actuel du dollar rend plus intéressantes les cibles européennes.
Le dynamisme actuel du marché des fusions-acquisitions est-il durable selon vous ?
Le marché des fusions-acquisitions a certes retrouvé un certain dynamisme en Europe, mais il faut toutefois rester raisonnable. En France, ce dynamisme est essentiellement la conséquence de trois opérations d’envergure (Alstom/GE, SFR/Altice et Lafarge/Holcim). Le midmarket reprend des couleurs, mais n’a pas encore retrouvé les niveaux élevés qu’il a connus il y a quelques années. S’il faut demeurer prudent, la disponibilité des financements et l’appétit retrouvé pour l’Europe sont néanmoins des signaux encourageants.