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Vestiaire Collective lève 178 millions d’euros et s’octroie le statut de « licorne »

Publié le 10 mars 2021 à 16h33

Ekaterina Dvinina

Vestiaire Collective, plateforme mondiale de mode de seconde main, réalise une levée de fonds de 178 millions d’euros, auprès du groupe de luxe français Kering et de la société d’investissement américaine Tiger Global Management.

Après une année 2020 qui a vu le volume de transactions sur le site augmenter de plus de 100 % par rapport à l’exercice précédent, cette levée de fonds octroie le statut de « licorne » à l’entreprise et la positionne pour amorcer une nouvelle phase d’accélération de sa croissance. Les actionnaires historiques – Maximilian Bittner, CEO de Vestiaire Collective, Bpifrance, Condé Nast, Eurazeo, certains des fonds gérés par Fidelity International, Korelya Capital, Luxury Tech Fund et Vitruvian Partners – réinvestissent également. Le secteur de la revente d’articles de seconde main connaissant une forte croissance, cette levée de fonds permettra à la plateforme d’accélérer son développement en matière d’innovation stratégique et de science de données. Lancée à Paris en 2009, Vestiaire Collective propose plus de trois millions d’articles, notamment des pièces de luxe, et revendique environ 11 millions de membres. La société emploie quelque 400 personnes en France, en Allemagne, aux Etats-Unis et à Hong Kong. Le groupe de luxe Kering, propriétaire de plusieurs marques parmi lesquelles Gucci, Yves Saint-Laurent et Bottega Veneta, prend une participation d’environ 5% du capital de Vestiaire Collective. Fondé en 2001, Tiger Global Management est un fonds d’investissement américain, actif dans le domaine des nouvelles technologies, des logiciels, de la consommation et des modes de paiement. La participation de ce fonds va permettre d’accélérer le processus de conquête du marché américain sur lequel l’entreprise française est déjà présente. Dechert a conseillé Vestiaire Collective avec Anne-Charlotte Rivière, et Xavier Leroux, associés, Aude Steinberg et Yan Boistay en corporate et structuration. Le bureau de Munich/Francfort est par ailleurs intervenu sur ces mêmes aspects. Sullivan & Cromwell a accompagné Kering avec Olivier de Vilmorin, associé, Nicolas Karmin, Johanne Dubucq et Brieuc Apffel en corporate ainsi qu’avec Nicolas de Boynes, associé, et Alexis Madec en fiscal. August Debouzy a épaulé Tiger Global Management avec Julien Aucomte, associé, Maxime Legourd et Sophie Faulcon en corporate ; Marie Danis, associé, Marie Valentini, counsel, Laura Bol et Alexandre Mennucci en contentieux ; Philippe Lorentz, associé, Elie Bétard et Franck Gapenne en fiscal ; Diane Reboursier, counsel, en social ; Aurélien Micheli en contrats et Cen Zhang en IP/IT/Data. Le bureau de New-York de Gunderson Dettmer a également accompagné Tiger Global Management sur les aspects de droit américain. Joffe & Associés a représenté les actionnaires historiques avec Thomas Saltiel, associé, et Océane Christmann en corporate. Eversheds Sutherland a assisté Vaultier7, un des fonds historiques ne figurant pas dans le nouveau tour de table, avec Sébastien Pontillo, associé, et Lancelot Montmeterme en corporate. Fidufrance Avocats a conseillé Luxury Tech Fund avec Grégoire Gilbert, associé, en corporate.

Conseil de Vestiaire Collective : Anne-Charlotte Rivière, associée chez Dechert

Depuis 2009, Vestiaire Collective réalise sa huitième levée de fonds. Comment s’est déroulé ce nouveau tour de table ?

C’était un processus concurrentiel, intermédié par la banque d’investissement Goldman Sachs. Après une entrée en exclusivité avec Tiger Global Management et le groupe Kering, l’opération a été conclue dans un timing très serré de quatre semaines. Le process a été conduit tambour battant. Chaque matin, vers 8 heures, nous avions des calls pour débriefer de tout ce qui s’était passé la nuit et se mettre en ordre de bataille pour la journée. L’ensemble des intervenants était dans un état d’esprit constructif et poussait dans le même sens. Cela a permis de finaliser le dossier en seulement quatre semaines et non les six ou huit généralement nécessaires pour un tel dossier.

Quelle est selon vous la principale particularité de ce dossier ?

C’est le nombre élevé d’intervenants. Aux côtés de nouveaux entrants, il y avait des fonds existants, entrés au capital à des périodes différentes, dont plusieurs souhaitaient réinvestir. Il y avait beaucoup d’intérêts à aligner et donc un important travail de coordination de toutes les parties prenantes à la transaction. Sur ce dossier, notre cabinet a produit l’ensemble de la documentation et a coordonné les différents échanges.

Comment expliquez-vous un développement aussi soutenu de Vestiaire collective ?

Le bureau parisien de Dechert assiste Vestiaire Collective depuis sa levée en série G, en 2019. Mais avant cela, c’est Federico G. Pappalardo, associé du bureau de Munich, qui accompagnait Maximilien Bittner, le CEO du groupe, dans son aventure. C’est une société qui a su faire ses transitions, notamment avec l’arrivée de Maximilien Bittner. Il y a toujours de forts enjeux pour les entreprises de cette taille pour pouvoir accélérer le développement, recruter suffisamment, etc. Tout en poursuivant sa croissance, Vestiaire Collective a su garder son esprit de start-up et son enthousiasme qui sont très porteurs. C’est une des clés de son succès. De plus, son modèle économique répond à une problématique qui fait partie des grands sujets de société. Le fait de donner une seconde vie aux vêtements et aux accessoires permet de rendre la mode à la fois plus accessible et plus écologique. 


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