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M&A - Les valorisations des PME européennes accusent une baisse
Après deux années de progression quasi constante, les prix d’acquisition des PME non cotées européennes affichent une baisse. L’indice Argos, réalisé par le fonds européen Argos Wityu et la plateforme Epsilon Research, s’établit à 9,3 fois l’Ebitda au premier trimestre 2020 (sur la base de la médiane du prix des transactions mid market des six derniers mois) contre 10,3 fois l’Ebitda au trimestre précédent. «Nous assistons à une baisse très nette des valorisations alors même que la période étudiée s’arrête au 31 mars, soit peu de temps après le début du confinement, souligne Louis Godron, managing partner d’Argos Wityu. Les acteurs du non coté ont anticipé les moins bonnes perspectives macroéconomiques, avec une correction encore plus marquée sur les petites entreprises.» Dans le détail, ce sont les fonds d’investissement qui ont le plus serré les cordons de la bourse. Le prix médian payé par les financiers a chuté de 12 % sur le trimestre (pour s’établir à 8,8 fois l’Ebitda), tandis que le prix versé par les industriels a diminué de 6,5 % (pour s’établir à 10 fois l’Ebitda).
Les valorisations des entreprises non cotées ont toutefois moins souffert que celles des sociétés cotées. Ces dernières voient leur multiple chuter à 6,8 fois l’Ebitda (- 21 % par rapport au trimestre précédent) bien en dessous donc de la valeur des PME non cotées (9,3 fois l’Ebitda). Un écart historique qui doit cependant être nuancé en raison de la méthodologie utilisée. Les multiples des sociétés cotées sont en effet calculés avec les valorisations au 31 mars 2020, en pleine crise du Covid-19, tandis que l’indice Argos est calculé sur les six mois précédents.
Enfin, le volume de transactions sur le mid-market européen a lui connu une augmentation de 15 %, porté par le dynamisme de l’Allemagne, suivi du Benelux et de la France. Une bonne nouvelle qui devrait être de courte durée, le managing partner d’Argos Wityu anticipant une baisse du nombre d’opérations sur les prochains trimestres : «Les acheteurs vont attendre d’avoir plus de visibilité, note Louis Godron. Par ailleurs, les mesures d’aides gouvernementales ont permis à un certain nombre d’entreprises de stabiliser leur trésorerie. Même si ces groupes peuvent étudier une réorganisation, ils ne sont pas dans l’obligation de céder leur activité en urgence. Nous restons néanmoins plutôt positifs quant aux perspectives à plus long terme, car contrairement à 2008, le niveau de liquidité reste élevé.»
Tech - LPA CGR s’investit dans un consortium de recherche sur l’application de la blockchain dans l’immobilier
LPA-CGR avocats, qui s’est engagé depuis plus d’un an dans un processus de digitalisation en nouant des partenariats avec plusieurs acteurs du secteur de la legaltech, a décidé de créer un groupe de recherche sur l’utilisation dans le secteur immobilier de la blockchain. Cette technique permet d’enregistrer des données de façon vérifiable et infalsifiable. L’initiative a été lancée en collaboration avec Espi2R, équipe de recherche de l’Espi (Ecole supérieure des professions immobilières), Olarchy, ainsi qu’avec des professionnels et des étudiants. Olarchy est une plateforme dédiée à la gestion de projets immobiliers professionnels. Elle propose aux investisseurs professionnels et locataires des process de transactions simplifiés et sécurisés notamment via la blockchain. L’enquête lancée comprendra un questionnaire qualitatif et un questionnaire quantitatif. Le premier est réalisé par des étudiants d’Espi auprès des assets managers et des dirigeants (foncières et structures opérant dans l’immobilier) dans le cadre de leurs travaux de recherche. Le second sera diffusé pour commencer auprès des alumni d’Espi et des contacts des membres du consortium. Les réponses de quelques milliers de participants sont attendues. Le but est d’apprécier le degré actuel de compréhension de la blockchain et ses apports potentiels à l’immobilier, la connaissance de l’état de l’art, la connaissance de l’état du droit à l’instant T ainsi que le potentiel d’acceptation de cette technologie par les acteurs de l’immobilier. Les résultats de l’enquête seront compilés dans un livre blanc. Enfin, un prototype appliqué au contrat de bail en immobilier («smart contract»), permettra de suivre l’exécution de ce contrat réalisée de bout en bout sur la blockchain et d’apprécier les conditions de son déploiement ultérieur auprès des professionnels.