La lettre d'Option Droit & Affaires

Deal de la semaine

Société Générale se sépare de Lyxor qui va rejoindre Amundi

Publié le 14 avril 2021 à 14h46    Mis à jour le 14 avril 2021 à 16h57

Ekaterina Dvinina

Amundi, le numéro un européen de la gestion d’actifs s’apprête à mettre la main sur Lyxor, filiale de la Société Générale spécialisée dans la gestion d’actifs et un des acteurs majeurs sur le marché des ETF (fonds indiciels cotés).

Amundi, filiale cotée du Crédit Agricole, et Société Générale ont officialisé leur entrée en négociations exclusives en vue de l’acquisition de la quasi-totalité des activités de Lyxor pour un prix en numéraire de 825 millions d’euros. Le périmètre cédé porte sur 124 milliards d’euros d’encours gérés par Lyxor. Avec cette opération, Amundi deviendrait le numéro deux européen de la gestion des ETF (derrière l’américain Blackrock), avec 142 milliards d’euros d’encours combinés, une part de marché de 14 % en Europe, et un profil diversifié tant en termes de clientèle que de géographie. Né en 2010 à la suite de la fusion entre Société Générale Asset Management (SGAM) et Crédit Agricole Asset Management (CAAM), Amundi totalisait 1 729 milliards d’euros sous gestion à la fin 2020. La finalisation de cette transaction interviendra au plus tard en février 2022, après consultation des instances représentatives du personnel de la Société Générale, et sous réserve d’obtention préalable des autorisations des autorités réglementaires et de la concurrence. Amundi a été assisté par Clifford Chance avec Mathieu Remy, associé, Alexandre Merle, counsel, Jehanne Talha,Katerina Drakoularakou, Alexis Mesnildrey et Karim Mernissi en corporate/M&A ; Frédérick Lacroix, associé, Pierre d’Ormesson et Marie Savatier en réglementaire, Véronique de Hemmer Gudme, directrice des affaires réglementaires, Laura Daudin-Antoine et Pia Sabatier sur les aspects fonds, David Tayar, associé, Victoria Baltrusch et Salomé Haddou en antitrust, Cécile Zoro, counsel, et Jocelyn Hagneau en social et Alexandre Lagarrigue, associé, et Pierre Goyat en fiscal ; par Fromont Briens avec Cyrille Franco, associé, et Sarah Sagar en social ; par Aramis avec Aurélien Condomines, associé, en antitrust ainsi que par PwC Société d’Avocats avec Virginie Louvel-Loréal, associée, et Lidija Volpe sur la due diligence fiscale. Société Générale a été conseillée par Allen & Overy avec Jean-Claude Rivalland, associé, Anne-Caroline Payelle, counsel, et Thibault Debrai-Malot en corporate/M&A ; Brice Henry, associé, Pascal Molinelli et Pauline Robin en réglementaire ; Mathieu Vignon, associé, et Ageu Pires en fiscal ; Florence Ninane, associée, et Clémence d’Almeida en antitrust et Laurie-Anne Ancenys, counsel, en IT ; ainsi que par Flichy Grangé Avocats avec Joël Grangé et Jeannie Crédoz-Rosier, associés, et Caroline Donetti en social. Côté Société Générale, Carine Galluchon, corporate M&A lawyer – director, était en charge des questions juridiques.

Conseil d’Amundi : Mathieu Remy, associé chez Clifford Chance

La Société Générale a enclenché en novembre dernier la vente de sa filiale Lyxor. Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en faveur d’Amundi dans ce processus d’enchères ?

C’est d’une part la qualité de l’offre proposée par Amundi et d’autre part la relation de partenariat plus large qui existe entre Amundi et le groupe Société Générale. Le rachat de Lyxor est d’une certaine façon la suite naturelle de la création d’Amundi, né du rapprochement en 2010 des activités de gestion d’actifs de Crédit Agricole et de Société Générale qui a été actionnaire d’Amundi jusqu’à son introduction en Bourse en 2015.

Quelles sont les spécificités juridiques de ce dossier ?

Ce deal entre deux acteurs français majeurs du secteur financier est plus international qu’il n’y paraît à première vue. Lyxor est présent dans une douzaine de pays, en Europe, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Asie. Amundi de son côté est également un groupe international de premier plan. Le nombre élevé de juridictions concernées fait partie des éléments importants dans la structuration de l’opération, notamment en ce qui concerne les aspects réglementaires. Certaines activités ponctuelles ont par ailleurs vocation à rester au sein de Société Générale et vont nécessiter une réorganisation préalable, ce qui n’est pas inhabituel dans ce type d’opérations.

Que représente cette opération pour Amundi ?

Amundi réaffirme avec cette transaction son rôle de consolidateur du marché. Première société de gestion d’actifs en Europe, elle va également devenir un acteur de premier plan sur le marché des ETF. Cette opération s’inscrit dans la « success story » d’Amundi qui a su mener un grand nombre d’opérations de croissance externe d’importance depuis sa création. C’est également un message fort qui illustre le positionnement renforcé de la place financière de Paris post-Brexit.

Comment décrirez-vous le marché M&A en cette période de confinements successifs ?

Nous constatons une forte reprise des opérations de fusion et acquisitions. Nous sommes désormais sortis de la période d’attentisme qui avait marqué le début de la crise sanitaire. Cette opération, ainsi que de nombreuses autres en cours de réalisation, est la concrétisation d’un retour sur un cycle M&A soutenu et je ne pense pas que le nouveau confinement puisse affecter cette tendance. 


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Quid des droits de la défense en matière d’enquêtes internes

Sahra Saoudi

Depuis la loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique dite Sapin 2, de plus en plus d’enquêtes internes sont diligentées au sein des entreprises concernant des faits susceptibles de constituer une infraction pénale. Un groupe de travail composé d’avocats du barreau parisien (1) s’est penché sur le sujet, mais du côté des droits de la défense. Dorothée Hever, qui a dirigé le rapport rendu en mars, et Lucie Mongin-Archambeaud, membre du collectif, dressent un état des lieux du phénomène et livrent leurs pistes d’amélioration du mécanisme.

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