La lettre d'Option Droit & Affaires

Le deal de la semaine

La medtech Biom’Up lève plus de 38 millions d’euros sur Euronext

Publié le 18 octobre 2017 à 16h06

Coralie Bach

Biom’Up réussit son introduction en Bourse sur le marché réglementé d’Euronext à Paris.

Valorisée le jour de sa cotation près de 113 millions d’euros, la medtech récolte 38,1 millions d’euros, un montant qui devrait être porté à 43,9 millions d’euros, l’option de surallocation devant a priori être intégralement exercée. Basé à Saint-Priest, dans la métropole lyonnaise, Biom’Up conçoit des produits hémostatiques destinés aux différentes spécialités chirurgicales. Son produit phare, Hemoblast Bellows, vise à maîtriser les saignements lors d’une opération et à limiter les risques de complication. L’augmentation de capital doit permettre à la jeune pousse, qui emploie actuellement 67 personnes, dont 56 en France, de poursuivre son développement en renforçant ses équipes commerciales, notamment aux Etats-Unis. La société a ainsi déposé un dossier d’homologation auprès des autorités américaines et espère obtenir une autorisation d’ici mi-2018. Des investissements doivent également être réalisés afin d’élargir la gamme de son produit à d’autres applications comme la chirurgie du genou, ou la chirurgie esthétique. Fondée en 2005, Biom’Up a depuis sa création reçu le soutien de nombreux fonds d‘investissement, avec plus de 42 millions d’euros collectés. Ses actionnaires ont par ailleurs soutenu l’opération en s’engageant à hauteur de plus de 10 millions d’euros : Bpifrance, qui demeure le premier actionnaire, a investi 5,5 millions d’euros, Gimv 1,95 million d’euros, suivis de Lundbeckfond Ventures (1,45 million d’euros), Turenne Capital (1 million d’euros), Jaffnah (0,10 million d’euros) et ACG Management (0,10 million d’euros). Orrick conseille Biom’Up avec, à Paris, Etienne Boursican, associé, Olivier Edwards, senior counsel, et Alexandre Zuber sur les aspects marché de capitaux et corporate et Anne-Sophie Kerfant, associée, sur les aspects fiscaux. Dechert accompagne les chefs de file et teneurs de livre associés Bryan Garnier & Co  (coordinateur global) et RBC Europe Limited avec, à Paris, François Hellot, associé, Quentin Durand, Benhouda Derradji et Emmanuelle Benvenuti sur les aspects marchés de capitaux ; Marianne Schaffner, associée, et Colin Devinant en propriété intellectuelle.

Le conseil de Bryan Garnier & Co et RBC Europe Limited : François Hellot, associé chez Dechert

Quel est l’objectif de l’introduction en Bourse de Biom’Up ?

Biom’Up a jusqu’à présent été financée par des fonds de capital-risque. De façon assez naturelle, la poursuite de son développement et de ses investissements impliquait de trouver un autre relais de financement afin d’entamer une nouvelle étape. L’opération, soutenue par les investisseurs historiques, est un succès, avec une option de surallocation qui devrait probablement être exercée. Biom’Up a ainsi su convaincre un large panel d’investisseurs, originaires de France, d’Europe et même des Etats-Unis.

Quelles sont les caractéristiques de l’opération au niveau juridique ?

L’une des particularités de l’IPO repose sur la modalité retenue pour le placement de titres aux Etats-Unis. Sur nombre d’opérations françaises, nous constatons que les investisseurs américains ont des difficultés à se positionner, en raison d’un calendrier de placement assez court, mais également d’une asymétrie d’accès à la recherche, plus complexe que pour les investisseurs européens. Les notes d’analyse sont diffusées en Europe avant le pricing, pénalisant de fait les investisseurs américains qui n’y ont accès qu’après. Dans le cas de Biom’Up, le choix a été fait de restreindre ce placement privé à quelques investisseurs américains dits «QIBs», réalisé dans le cadre de la règle 4(a)(2) d’exemption d’enregistrement auprès de la SEC. Ce choix s’est avéré efficace, puisqu’il a permis à plusieurs fonds américains de souscrire à l’augmentation de capital de Biom’Up.

Le contexte est-il favorable aux opérations de marché pour les biotech et les medtech ?

Durant l’été, plusieurs tentatives d’opérations auprès d’investisseurs américains portées par des émetteurs français de ce secteur ont finalement dû être reportées. Les marchés, français comme américains, manifestaient assez peu d’enthousiasme pour ce type de valeurs. Les conditions semblent toutefois s’être améliorées aujourd’hui, comme le montrent les autres placements réalisés récemment sur Euronext. En outre, la réussite d’une opération, comme celle de Biom’Up, a souvent des répercussions positives sur l’attention que portent les investisseurs aux autres entreprises du secteur.


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