La lettre d'Option Droit & Affaires

PORTRAIT

Decathlon : la direction juridique et compliance de Noémie Wallaert

Publié le 11 février 2026 à 11h34

Chloé Enkaoua    Temps de lecture 5 minutes

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d’une direction juridique.

Qui la dirige

Noémie Wallaert

C’est son goût pour la défense et la justice qui, très tôt, a poussé Noémie Wallaert à se diriger vers des études de droit. Au cours de sa deuxième année universitaire, son intérêt pour la matière naît véritablement : « J’ai alors pris conscience que j’avais une vraie appétence pour les constructions juridiques », se souvient cette Lilloise d’origine. Après une maîtrise de droit privé obtenue à l’université catholique de Lille, l’étudiante passe avec succès l’examen d’entrée au CRFPA, mais décide auparavant d’approfondir son cursus avec un DEA de droit des contrats – droit des affaires. En décembre 2000, elle prête serment et intègre PwC Société d’Avocats, toujours dans la capitale des Flandres. « Petit à petit, j’ai gravi les échelons jusqu’à ce qu’une amie m’indique en 2009 que le groupe Decathlon était en train de créer un poste de responsable juridique M&A, rapporte la juriste. A ce moment-là, j’attendais mon deuxième enfant et n’envisageais pas forcément de changer de trajectoire. C’est avant tout par curiosité que j’ai passé les entretiens. » Une initiative qui porte toutefois ses fruits ; en janvier 2010, Noémie Wallaert rejoint la société française spécialisée dans les articles de sport et de loisirs en tant que M&A legal manager. Le passage du cabinet d’avocats au monde de l’entreprise marque néanmoins une rupture… « Cela a été un choc, sourit-elle. Outre le fait que Decathlon soit un groupe avec une très forte culture, je suis passée d’un environnement de 15 personnes à environ 60 000 collaborateurs dans le monde, et d’un rôle de producteur du droit à une fonction support. » Un éloignement de la pure technique juridique compensée par une vision à 360° du business. En 2014, le groupe effectue un recentrage et les opérations de croissance externes se raréfient. La juriste se voit alors proposer un poste de legal risk manager qui l’amène à appréhender des questions de cartographie des risques et surtout à découvrir la compliance, sujet totalement nouveau pour l’entreprise. La loi Sapin 2 marque un autre tournant : en 2017, Noémie Wallaert crée la fonction de compliance officer chez Decathlon, avant de prendre en 2019 les rênes d’une direction juridique alors fragilisée par plusieurs années sans pilotage structuré. En pleine crise sanitaire, elle engage une réorganisation profonde visant à créer une véritable filière juridique et compliance au sein du groupe.

Comment elle s’organise

La direction juridique de Decathlon représente une communauté d’environ 330 personnes, l’entreprise étant présente dans une soixantaine de pays. En central, elle regroupe actuellement 110 collaborateurs répartis en 6 pôles : Corporate (secrétariat juridique, M&A, actionnariat salarié, droit du financement…) ; Propriété Intellectuelle (gestion et protection du portefeuille d’actifs immatériels du groupe, partenariats, sponsoring…) ; Business & Operations (activités industrielles, achats, supply chain, retail, BtoB…) ; Ethique & Compliance (anticorruption, sanctions internationales, devoir de vigilance, concurrence…) ; Digital/Data & Privacy (IA, accompagnement des projets digitaux, protection des données personnelles…) ; et Legal Operations (automatisation et digitalisation, marketing de la fonction juridique, gestion budgétaire…). « Nous accompagnons toutes les étapes de la vie du produit sportif dans un environnement marqué par la conquête de nouveaux marchés, la montée en puissance de business models tels que la franchise ou l’économie circulaire, les enjeux liés à l’IA et les tensions géopolitiques », commente la directrice juridique.

Comment elle se positionne

Rattachée au directeur général délégué Jean-Marc Lemiere, la direction juridique et compliance de Decathlon s’appuie notamment sur une comitologie dédiée dans certains domaines lui permettant d’être informée des différents sujets de ses clients opérationnels. « En parallèle, j’anime depuis un an un planning stratégique afin de suivre l’avancée des projets et de m’assurer de l’alignement de nos travaux quotidiens avec la stratégie de l’entreprise », précise Noémie Wallaert. Un plan de formation du comité exécutif a également été mis en place afin de sensibiliser ses membres à des enjeux tels que l’anticorruption, les droits humains ou encore la protection des données. « L’objectif est d’être en permanence connectés au business et aux décideurs, affirme la directrice juridique. Ce qui compte, c’est d’avoir le bon niveau d’information et d’entretenir des relations de qualité avec les membres du comex. »

Qui la conseille

La direction de Noémie Wallaert fait régulièrement appel à Norton Rose Fulbright avec Christian Dargham, associé, en compliance et droit pénal ; à CVS Avocats à Lille avec Thomas Deschryver, associé, en droit des affaires et contentieux ; à Inside Avocats avec Benjamin Gras, associé, sur des sujets de détachement ponctuels ; à Hogan Lovells avec Etienne Drouard, associé, en digital/data ; ou encore à Racine avec Charles Bouffier sur les aspects IP.


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