La lettre d'Option Droit & Affaires

DEAL DE LA SEMAINE

Un quatuor de financeurs pour épauler le développement d’Elyse Energy

Publié le 18 décembre 2024 à 10h03

Emmanuelle Serrano    Temps de lecture 5 minutes

La PME Elyse Energy, spécialisée dans la production de carburants durables et de matières premières bas carbone, sécurise 120 millions auprès du fonds néerlandais PGGM et de la banque Bpifrance, ainsi que de ses actionnaires existants Hy24 et Mirova. Un jalon clé pour l’entreprise qui se positionne dans une logique industrielle de long terme.

A l’heure où l’urgence climatique est sur toutes les lèvres, les sociétés œuvrant en faveur de la décarbonation ont la cote. La société lyonnaise Elyse Energy, créée il y a quatre ans à peine, ne fait pas exception. Elle vient de sécuriser une levée de fonds de 120 millions d’euros qui doit lui permettre d’accélérer le développement de ses projets de production d’e-méthanol et de carburants d’aviation durables en France et en Europe. Même si elle affiche environ 900 000 euros de pertes sur son exercice 2023, Elyse Energy a convaincu Hy24 et Mirova, ses actionnaires, de remettre au pot et a séduit deux nouveaux entrants : le gestionnaire de fonds de pension néerlandais PGGM et la banque publique d’investissement Bpifrance. Il faut dire que le quatuor a été actif ces derniers mois. La société de gestion globale d’actifs Mirova, filiale de Natixis Investment Managers, va injecter jusqu’à 480 millions d’euros dans le producteur autrichien d’énergies renouvelables RP Global (ODA du 30 octobre 2024). De son côté, Hy24 a mené une levée de fonds de 200 millions d’euros spécialisée dans la mobilité hydrogène (ODA du 17 avril 2024). Quant à PGGM, il avait notamment mené en début d’année le tour de table record de 304 millions d’euros de la start-up Electra, spécialisée dans les recharges de batteries électriques (ODA du 24 janvier 2024). Elyse Energy est accompagnée par CLP-Cliperton avec Thomas Clément, associé, Maryon Demoulin, counsel, Arled Kosova, en corporate et en financement ; et Bertrand Galvez, associé, en droit fiscal ; ainsi que par WFW avec Laurent Battoue, associé, Antoine Bois-Minot, counsel, Amandine Collard et Catherine Masquelet, sur les aspects droit public, réglementaires et contrats de projet ; Thomas Rabain, associé, Lucile Mazoué et Chloé Léonard, en corporate ; et Karine Audouze, associée, Amandine Racé, en droit social. Hy24 est assisté par DLA Piper avec Fanny Combourieu, associée, Thomas Guillier, counsel, en droit fiscal. Le consortium composé d’Hy24, PGGM, Bpifrance et Mirova est conseillé par Gide Loyrette Nouel avec Alexis Pailleret, associé, Chloé Bouhours et Sophia Messedi, en corporate/M&A ; Marie Bouvet-Guiramand, associée, Pauline Coulon, sur les aspects projets ; Emma George, Léa Couturier et Camille Fromentin, en droit public ; et Pauline Manet, counsel, Johanna Degraëve, en droit social. PGGM est conseillé par Linklaters avec Samuel Bordeleau, associé, en énergie & infrastructure ; et Mehdi Boumedine, associé, en corporate/M&A ; avec le le bureau de Londres.

Le conseil d’Elyse Energy : Thomas Clément, associé chez CLP-Cliperton

Dans quelle trajectoire stratégique s’intègre cette levée de fonds ?

Elyse Energy veut innover en offrant des carburants de synthèse à base d’hydrogène vert. Son ambition est de se doter de ses propres sites de production à l’horizon 2030. Mais cela a un coût : entre plusieurs centaines de millions ou milliards d’euros par projet. Le but de l’opération – qui a vu Hy24 devenir actionnaire à cette occasion – est de financer certains d’entre eux jusqu’au stade de la décision finale d’investissement (FID). Le deal a été structuré en ayant en tête que l’ambition industrielle d’Elyse Energy demandera d’autres financements pour se réaliser. Leur forme n’a pas encore été fixée à ce stade mais cela pourrait vraisemblablement être de la dette bancaire ou bien encore des subventions publiques ou d’autres mécanismes de soutien.

Quels en ont été les défis ?

Sur le plan corporate, cette levée de fonds devait s’articuler avec les investissements précédents. La diversité des acteurs du tour de table a nécessité des ajustements, car les entités juridiques concernées et les instruments déployés étaient variés. D’un point de vue stratégique, Elyse Energy est en plein développement. La société n’a pas encore d’infrastructures ou de revenus opérationnels. Il a donc fallu faire en sorte qu’une logique de capital-risque s’adapte à une temporalité industrielle. Cela impliquait de prévoir des conditions juridiques adaptées à l’entrée de nouveaux fonds, à terme.

Des contraintes réglementaires spécifiques se sont-elles posées ?

Elyse Energy est un des acteurs du projet BioTJet qui a pour but de produire des carburants aéronautiques durables en partenariat avec IFP Energies nouvelles, le groupe Avril et BioNext. Cette initiative a reçu le soutien de l’Ademe dans le cadre du 4e programme d’investissements d’avenir (PIA) - France 2030. Nous avons donc vérifié que le nouveau tour de table effectué ne contrevenait pas à ce soutien préexistant.

Bpifrance participe au tour de table. Est-ce que cela vise à rassurer de nouveaux investisseurs ?

La présence de Bpifrance au tour de table ne constitue pas une aide d’Etat et s’inscrit dans un accord de marché classique régi par des conditions alignées sur celles consenties aux acteurs privés partenaires de cette opération de financement. La filière hydrogène a suscité un grand enthousiasme au tournant des années 2010, mais a connu ces dernières années certains retards. Son développement en Europe passera entre autres par un accroissement du soutien réglementaire, notamment pour promouvoir l’usage de ces carburants plus respectueux de l’environnement.


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