Le groupe Ipsos, leader français des études de marché et des enquêtes d’opinion, a finalisé la reprise de 100 % du capital de la start-up tricolore spécialisée dans la e-réputation et la veille sur les réseaux sociaux Synthesio.
Le montant total de la transaction est supérieur à 50 millions de dollars (44 millions d’euros). A noter que Synthesio constituera une ligne de métier indépendante au sein d’Ipsos, et conservera à la fois son nom et son identité de marque. De même, Loic Moisand et l’équipe dirigeante de Synthesio restent aux commandes de l’entreprise. Cette acquisition s’inscrit dans le cadre du plan de transformation d’Ipsos baptisé «Total Understanding», qui a pour ambition de lui permettre de se renforcer dans l’interprétation utile des données à l’horizon 2021. L’opération devrait en outre permettre au numéro 3 mondial des études de marché de continuer à renforcer ses capacités en Social Media Intelligence, afin d’aider ses clients à mieux comprendre les conversations sociales et de permettre la transformation des données issues des médias sociaux en «insights» stratégiques pour les entreprises. Créé en 2006 par Loïc Moisand et Thibault Hanin, Synthesio est le leader de la Social Media Intelligence. Parmi ses clients, pour lesquels le groupe analyse les propos et les retours des consommateurs sur les médias sociaux (blogs, forums, réseaux sociaux, sites web…) afin de les épauler dans leur stratégie marketing, Synthesio compte notamment MasterCard, Deloitte, Toyota, Subway, Kering, L’Oréal ou encore Airbus. La société possède des bureaux en France, à New York, à Londres, Singapour et Bruxelles, et compte 130 salariés en tout, dont une cinquantaine en France parmi lesquels on retrouve de nombreux ingénieurs et data scientists. Synthesio, qui réalise la moitié de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis contre 15 % environ en France, s’est développé depuis sa création avec le soutien de ses actionnaires historiques : Entrepreneur Venture, Idinvest Partners et Bpifrance, qui lui avaient apporté environ 30 millions d’euros. Gide Loyrette Nouel a assisté Ipsos avec Didier G. Martin, associé, et Julia Michorczyk sur les aspects corporate, ainsi que Thierry Dor, associé, et Aurélie Pacaud sur les aspects IP-TMT. Jones Day a accompagné les associés cédants de Synthesio avec Renaud Bonnet, associé, Alexandre Wibaux et Patricia Jimeno.
Dans quel contexte s’est déroulée l’acquisition de Synthesio par Ipsos ?
Le groupe Synthesio était en train de réfléchir à différentes options pour mener à bien la poursuite de son développement, que cela soit une introduction en Bourse ou l’entrée d’un investisseur à son capital. C’est dans ce contexte qu’Ipsos s’est rapproché de Synthesio, dont l’activité de Social Media Intelligence correspondait à un marché dans lequel Ipsos souhaitait se renforcer afin d’aider ses clients à mieux comprendre les conversations sociales et à mieux traduire ces données d’un point de vue stratégique. Par ailleurs, cette transaction entre dans le cadre du plan stratégique d’Ipsos, «Total Understanding», qui prévoit notamment la possibilité pour le groupe de faire des acquisitions ciblées dans le secteur clé des données. C’est dans ce contexte qu’Ipsos et les actionnaires de Synthesio ont conclu une opération de gré à gré.
Cette transaction a-t-elle présenté des particularités juridiques ?
Il s’agissait ici d’une opération de fusion-acquisition classique. La seule caractéristique, liée à la nature même de l’opération, était relative à la présence de nombreux cédants et titulaires d’options. Cela a naturellement eu un impact sur la documentation juridique et l’organisation du closing, et donc sur le travail de nos équipes.
L’opération intervient quelques semaines après le rachat du groupe français Mention par le suédois Mynewsdesk. De votre point de vue, peut-on parler d’un mouvement de consolidation sur le marché de la veille réputationnelle ?
Nous pouvons effectivement observer une certaine concentration du secteur, qu’illustre parfaitement l’opération Mention/Mynewsdesk. Cette tendance a sans aucun doute incité Ipsos à se positionner avec l’acquisition de Synthesio.