Le groupe Parts Holding Europe (PHE), structure de tête d’Autodis et leader de la distribution indépendante de pièces détachées pour véhicules légers et poids lourds en Europe de l’Ouest, a mis la main sur Oscaro, leader français de la vente en ligne de pièces détachées automobile.
Dans le détail, Digital Auto Parts Holding, la filiale digitale de Parts Holding Europe, va détenir 82,5 % du groupe Oscaro, dont elle avait déjà acquis 4,95 % en septembre dernier via une augmentation de capital d’un montant de 30 millions d’euros. Le cofondateur d’Oscaro, l’entrepreneur corse Pierre-Noël Luiggi, reste pour sa part actionnaire minoritaire à hauteur de 17,5 % du capital à travers sa société Indenoï, et siégera en outre au conseil d’administration de la société. L’opération permet la création d’un leader européen omnicanal du secteur, couvrant l’ensemble des segments de clientèle (professionnels et non professionnels). Elle permet également de relancer l’activité d’Oscaro, en difficultés financières depuis plusieurs mois vis-à-vis de ses fournisseurs. Lancé en 2003, Oscaro compte 8 millions de clients en France auxquels il propose quelques 750 000 références de pièces détachées, et réalise un chiffre d’affaires de 320 millions d’euros. Fieldfisher a conseillé Parts Holdings Europe avec Philippe Netto, associé, Marion Cressely-Deneuville et Liora Jakubowicz en corporate, Bruno Paccioni, associé, en restructuring, Anne-Laure-Hélène des Ylouses et Tom Pick, associés, et Clément Hubert en concurrence, Antoine Gabizon, associé, Aline Hériveau et Cédric Pavao en fiscal, Laurence Dumure-Lambert, associée, et Florent Thérezien en droit social, Nathalie Hadjadj-Cazier, associée, et Mathilde Razou en IP, et Bruno Ducoulombier en IT. McDermott Will & Emery a assisté Oscaro avec Grégoire Andrieux, associé, Louis Leroy et Charline Boulenger en corporate, Timothée Gagnepain, associé, et Lucille Madariaga en restructuring, Lionel Lesur, associé, et Louise Aberg en concurrence, Laura Morelli, counsel, Charles de Raignac et Sarah Candelibes en propriété intellectuelle, Pierre-Arnoux Mayoly, associé, et Benjamin Briand en financement, Romain Perray, associé, et Julie Uzan-Naulin en protection des données personnelles, Alexis Werl, associé, en contentieux, Myrtille Lapuelle, counsel, en droit social, et Antoine Vergnat, associé, et Côme de Saint-Vincent en fiscal.
Le conseil d’Oscaro : Grégoire Andrieux, associé chez McDermott Will & Emery
Pour quelles raisons le groupe Oscaro a-t-il décidé de s’adosser à Parts Holding Europe ?
Oscaro est une société qui s’est développée sans faire appel à des fonds extérieurs, et qui a financé sa croissance par son excédent de fonds de roulement. Il y a quelques mois, des rumeurs ont couru sur Internet selon lesquelles le groupe était en redressement judiciaire et ne parvenait plus à payer ses fournisseurs ou à rembourser ses clients. Cela a impacté ses ventes et son chiffre d’affaires, d’où la nécessité d’envisager une opération de renforcement. Parts Holding France s’est présenté comme un partenaire naturel, car sa filiale Autodis était déjà l’un des principaux fournisseurs et actionnaire d’Oscaro.
Cette opération a-t-elle présenté des particularités juridiques ?
Les principales caractéristiques étaient liées au calendrier et à l’environnement réglementaire. Une opération de cette envergure nécessite, en effet, normalement une autorisation des autorités de la concurrence. Lorsque les délais ne permettent pas de suivre une procédure normale, il est possible de demander une dérogation permettant de finaliser l’opération avant d’obtenir ces autorisations. Ces dérogations sont généralement consenties de manière extrêmement limitée – seulement une ou deux par an. Mais le cas d’Oscaro était l’exemple type pour lequel ces procédures accélérées sont prévues. Cela a permis de réaliser l’opération dans des délais très courts.
Quelles ont été les principales difficultés rencontrées par vos équipes ?
Compte tenu de sa complexité, ce deal a représenté un volume de travail très conséquent. Il a nécessité une forte mobilisation de plusieurs de nos équipes : corporate, restructuring, propriété intellectuelle, droit social… Les mêmes équipes ont été sollicitées chez nos confrères qui conseillaient l’acquéreur. Tout le monde a travaillé d’arrache-pied dans des délais très contraints. L’enjeu était de taille : bâtir une opération permettant d’assurer la pérennité de l’une des plus grosses réussites de l’Internet français à ce jour, avec plus de 700 employés. Que cela soit les dirigeants d’Oscaro, l’actionnariat d’Autodis ou les conseils financiers et juridiques, chacun a donc dû faire en sorte de créer un environnement serein pour s’assurer, malgré la particularité de la situation, que l’actif serait préservé et que l’on réussirait à mener l’opération dans les délais requis.