Le Cercle Montesquieu, l’AFJE et EY Société d’Avocats ont dévoilé ce mercredi les résultats de l’Observatoire des acteurs économiques du marché du droit. Cette nouvelle édition témoigne du dynamisme de la filière et de ses évolutions.
Avec 431 820 emplois directs et une contribution économique estimée à 31,1 milliards d’euros, le secteur juridique souhaite se positionner en véritable «industrie». Les professionnels du secteur dit «concurrentiel», qui regroupe notamment les avocats, les juristes, les experts-comptables ou encore les legaltech, représentent à eux seuls 44 % de la filière. Viennent ensuite les professions administratives et judiciaires (magistrats, employés des tribunaux, etc.) avec 147 188 emplois, puis les professions relavant du tarif réglementé (notaires, huissiers, administrateurs judiciaires…) avec 73 543 emplois. Les enseignants et le personnel des autorités indépendantes complètent ce panorama. «Cet observatoire témoigne d’une filière en croissance, composée d’une pluralité d’acteurs, et surtout créatrice de valeur économique», souligne la présidente de l’AFJE, Stéphanie Fougou. A noter que le périmètre de l’étude a cette année été élargi pour inclure, entre autres, le personnel des études notariales et le personnel pénitentiaire. L’état des lieux n’est pour autant pas encore exhaustif : faute de données, les médiateurs, par exemple, ne sont pas comptabilisés.
Dans le détail, les avocats connaissent la plus forte progression en valeur absolue, avec l’arrivée de 5 257 professionnels supplémentaires depuis 2015, date de la dernière étude. Les directions juridiques et fiscales connaissent, elles aussi, une belle évolution avec une croissance de 7 % depuis 2010. Malgré une stabilité des budgets, les équipes se sont étoffées. Signe de la prise de conscience de la part des entreprises de l’importance de la fonction, les directions juridiques se développent au sein des ETI. Si en 2010, le seuil de création d’une direction juridique se situait en moyenne à 1 000 salariés, il est aujourd’hui descendu à 800 salariés.
Vers une multiplication des fonctions
Outre une évolution quantitative, l’étude témoigne également de certaines mutations avec la multiplication de fonctions dérivées du droit. Le renforcement de la législation en matière de lutte contre la fraude et la corruption, avec Sapin 2, entraîne par exemple le développement des compliance officers et autres risk managers. Près de 20 % des effectifs des directions juridiques et fiscales sont d’ailleurs composés de non-juristes.
Si les professions du droit sont plus que jamais au cœur de l’activité économique, elles n’en restent pas moins confrontées à plusieurs défis. Les auteurs de l’étude sont ainsi unanimes quant à la nécessité de revoir la formation, tant initiale que continue, pour mieux l’adapter aux besoins des employeurs. La formation pourrait être également l’occasion de renforcer les liens entre des professions encore trop souvent isolées les unes des autres. Un sujet qui sera certainement au programme du Grenelle du droit, organisé le 16 novembre prochain.