Le groupe Option Finance organisait le 6 novembre dernier «Les rencontres du M&A». Avec 680 inscrits et une liste d’invités prestigieux, l’événement a permis d’aborder l’ensemble des questions touchant à la stratégie d’acquisition : du ciblage de la cible jusqu’à l’intégration en passant par le rôle du conseil d’administration et la fixation du prix.
Si tous les facteurs porteurs d’un environnement exceptionnel sont réunis pour permettre la concrétisation de nombreuses opérations de fusions-acquisitions, force est de constater que le marché européen et notamment celui de la France peinent un peu à démarrer. Ils sont pourtant en ébullition et nombre de sociétés se disent dans les starting-blocks, regardant attentivement les opportunités d’acquisitions. Car en période de faible croissance, les sociétés préfèrent le M&A à l’investissement en R&D. La première table ronde de la matinée avait pour thème le pré-deal, le screening du marché et la stratégie de M&A. Deux représentants du monde de l’entreprise ont témoigné de la dynamique d’utilisation du M&A par leur groupe, avec des approches assez différentes. Alexandre Menais, groupe head of M&A stategy and corporate development d’Atos a rapidement rappelé l’histoire du développement de cette entreprise, aujourd’hui cotée, qui s’est construite par une succession de rapprochements et de croissances externes lui donnant aujourd’hui accès au club des cinq premières sociétés de services informatiques au monde. «Le M&A répond à la stratégie de l’entreprise et inversement, a-t-il expliqué.» Le groupe SNCF, représenté par Julie Reiner, head of M&A, utilise quant à lui le M&A pour se moderniser et faire évoluer son business model. Le groupe a pour objectif de devenir un opérateur de mobilité, c’est-à-dire de faire voyager les gens d’un point A à un point B et non plus seulement de gare à gare. Le groupe a ainsi notamment acquis la société Ouicar, une start-up de location de voitures entre particuliers.
Le rôle crucial des conseils
Durant la phase de pré-M&A, l’entreprise peut choisir de se faire assister de conseils. Alexandre Menais témoigne : «L’aspect humain dans le travail du banquier d’affaires dans un deal M&A est essentiel.» C’est lui qui pourra trouver la cible, approcher son management et ainsi faire une interface entre l’acquéreur et le vendeur. «Le banquier d’affaires permet souvent d’approcher une entreprise qu’une approche directe rendrait nerveuse», soutient Arnaud Bochet, directeur associé d’Hottinguer Corporate Finance. L’avocat tient également un rôle important dans la préparation des équipes de management à l’opération et surtout pour vérifier l’ensemble des questions juridiques et fiscales susceptibles de se poser. Alexis Marraud des Grottes, avocat associé d’Orrick Rambaud Martel a ainsi détaillé les potentiels sujets boursiers à gérer, mais également les questions touchant au droit de la concurrence et à la fiscalité, sans oublier de préciser l’importance de se faire représenter par des conseils locaux lorsque le développement vise l’international.
La préparation de la société à la croissance externe est en somme indispensable. «Un process fair et une entreprise préparée sont aussi importants que la stratégie dans une opération de M&A», a insisté Arnaud Bochet. Et à ce titre, les outils de screening et de due diligences de Bureau Van Dijk, présentés par Thomas Perathoner, responsable marketing, se révèlent d’une aide précieuse.
Différentes typologies de deals
Plusieurs types d’opérations sont envisageables. L’acquisition majoritaire bien sûr, mais également la prise de participation minoritaire voire la mise en place de partenariats. Les développements envisagés dans des pays en voie de développement passent souvent par la mise en œuvre de partenariats, première marche à une future acquisition majoritaire. Dans certains pays, comme en Israël, l’implantation d’un groupe étranger passe par la conclusion d’un accord de coopération avec une société locale. Une démarche qui permet finalement de «connaître le pays, sa culture, son organisation et ses contraintes», témoigne Julie Reiner. Mais le chef d’entreprise devra toujours avoir à l’esprit l’étape suivante.